Vous préférez le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
Actuellement, nous faisons face à une situation assez paradoxale. Alors que les déséquilibres macroéconomiques font vaciller nos économies occidentales, la Chine donne des signaux encourageants pour la deuxième semaine d’affilée.
Le côté “à moitié vide”, c’est la dégradation d’une douzaine de banques annoncée jeudi dernier par l’agence Moody’s. Principalement anglo-saxonnes, la dégradation de ces banques a fait immédiatement chuter le marché américain. Après une progression de 3,7% en juin, le S&P 500 a plongé de plus de 2% le jour même. Synchronisées avec New York, les capitales du monde entier sont parties à la baisse le lendemain. Vendredi matin, le CAC 40 et le DAX ouvraient en baisse. En Asie, Shanghai ouvrait à -1,40%.
Cette dégringolade a été suivie par la publication de l’indice préliminaire d’HSBC sur les directeurs d’achats en Chine. L’indice, à 48,1, indique encore la poursuite de la contraction de l’activité en Chine. Cette fois, la cause est purement externe. C’est le ralentissement des importations européennes qui a un impact sur l’activité chinoise.
La Chine ouvre ses portes
Pourtant, si la chute de Shanghai est une énième manifestation de la synchronisation des marchés mondiale, je reste optimiste sur le marché chinois. Car une différence de taille sépare les marchés de l’Atlantique et du Pacifique. Ces derniers, à la différence de nos économies endettées, possèdent encore les moyens financiers de relancer leur économie. Non pas en lestant encore un peu plus le bilan de leur banque centrale par des monceaux de dettes irrécouvrables, mais en investissant dans des dépenses productives, notamment les infrastructures. C’est le sens de la libéralisation du marché financier que vient d’opérer Pékin. Cette bonne nouvelle, c’est la partie “à moitié plein” de mon analyse. Regardons où se nichent les opportunités.
Lors d’un précédent Edito, j’étais revenu sur les possibilités d’investir en Asie. J’avais écrit que le marché chinois restait pratiquement inaccessible. C’est désormais moins le cas. La décision de libéraliser le marché financier s’inscrit d’abord dans la continuité d’un premier assouplissement en début de mois du programme QFII, le programme encadrant les investissements étrangers en Chine. Mais la semaine dernière, nous sommes passés à un autre niveau. Dorénavant, les groupes étrangers ont la possibilité d’investir davantage dans le capital des groupes chinois. Ensuite, les banques ont vu leur capacité d’emprunt facilitée. Ces mesures sont toutes conçues pour favoriser la consommation intérieure chinoise, objectif central de l’actuel plan quinquennal 2011-2015 de Pékin.
Symbole de cet optimisme retrouvé, les prix du fer coté en Australie ont renoué cette semaine avec leur plus-haut depuis un mois. D’ailleurs, Rio Tinto a confié son optimisme sur le marché du fer à moyen terme, en annonçant à la même occasion son intention d’investir 4,2 milliards de dollars sur ce marché. L’annonce a contrasté avec la chute des prix de l’acier à Londres, témoin du fossé entre Europe et Asie.
La situation globale reste cependant tendue. Alors que les métaux avaient commencé à relever la tête dans la semaine, ils l’ont à nouveau baissée devant les mauvaises nouvelles.
Les métaux assommés par HSBC
Le cuivre résiste un peu sur un marché des métaux frappé de plein de fouet par HSBC. Le métal rouge affiche une perte de plus de 3%. La chute a probablement été amortie par la révélation d’une hausse de 52% des importations chinoises sur les cinq premiers mois de l’année. Cette nouvelle est venue confirmer que l’Asie reste un important support pour les métaux.
L’aluminium a perdu au contraire plus de 4% sur la semaine. Le métal souffre encore d’une surcapacité de production, malgré la baisse de rendement de plusieurs groupes (Rusal et Alcoa). Seule une décision des producteurs chinois pourrait avoir un impact immédiat sur le marché. A moyen terme, celui-ci va rester tendu.
A noter également, le nickel résiste étonnement bien. Subissant la moins forte baisse des métaux, le métal pourrait rester définitivement au-dessus des 16 000 $ la tonne.
L’agriculture fidèle à elle-même : en hausse
C’est le blé qui fait les gros titres aujourd’hui, alors que de mauvaises conditions météo au Canada se sont conjuguées à une baisse des rendements en Russie. Les cours ont ainsi bondi de 10%. La situation à moyen terme apparaît pourtant peu préoccupante.
Par contre, les cours du maïs sont définitivement impénétrables à court terme. Alors que de grands noms du marché, dont Société Générale, ont revu encore une fois à la baisse leurs prévisions de rendements à l’hectare pour les récoltes américaines, les cours à Chicago ont à nouveau baissé. Le boisseau est passé légèrement en dessous des 6 $. Si les perturbations météorologiques aux Etats-Unis venaient à se confirmer, le niveau des 6 $ pourrait devenir le nouveau plancher du marché.
Le soja se maintient plus raisonnablement au-dessus des 14 $ le boisseau. Avec le niveau extrêmement bas des stocks, la baisse des rendements devrait installer le soja autour de ses niveaux actuels.
Le pétrole, miroir de l’Occident
Plus réactif que les autres matières, le pétrole a recommencé à baisser. L’opération Twist de la Fed, consistant à maintenir bas les taux d’intérêt américains, a soulevé plus de doutes sur la solidité de l’économie américaine que rassuré les investisseurs.
Le WTI est ainsi resté en dessous des 80 $, alors que le Brent est passé brièvement en dessous des 90 $.
Les métaux précieux victimes de Moody’s
L’or a une nouvelle fois plongé cette semaine. L’annonce de la dégradation de plusieurs banques américaines a probablement provoqué quelques prises de bénéfices. L’once a ainsi perdu 3%. L’argent, encore plus volatil, l’a accompagné. Le métal gris a perdu 5%.
A noter que l’avenir du palladium pourrait être assombri à moyen terme. Une université a mis au point un pot catalytique où le palladium a été remplacé par un alliage de fer et d’aluminium. Alors que les pots catalytiques sont le principal usage industriel du palladium.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 15/06/2012 |
Vendredi 22/06/2012 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium |
1 951 |
1 864 | -4,46% |
| Cuivre* |
7 515 |
7 281 | -3,11% |
| Plomb* |
1 930 |
1 810 | -6,22% |
| Nickel* |
16 650 |
16 300 | -2,10% |
| Etain |
19 500 |
18 350 | -5,90% |
| Zinc* |
1 901 |
1 804 | -5,10% |
| Acier (Méditerranéen) * |
400 |
360 | -10,00% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
84,79 |
84,79 | 0,00% |
| Or (spot Comex) |
1 622 |
1 569 | -3,27% |
| Argent spot Comex) |
28,54 |
26,69 | -6,48% |
| Platine (spot Comex) |
1 492 |
1 435 | -3,82% |
| Palladium (spot Comex) |
631 |
609 | -3,49% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,15 |
6,9 | 12,20% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
5,8 |
5,74 | -1,03% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
13,87 |
14,21 | 2,45% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois
[NDLR : Découvrez à l'avance toutes les opportunités de plus-values sur les matières premières grâce à la lettre de Florent Detroy. Pour en savoir plus sur cette lettre : suivez le guide...]


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