L’or en queue de peloton, c’est une situation rare.
Je remarquais lundi dernier dans l’Edito Matières Premières & Devises le retard pris par l’or cet été sur les autres métaux précieux. Sur le mois d’août, le platine a pris 8,5%, le palladium 9,6%, et l’argent 10,6%.
De son côté, l’or a enregistré une modeste hausse de 3,7%, et vaut actuellement 1 665 $ l’once. Oui, je ne vous le fais pas dire, c’est ridicule !
Pourquoi un tel écart me direz-vous ? Et bien non, il ne s’agit pas d’un retard, mais d’une illusion d’optique. D’abord, l’once d’or n’a pas profité d’une situation explosive dans son principal pays producteur, comme c’est le cas en Afrique du Sud pour les platinoïdes car fondamentalement, la situation du platine et du palladium ne justifie pas une telle envolée. Surtout, la hausse modeste de l’once lui a tout de même permis de sortir définitivement de son canal 1 550-1 630 $, dans lequel elle pantouflait depuis mai dernier.
Désormais, la porte est ouverte à un mouvement haussier de plus grande ampleur. Et l’once ne va pas se priver, tant la situation du marché plaide pour une tendance haussière.
Mon récent voyage en Chine est venu confirmer mon optimisme, que je vous avais confié ici. Mais à l’avenir, c’est un inévitable nouveau round de relance monétaire qui permettra à l’once de rattraper son retard sur les autres métaux précieux.
J’espère que vous en serez convaincu après ces quelques lignes.
La saison des mariages approche
C’est peut-être l’argument le plus inattendu pour investir dans l’or actuellement. La saison des mariages en Inde va constituer le premier soutien de la hausse de l’or.
Comme le rappelle le site Resource Investor, “l’or est traditionnellement bas pendant l’été. Puis les traders anticipent en septembre la saison des mariages en Inde, où l’achat de cadeaux et de bijoux poussent les prix de l’or à la hausse”. Cette période est ensuite suivie de la période faste de Noël en Occident, puis du Nouvel an chinois. Nous sommes au début d’un nouveau cycle, le timing est donc idéal.
Bien évidemment, mon conseil ne se base pas uniquement sur les prévisions des mariages célébrés en Inde ou sur le nombre de Rolex sous le sapin en décembre. La raison principale qui me pousse à revenir sur l’or maintenant est moins originale. Il s’agit de l’anticipation de nouveaux plans de relance monétaire en Europe et aux Etats-Unis.
Seule cette relance saura véritablement déclencher le rally sur l’or.
Les limites de la mystification…
Parti en Chine pendant deux mois, je me suis davantage intéressé à l’internationalisation du yuan et aux rendements du riz qu’à la psychologie d’Angela Merkel et au charisme de Ben Bernanke.
En rentrant, j’ai pourtant été étonné de voir que le débat sur nos dettes publiques n’avait pas évolué d’un pouce. La Grèce continue de demander des aménagements sur sa dette, les chiffres de l’économie américaine sont toujours mitigés, et les écologistes sont toujours au gouvernement. Pourtant les marchés ne se sont pas effondrés (de même que le gouvernement Hollande).
J’ai alors compris que l’opération de mystification des banquiers centraux a réussi à porter ses fruits jusqu’à maintenant. La promesse de Mario Draghi de sauver l’euro quoiqu’il arrive a rassuré pour de longues semaines les marchés. De son côté, la Fed a soutenu leur bonne humeur en laissant entendre fin juillet qu’une intervention était toujours possible. Enfin, le 22 août dernier, Ben Bernanke écrivait dans une lettre au représentant républicain de Californie du Comité sur la réforme et la surveillance du gouvernement “qu’il y a de la place pour de nouvelles actions de la part de la Réserve fédérale pour faciliter la situation financière, et renforcer le retour de la croissance“.
Toutefois, cette technique de psychologie collective comporte des risques.
… justifient une intervention prochaine
Concrètement, qu’avons-nous vu cet été ? Rien.
Malgré leurs déclarations, les banquiers centraux sont restés totalement passifs. Leur influence n’a été que purement psychologique. Et force est de constater que la méthode a fonctionné. Le S&P 500 a cru de 7,6% et le CAC 40 de 12,7% depuis début juin.
Pourtant la méthode a ses limites. Si les gouvernements ont pris conscience de l’importance du désendettement, en France, en Italie ou encore en Espagne, l’atonie voire le repli de l’activité économique ralentit le rétablissement des finances publiques. La dette italienne plafonne toujours à 120% du PIB, l’Espagne est toujours en récession, et la Grèce a réclamé encore 7 milliards d’euros supplémentaire ce mois-ci.
Comme le concluait Cécile Chevré dans la Quotidienne de mardi dernier, “les banques centrales vont donc être obligées de passer des paroles aux actes au risque de voir les marchés plonger dans les semaines qui viennent“.
La relance monétaire assurément, mais quand ?
Quand d’autres racontent leur séance de plage au Touquet, leur pêche miraculeuse dans le bassin d’Arcachon, ou encore leur découverte des châteaux médiévaux au coeur du Périgord, aux Publications Agora, les discussions post-vacances sont tout autre.
Notre grand sujet est le timing de la relance monétaire effectuée par les banques centrales. Pour certains, l’intervention sera déclenchée peu avant les élections américaines. D’autres affirment que septembre-octobre est le timing idéal. Enfin, d’autres misent davantage sur une action de la BCE que de la Fed.
En tout cas, une évidence s’impose, l’interventionnisme a de beaux jours devant lui.
Techniquement, les indicateurs confirment un nouvel élan
Cette fin de mois est le timing idéal pour se placer sur l’or. Entre 1600 $ et 1 660 $, l’once est définitivement abordable. Car rappelez vous, plusieurs banques comme CIBC prévoient une once à 2 000 $ en 2013.
Techniquement, l’analyse justifie également de rentrer aujourd’hui sur ce marché. Dans le Billet du Trader de mardi dernier, Jeff Clark faisait remarquer que les indicateurs qui avaient annoncé le décollage de l’argent le 20 août dernier, sont en train de se reproduire sur l’or.
Jeff Clark explique que “les cours du SILVER évoluaient depuis juillet dans un triangle ascendant [...] Logiquement, les cours devaient donc sortir de ce triangle dans une accélération haussière. Ce qui a eu lieu il y a quelques jours“. Et Jeff Clark de continuer, “ce qui est bien, c’est que le graphique de l’or est exactement dans la même configuration en ce moment“.
Mon conseil
Pour sauter dans le wagon de la hausse de l’or, vous pouvez naturellement investir sur les minières aurifères. Pour choisir, je vous conseille de sélectionner les minières au coût de production le plus faible. C’est véritablement ce critère qui fera la différence de performance sur le long terme.
[NDLR : Florent Detroy a placé dans le portefeuille de Matières à Profits une minière qui a bondi de 24% en quelques mois. Son atout, ce sont ses gisements. La minière est assise sur des filons parmi les plus riches du monde, avec des coûts de production compétitifs. Pour profiter des conseils de Florent sur le secteur de l'or, vous n'avez qu'à continuer votre lecture...]


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