Quand le plus grand producteur de cuivre se met à importer, rien de ne va plus

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Florence, son architecture, son climat… et ses mines de cuivre
Nous ne sommes pas en Toscane, dans le berceau de la renaissance italienne, mais dans l’Etat américain d’Arizona. Depuis quelques années, les habitants de Florence, en Arizona, ont essayé de compenser l’absence de toiles de Botticelli et de sculptures de Donatello par une promotion de son climat et de sa tranquillité. Le tourisme était devenu le nouveau filon.

Or depuis quelques mois, comme l’explique l’hebdomadaire The Economist, ses habitants sont confrontés à un dilemme. Avec le maintien des cours du cuivre au-dessus des 8 000 $ la tonne depuis février dernier sur le London Metal Exchange, de nombreux miniers espèrent faire redémarrer les vieilles mines de cuivre du comté.

D’autres villes, comme Rosemont et Resolution, tout aussi dépourvues de l’étoffe des grandes villes italiennes, songent également à ressusciter leurs anciennes mines.

Si les habitants craignent une baisse du tourisme, ils redoutent surtout que les minières repartent dans 5 à 10 ans, quand les cours auront baissé à nouveau. Pourtant, les pénuries chroniques sur ce marché devraient les rassurer : le cuivre est un investissement d’avenir.

Pour les Florentins qui hésitent encore, voici pourquoi il faut croire à la hausse du cuivre.

Des stocks en hausse, des cours en baisse…
A première vue, l’incertitude demeure sur les cours du cuivre. Oui, c’est un paradoxe, la tendance du marché serait plutôt à la déprime à court terme.

  • Union européenne

Les tensions autour de la zone euro ont des répercussions sur les autres marchés, notamment asiatiques. L’Union européenne reste le premier marché de la Chine.

  • Etats-Unis

Bien qu’attendue, la chute de 7,1% des ventes de logements neufs en mars, et la baisse de la confiance des consommateurs américains laissent planer le doute sur la solidité de la reprise américaine.

  • Chine

La Chine n’a cessé de gonfler ses stocks de cuivre cette année. Avec un indice préliminaire de l’activité manufacturière d’HSBC à 49,1 en avril, il n’est pas certain qu’ils redescendent tout de suite. Je rappelle que si ce chiffre est supérieur au 48,3 de mars, il reste en dessous de 50, seuil de contraction de l’industrie.

Ainsi les cours de la tonne de cuivre sont passés de 8 500 $ en début de mois à 8 200 $ actuellement.

Pourtant lors du grand raout des producteurs de cuivre au Chili la semaine dernière, appelé CESCO, la plupart des analystes voyaient la tonne de cuivre approcher les 9 000 $ en fin d’année.

… qui nourrissent l’optimisme
C’est bien le sentiment de Sanjay Saraf, directeur de la recherche métaux de base de Thomson Reuters GFMS. Alors que le cours moyen de 2012 s’établit au premier trimestre à 8 305 $ la tonne, elle devrait s’établir à 8 400 $ sur l’année.

La banque Barclays s’est montrée bien plus optimiste encore, en anticipant une tonne autour de 8 800 $ sur l’année.

Une partie des arguments sont connus. Si les stocks chinois sont encore hauts, la bonne tenue de ses ventes de voitures vient nuancer les inquiétudes sur la croissance à moyen terme. De même, la demande des pays émergents continue d’alimenter les industries électriques et électroniques, qui devraient accroître leur consommation de cuivre de 5% cette année.

Pourtant, pour une fois, ce n’est pas du côté de l’Asie qu’il faut se tourner pour anticiper les mouvements du marché, mais de l’Amérique du Sud. Le coeur des minerais cuprifères (qui renferment du cuivre) bat actuellement au ralenti.

Le plus grand minier chilien contraint d’importer du cuivre
C’est bien l’offre de cuivre qui est à la peine. Cette année, ce marché devrait à nouveau être en situation de pénurie, comme l’année dernière. En 2011, 256 000 tonnes avaient manqué pour être à l’équilibre.

Le plus grave, c’est que les producteurs n’arrivent pratiquement plus à fournir le cuivre promis.

Désormais, le géant chilien du cuivre Codelco doit acheter du cuivre sur les marchés pour honorer ses contrats. Certes il ne s’agit encore que de quelques milliers de tonnes. Mais on imagine facilement la gravité de la situation lorsque l’on se rappelle que Codelco avait jusqu’à il y a peu 120 000 tonnes en réserves en cas de coup dur.

Pour répondre à cette situation, les plus grands mineurs ont investi dans de nouvelles productions… en tout cas sur le papier.

“Les miniers mentent tous”
Face aux déséquilibres du marché, les plus grands miniers ont tous annoncé de prodigieux investissements.

Le géant chilien devrait ainsi dès cette année investir plus de deux milliards de dollars dans de nouveaux projets. De même, l’Américain basé en Arizona Freeport-McMoRan a annoncé vouloir augmenter sa production de 25% dans les trois à quatre ans à venir, notamment à partir de sa mine de Grasberg, en Indonésie. Je rappelle que cette mine a été en grève plusieurs mois fin 2011.

Comme le faisait remarquer le correspondant du Financial Times lors de la conférence CESCO, la confiance dans ce type de déclarations est relativement faible. Le “les miniers mentent tous”, prononcé par un participant, rend bien compte de ce degré de confiance.

Et il est difficile d’obtenir cette confiance lorsqu’un petit accident sur une mine — comme c’est arrivé à Codelco en début d’année — amène le plus grand minier de cuivre au monde à en importer.

Mon conseil
Si à court terme les perspectives sur le métal rouge sont enthousiasmantes, investir à long terme est également judicieux.

Comme le rappelle Codelco, la consommation chinoise de cuivre par habitant ne pèse encore que cinq kilos par habitant, contre 20 kilos pour un Allemand ou un Coréen. A 8 200 $ la tonne, le cours constitue une bonne opportunité pour rentrer sur le marché.

Je vous conseille de suivre de l’oeil la minière Lundin Mining, qui annoncera ses résultats ce soir, ou encore Anglo American. Cette dernière voit actuellement sa production progresser rapidement.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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    [...] remonté vers les 8 300 $ la tonne. Comme je l’ai souligné la semaine dernière dans un Edito , le marché du cuivre devrait rester encore longtemps au dessus des 8 000 $ la tonne, car le [...]

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