En se déclarant pour un “pacte de croissance”, le patron de la BCE, Mario Draghi, a tenu un discours bien différent de l’orthodoxie qu’il prônait depuis son arrivée à la tête de l’institution monétaire.
Se conjuguant au renversement de la coalition néerlandaise et le bon score de François Hollande au premier tour de l’élection française, il n’en fallait pas plus à une opinion assommée par la pensée monolithique de la rigueur pour déclarer qu’une révolution était en marche à Bruxelles, au son de “une autre Europe est possible”.
Je m’abstiendrai de tomber dans l’alter-européisme, comme l’altermondialiste proposait un autre modèle économique.
Les déclarations de Mario Draghi semblent davantage dictées par le pragmatisme que par la manifestation d’un pseudo-courant néo-keynésien. Il ne faut pas être devin pour comprendre qu’il y a un problème quand huit économies dans l’Union européenne, dont six de la Zone euro, sont en récession. Cette décision de rééquilibrer la politique européenne a d’ailleurs été suivie par Angela Merkel, qui a prôné à son tour un “agenda de croissance” pour l’Europe.
La fable de la croissance
Si cet engagement de la Chancelière permet à Berlin de rester au centre du jeu, son soutien à un vrai programme d’investissement reste incertain. Les déclarations d’intention sont légions dans l’Union européenne.
Rappelez-vous de la “stratégie de Lisbonne” en 2000, censée installer l’Europe sur les rails de la croissance, ou de l’Europe de l’énergie, nécessitant 1 000 milliards d’euros d’ici 2020. Pour l’instant, le commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger bataille pour faire financer un modeste programme de 9 milliards d’euros de modernisation.
En attendant les mesures concrètes, l’horizon de la croissance est à rechercher sur d’autres continents.
Les matières se stabilisent
Le ralentissement chinois continue d’alimenter les débats autour d’un hard ou d’un soft landing (atterrissage lent ou brusque). Intimement lié au marché chinois, le marché des matières premières est ainsi resté plutôt déprimé. La banque Citigroup est même allée jusqu’à émettre l’hypothèse que “le supercycle des matières premières de la dernière décennie pourrait bien toucher à sa fin”.
A mon avis, deux phénomènes sont en train de se conjuguer :
- Le ralentissement de la Chine, plutôt soft.
- La conversion progressive à un modèle économique centré sur la consommation.
Les matières premières restent ainsi un secteur particulièrement haussier. Il ne s’agit simplement plus des mêmes matières.
Si certains métaux vont effectivement voir leur demande se flétrir, la demande en produits agricoles et surtout en énergie devrait continuer sur le même rythme.
Les investisseurs hésitent encore sur les matières. Signe positif, certains secteurs ont arrêté de chuter.
Les métaux rebondissent légèrement
Les métaux ont retrouvé un peu de force. Le LMEX, le marché des métaux à Londres, enregistre une hausse de plus de 2% sur la semaine dernière. Toutefois l’indice reste en baisse sur le mois.
Le cuivre est notamment remonté vers les 8 300 $ la tonne. Comme je l’ai souligné la semaine dernière dans un Edito , le marché du cuivre devrait rester encore longtemps au dessus des 8 000 $ la tonne, car le marché reste tendu. Ce mois-ci, la hausse des ventes de cuivre de seulement 5% de Codelco (le géant chilien) à la Chine, a suffit à mettre au supplice ses mines.
Le marché de l’aluminium commence également à se relever doucement, comme nous l’anticipions depuis le début d’année. Selon l’International Aluminium Institute, les coupes dans la production opérées en début d’année par les grands producteurs commencent à porter leurs fruits. Selon l’Institut, la production hors Chine est tombée à ses niveaux de décembre 2010. Les prix commencent ainsi à se relever et la demande à repartir.
Les prix du nickel ont observé un rebond, alors que la demande en acier galvanisé en chine a augmenté. Enfin le plus important producteur de zinc au monde, Nyrstar, a annoncé une baisse de sa production de zinc. La baisse est due à des travaux de maintenance et à un problème administratif au Pérou. Les prix sont ainsi repassés au-dessus des 2 000 $ la tonne. A plus long terme, le zinc fait bien évidemment parti de nos grands paris.
