Misez sur la vedette du Salon de l’auto, le gaz !

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L’Argentine, le Bangladesh et le Pakistan sont-ils à la pointe de la mobilité verte ?

Hier, dans les allées surchargées du Salon de l’automobile à Paris, John Dulac, de l’Agence internationale de l’énergie, a rappelé que quelques pays possèdent une flotte d’automobiles écologiques. Ces trois pays, auxquels on pourrait rajouter l’Iran ou la Colombie, ont un point commun, le gaz. Tous possèdent une flotte commerciale de véhicules roulant au gaz naturel (GNV).

L’émergence de la voiture au gaz, c’est véritablement une petite révolution dans le monde de l’automobile. Surtout, c’est le développement normal des réflexions engagées en 2008, lorsque le baril de pétrole tutoyait les 150 $. Comme l’a rappelé l’Etat hier lors du salon, cité par le Bulletin de l’industrie pétrolière, il est important de “ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier”. Manière de dire que le transport alternatif ne s’arrête pas à la voiture électrique.

Pourtant, une condition s’impose au développement de ce mode de transport : avoir du gaz. Or autant la France est compétitive sur les prix de l’électricité, ce qui peut avantager la voiture électrique, autant l’interdiction d’exploiter des gaz de schiste la dessert. Un autre pays en revanche a commencé à exploiter son gaz : les Etats-Unis.

C’est véritablement de l’autre côté de l’Atlantique que la révolution est attendue.

“Depuis que Barack Obama est président, les prix des carburants ont presque doublé”.
Comme en témoigne ce spot publicitaire républicain, le thème de l’énergie est omniprésent dans la compagne présidentielle actuelle. Et on comprend l’inquiétude des électeurs, alors que les prix du carburant aux Etats-Unis sont passés de 1,90 $ le gallon début 2009 à 4 $ actuellement.

Les prix de l’essence sont devenus “une question majeure” pour 65% des Américains, au point que le Washington Post titrait au printemps dernier : “Les prix du carburant mettent en danger la réélection de Barack Obama”.

Alors que les Etats-Unis ont dépensé 750 milliards de dollars en 2011, le développement de transport alternatif n’a ainsi jamais été plus d’actualité. Or après le véhicule électrique, les Etats-Unis sont en train de s’intéresser au gaz.

Deux partis, une solution
Les deux partis donnent actuellement l’impression d’avancer avec deux visions complètement différentes. Vu de France, on a l’impression d’observer un match entre le pétrolier républicain et l’écologiste démocrate. En entrant dans les détails, on se rend compte que les deux partis ont des lignes plus complexes.

C’est peut-être du côté républicain que les positions sont les plus fermes. Elles peuvent être résumées ainsi : “Mieux vaut produire plus d’énergie ici, [comme le pétrole et le gaz] c’est bon pour tout le monde”. Comme je vous l’ai confié mardi, le programme des républicains prévoit de relancer l’exploration de la côte est des Etats-Unis, du golfe de Mexique et de l’Alaska.

Barack Obama aurait été horrifié d’un tel programme en 2008. En 2012, il l’est beaucoup moins. En effet, les prix du carburant sont devenus un tel problème que le parti démocrate a infléchi sa ligne. S’il soutient financièrement le développement des énergies alternatives, les énergies fossiles sont également de retour. La relance des forages, notamment le long des côtes, est également prévue.

Ce revirement s’explique par un autre évènement : la révolution du gaz de schiste. Les Etats-Unis sont en train de développer une énergie pas chère et moins polluante que le pétrole. Or cette révolution est en train de se propager dans tous les secteurs de l’économie. Après avoir rendu plus compétitive les industries énergivores, c’est le domaine du transport qui est en train d’être atteint.

Une industrie qui décolle tout juste
Pour l’instant, tout est à faire sur le marché de la motorisation au gaz aux Etats-Unis. Car jusqu’ici, les Américains étaient quasiment absents du marché. En toute logique, ce sont d’abord les pays qui possèdent des ressources en gaz ou qui en sont proches qui ont commencé à développer cette industrie. C’est pourquoi l’Iran, l’Argentine ou le Pakistan arrivent en tête des flottes de voitures au gaz.

Les Etats-Unis pour leur part sont encore loin derrière le Bangladesh. Mais depuis que la révolution du gaz de schiste a fait passer les Etats-Unis à la deuxième place en termes de réserves de gaz, l’industrie de la motorisation au gaz commence à être considérée avec sérieux.

Les démocrates engagés depuis 2009
En 2009, le congrès démocrate a présenté un projet de loi, le NatGas Act (New Alternative Transportation). Cette loi procurerait des incitations aux consommateurs, producteurs de voitures et fournisseurs de gaz pour un montant de 50 millions de dollars. Soutenue à la fois par les démocrates et certains républicains, elle devrait être définitivement adoptée après les élections.

Le soutien du parti démocrate ne fait pas de doute. Comme l’annonçait Barack Obama en 2001, potential for natural gas is enormous. C’est par cette phrase que le président Obama a qualifié l’industrie de la motorisation au gaz.

Mon conseil
Je suis revenu dans mon dernier numéro de Matières à Profits sur une des seules compagnies d’Amérique du Nord qui possède la technologie de la motorisation au gaz.

A la pointe du secteur, l’essor du marché fera décoller cette pépite technologique. Pour retrouver mon analyse : je vous propose de vous abonner à Matières à Profits

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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