2 opportunités pour profiter de la nouvelle donne minière

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Et si Neil Armstrong s’était rendu sur la Lune avec une pelle et une pioche ?

C’est en quelque sorte le projet que plusieurs investisseurs audacieux veulent mener à bien : exploiter commercialement une météorite.

Le projet, annoncé l’année dernière, n’est pas l’oeuvre d’une secte de survivalistes inadaptés à la vie sur Terre, ni d’une bande d’escrocs à la petite semaine, mais d’individus qui se sont déjà illustrés dans leur secteur : le P-DG de Google, Larry Page, et le cinéaste James Cameron. Avec Peter Diamandis, le scientifique de la bande, ils ont formé Planetary Resources, leur société chargée de prospecter dans l’espace.

Les chiffres avancés sont attirants : sur un astéroïde de 500 mètres de long résiderait une quantité de platine équivalente à la totalité du platine extrait historiquement sur Terre. Et selon la compagnie, capter un astéroïde semble tout aussi facile qu’aller acheter une pioche chez Castorama. Sur les 9 000 astéroïdes recensés par la NASA, 1 500 se situent dans l’orbite de la Terre. Un jeu d’enfants !

L’idée d’exploiter les métaux des astéroïdes n’est pas nouvelle. En 1926, un scientifique russe du nom de Konstantin Tsiolkovski avait déjà élaboré un projet du même ordre. Le retour de ce projet pourrait être à nouveau anecdotique s’il ne révélait pas une tendance de fond actuelle dans le secteur minier. En 1926, le prix de la tonne de platinoïdes (platine, palladium et rhodium iridium, ruthénium) tournait autour de 3 120$. Or en 2010, la tonne coûtait 18 500$ !

Si le prix des platinoïdes a été multiplié par six entre 1926 et 2010, celui du cuivre par 25, ou celui du nickel par 27, c’est que les nouveaux gisements de minerais sont de plus en plus rares. Ainsi les pays plus à risque et surtout plus difficile d’accès deviennent de nouveaux eldorados.

J’ai repéré pour vous deux valeurs qui sauront profiter de cette nouvelle donne du marché minier.

Cuivre, fer et or et le goût du risque
Comme le soulignait le cabinet d’audit Price Water Copper début 2012 dans son étude Global Ming 2011 deals review & 2012 outlook. On the road again ? Si les pays développés continuent d’être le coeur de la production minière, les mineurs se tournent de plus en plus vers de nouvelles destinations afin d’accroître la production.

Car en regardant l’état des réserves connues, on se rend compte qu’elles sont majoritairement situées dans des pays en développement. Pour être exact, 66% du fer, 73% de l’or et 79% du cuivre se trouvent dans des pays en développement, loin, très loin des paisibles gisements canadiens, américains et australiens.

[NDLR : En 2013, le marché du cuivre devrait une nouvelle fois tomber en déficit. Alors que la demande redémarre, attendue à 5% cette année l'offre est toujours à la peine et ne devrait pas augmenter de plus de 3%. Matières à Profits a repéré pour vous une minière qui sera au coeur du marché du cuivre. Décollage en vue !]

Pour Price Water Copper certains mineurs font ainsi “des paris sur la géographie du cuivre de demain : la Mongolie, la Chine, la RDC, la Zambie et la Namibie”. De même, dans le fer, la diversification géographique est à l’honneur, “Afghanistan, Russie, Cameroun et RDC ont été les régions au coeur des discussions pour d’éventuelles acquisitions”. On ne peut pas dire que la RDC ou l’Afghanistan soit des havres de paix pour les affaires.

Des gisements toujours plus complexes
Dans les pays où le contexte politique est relativement calme, c’est la difficulté à exploiter les nouveaux gisements qui rend la tâche difficile. Ainsi, dans les Andes, coeur de la production de cuivre dans le monde, les minières sont obligées de monter toujours plus haut pour trouver de nouveaux gisements. Le projet minier de Pascua Lama est un bon exemple.

A cheval sur la frontière Chili-Argentine, ce gisement de cuivre, or et argent est situé à 4 500 mètres d’altitude.

Sa localisation, au milieu des glaciers, devait à la base nécessiter d’importants travaux. En particulier, trois glaciers devaient être modifiés, Toro I, Toro II et Esperanza, afin de libérer une partie des gisements. En tout, ce sont 300 000 mètres carrés de glace qui devaient être déplacés.

Finalement, l’opposition des habitants la région, dépendants des eaux des glaciers, ont obligé les exploitants, dont Barrick Gold, à utiliser des technologies plus sophistiquées pour extraire les minerais. Cet exemple montre combien la technologie moderne est de plus en plus vitale pour arriver à se défaire des contraintes géologiques des nouveaux gisements.

D’autres exemples seraient tout aussi cohérents. La Mongolie, avec 14% des réserves de cuivre du monde, est déjà un eldorado pour un grand nombre de compagnie. Mais en Mongolie, pas de routes, de réseaux électriques ou d’infrastructures adaptés à ce type d’exploitation. Tout reste à faire. Le budget consacré au gisement géant d’Oyu Tolgoi est d’ailleurs proche du PIB actuel du pays.

Ce sont les compagnies qui sauront répondre aux nouveaux besoins de l’industrie qui seront les gagnantes en 2013.

Mon conseil : deux valeurs à fort potentiel
Avec le ralentissement du secteur des mines en 2012, nombreux ont été les investisseurs à s’écarter du secteur. Je vous propose pourtant aujourd’hui de rester sur le secteur minier, mais sur les valeurs qui ont su s’adapter aux nouvelles contraintes. Voici mes deux idées :

  • Les équipements miniers

Pesant 61 milliards de dollars, le marché des équipements miniers a attiré une multitude de compagnies. Toutes n’ont pas amorcé leur virage vers les marchés émergents. Parmi celles qui ont pris ce virage figure la compagnie Layne Christensen. Cette société américaine est bien implantée en Amérique du Sud, et saura profiter du boom minier dans les nouveaux pays, comme l’Argentine et le Pérou. Au total, 200 milliards de dollars devraient être dépensés dans les projets miniers dans cette région d’ici 2016.

  • La restauration extrême

Investissement plus original, le secteur de la restauration en milieu difficile est un marché conséquent, qui ne cesse de s’étendre. Or la France a la chance d’abriter un des leaders de ce secteur, CIS Catering. Considéré comme le “Sodexo de l’extrême”, CIS Catering a vu ses profits progresser cette année d’abord grâce à ses contrats avec les pétroliers et les miniers.

Bon investissement

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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