[NDLR : Matières à Profits a repéré un marché sur lequel la pénurie est réelle, et devrait se manifester dès 2013. Moins médiatique que les terres rares, c'est pourtant 1,5 million de tonnes de ce métal qui vont disparaître dans les deux ans à venir. Or les projets miniers actuellement mis en oeuvre ne suffiront pas à compenser. Les prix vont décoller, entraînant à la hausse le cours de la minière que Florent Detroy a repéré pour vous : profitez-en sans attendre grâce aux analyses et à la recommandation révélées dans Matières à Profits...]
Pékin reste affamé
La Chine a procédé à de nouvelles importations de maïs. L’USDA a annoncé avoir vendu 1.28 millions de tonnes de maïs sur cette seule semaine, laissant penser que la Chine s’est présentée au guichet américain. Les cours s’éloignent toujours plus des 6 $ le boisseau.
Le soja à l’inverse nous à tous surpris, en allant flirter avec les 15 $ le boisseau, soit un niveau proche de 2008. En cause, la poursuite de la demande chinoise devant une récolte entamée de plusieurs millions de tonnes en Amérique du sud.
Alors que les prix du sucre ne cessent de se replier face aux perspectives d’une bonne récolte au Brésil, ce sont les cours du cacao qui sont en train de décoller. La demande soutenue est venue se greffer à la baisse de la production au Ghana pour pousser les cours à la hausse. La tonne vient de passer au dessus des 2 000$.
Consolidation en vue sur l’or
L’or ne cesse de vivre en plein paradoxe. Alors que les analystes, comme Bloomberg Rankings, se relaient pour annoncer une once vers les 1 900 $ - 2 000 $ en fin d’année, la reprise tarde à se révéler actuellement. L’once continue de rester dans le flou, imitant en ça Ben Bernanke. Aucune tendance sur la politique monétaire américaine n’est ressortie lors de son discours cette semaine.
Sur le plan des minières, on peut s’attendre ainsi à une période de consolidation. Comme le révèle ce matin le Financial Times, la baisse conjuguée des cours des minières aurifères et le manque de nouvelles découvertes devraient conduire à une vague de Fusion/acquisitions cette année.
Le pétrole devrait continuer de baisser
Les cours ont rebondi sur le niveau des 116 $, qui correspondait à la moyenne mobile à 100 jours. A 119 $ actuellement, il est probable que les cours poursuivent à présent leur phase descendante. La volatilité du pétrole est à son plus bas depuis 1995. La France a par exemple vu pour la première fois depuis janvier les prix à la pompe baisser.
Cet apaisement est du à la montée en puissance de la production de l’Arabie Saoudite et de la Libye, qui ont fini d’assurer le remplacement de la production iranienne. Il faut s’attendre à une poursuite du mouvement baissier.
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vendredi |
vendredi |
variation |
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20/04/2012 |
27/04/2012 |
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En $ |
En $ |
En % |
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Aluminium |
2076 |
2109 |
1,59% |
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Cuivre* |
8082 |
8322 |
2,97% |
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plomb* |
2104 |
2135 |
1,47% |
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nickel* |
17800 |
18325 |
2,95% |
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étain* |
21345 |
22520 |
5,50% |
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zinc* |
2012 |
2036 |
1,19% |
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Acier* |
472 |
475 |
0,64% |
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Pétrole light (New York 1 mois) |
103,2 |
104,46 |
1,22% |
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Or (spot Comex) |
1632 |
1662 |
1,84% |
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Argent (spot Comex) |
31,27 |
31,22 |
-0,16% |
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Platine (spot Comex) |
1667 |
1570 |
-5,82% |
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Palladium (spot Comex) |
665 |
680 |
2,26% |
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Blé (le boisseau sur le Cbot ) |
6,22 |
6,43 |
3,38% |
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Mais (le boisseau sur le Cbot) |
6,02 |
6,25 |
3,82% |
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Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,46 |
14,92 |
3,18% |
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* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois |
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