Jamais nous n’aurons vécu une campagne électorale aussi créative. L’objectif, faire baisser les prix de l’essence.
Car c’est un fait, le pétrole est cher. Certes, les automobilistes à avoir payé leur litre d’essence à 2 euros se comptent encore sur les doigts d’une main. Cette semaine, seul un garage à Bastille s’est permis d’afficher le litre aussi cher. Un beau coup de pub.
Il n’en reste pas moins qu’en pleine campagne électorale, un litre d’essence autour de 1,45 euro, ça fait désordre.
L’avantage d’être en campagne, c’est que tous les candidats se sont lancés dans un concours de celui qui sera le plus créatif pour faire baisser les prix. Le concours Lépine est lancé.
Déjà la fibre bonapartiste perce sous plusieurs candidats. A grands coups de décrets, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen veulent imposer une baisse de, respectivement, 10 et 20 centimes par litre.
On régresse encore un peu historiquement, avec l’approche plus “thermidorienne” de Jean-Luc Mélenchon et de Nathalie Arthaud. Le candidat du Front de gauche propose une nationalisation de Total, quand la candidate de Lutte ouvrière veut ponctionner les marges des pétroliers.
Plus coulants, Nicolas Sarkozy et François Hollande se dirigent vers une utilisation des stocks stratégiques.
Positionnez-vous, car le pétrole va redescendre
L’inventivité n’ayant pas de frontière, on assiste au même concours de solutions novatrices au niveau international. A Washington, Londres ou Tokyo, les décideurs planchent sur de nouvelles solutions.
Ainsi, une tendance se dessine petit à petit : les prix du pétrole vont baisser.
Si vous avez profité de la hausse du pétrole, je vous propose aujourd’hui de miser sur sa baisse.
Cet Edito vous donnera les clefs pour en profiter.
Obama vient de faire peur à l’Arabie saoudite
En juin 2011, l’Agence internationale de l’énergie avait décidé de débloquer ses stocks stratégiques de pétrole.
Pour rappel, l’AIE, c’est le bras armé des pays développés. Créée après le choc pétrolier de 1973, l’Agence a pour but de préserver avant tout les intérêts de nos pays développés.
L’AIE avait décidé de libérer deux millions de barils par jour sur un mois. La décision avait été efficace économiquement. Le WTI et le Brent avaient chuté respectivement de 8 et 6 $.
Mais politiquement, la décision était maladroite.
L’AIE avait pris les pays arabes à contre-pied. L’Arabie saoudite notamment avait été mise devant le fait accompli… et avait dû accepter une baisse forcée sur ses marges.
Riyad ne fera pas deux fois la même erreur
L’exercice a été salutaire. Il a suffi ce mois-ci que Barack Obama et David Cameron discutent ensemble d’une possible intervention de l’AIE pour que Riyad réagisse immédiatement.
Lundi dernier, Riyad a assuré qu’il n’y avait pas de problème d’approvisionnement sur le marché. Le pays a essayé également de dégonfler la menace iranienne. Le ministre du Pétrole Ali al-Naimi a ainsi déclaré que “si vous pensez que le détroit d’Ormuz sera fermé, alors je peux vous vendre l’Empire States Building ou les pyramides d’Egypte“.
Surtout, le ministre a assuré que son pays était prêt à augmenter sa production.
Bientôt une production de 12,5 millions de barils ?
Depuis quelques jours, les vols pour Riyad sont probablement pris d’assaut par la fine fleur des ingénieurs pétroliers d’ExxonMobil, Chevron et autre Texaco.
C’est ce que laissait entendre un analyste de l’industrie pétrolière saoudienne récemment dans le Financial Times. Les Etats-Unis envoient en masse ses meilleurs spécialistes au chevet de Riyad. L’objectif, l’aider à augmenter sa production.
En effet, la capitale saoudienne a annoncé qu’elle avait encore sous le coude 2,5 millions de barils non produits. Sa production atteindrait ainsi 12,5 millions de barils/jour.
Au-delà de ces nouvelles capacités, plusieurs bonnes nouvelles sont venues confirmer une baisse prochaine du litre d’essence.
La Libye soulage le marché
Mardi dernier, la compagnie libyenne a annoncé vouloir produire 1,4 million de barils en avril. C’est tout simplement supérieur à la production libyenne d’avant la révolution.
Cette nouvelle aura probablement plus de poids que l’assurance donnée par l’Arabie saoudite de pouvoir augmenter sa production. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que j’ai toujours été sceptique face aux capacités supplémentaires de production saoudienne. L’opacité n’est jamais mère de l’efficacité.
Une seule solution s’impose donc pour faire baisser les prix du pétrole : l’augmentation de la production.
Le pétrole jaillit à nouveau aux Etats-Unis
L’Edito Matières Premières & Devises est régulièrement revenu sur les pistes qui permettront un jour de réduire notre dépendance au pétrole. Que ce soit dans l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, ou encore le nucléaire.
Mais pour l’instant, le pétrole occupe quasiment 30% de notre consommation d’énergie. 80% si l’on considère le seul transport. Donc pour faire baisser le coût de l’essence, il faut produire plus.
Barack Obama est en train de se convertir à cette idée. C’est normal, le prix du pétrole à New York s’éloigne de plus en plus du pétrole à Londres.
La cause ? Les Etats-Unis n’ont jamais produit autant depuis des années.
Mon conseil
Investir sur le secteur pétrolier américain est probablement une des meilleures opportunités du moment. Investir aux Etats-Unis, c’est augmenter la production américaine. Le marché du pétrole finira par en profiter à long terme.
La semaine prochaine, Matières à Profits se penchera sur ce renouveau du pétrole aux Etats-Unis. Pour profiter vous aussi de la chute du pétrole US, vous pouvez vous abonner à Matières à Profits…


A propos de pétrole, à signaler une tribune/”appel aux candidats” publiée jeudi 22 mars sur lemonde.fr.
Signée par :
Pierre René Bauquis – Ancien Directeur Stratégie et Planification du groupe Total
Yves Cochet – Député Européen, ancien Ministre de l’environnement
Jean-Marc Jancovici – Ingénieur consultant, Président de The Shift Project
Jean Laherrère – Président ASPO France, ancien patron des techniques d’exploration du groupe Total
Texte de la tribune et possibilité de se joindre à l’appel en ligne ci-dessous :
http://tribune-pic-petrolier.org/
Sujet important s’il en est un !