Vanadium : le petit métal au gros potentiel

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La Chine produit 40% de la production mondiale de vanadium. Et pour sécuriser ses approvisionnements, Pékin a inscrit la production de vanadium parmi ses priorités pour les 5 prochaines années.

En attendant, le vanadium a d’autres atouts passionnants, vous allez voir…

Le secteur de la construction aussi révolutionnaire que celui de l’Internet ?
Le secteur de la construction a une incroyable tendance à se renouveler, à changer de design, et à intégrer de nouveaux matériaux.

Le vanadium compte parmi ces nouveaux matériaux, rapidement devenu essentiel à la construction. En renforçant la solidité des structures, le vanadium donne un surcroît de sécurité aux bâtiments. Très utile, notamment lorsque le building est construit sur une faille sismique…

Fukushima relance la course à l’innovation
Depuis longtemps, les Japonais sont à la pointe des technologies contre les tremblements de terre. Pourtant le désastre du 11 mars a confirmé une chose : il faut faire encore mieux.

Des centaines de construction se sont effondrées, fissurées ou encore craquelées. Une constat s’impose : il faut renforcer la solidité des structures, grâce à des matériaux innovants.

C’est ici qu’entre en jeu le vanadium. Le HSLA (High Strength Low Alloy) est un alliage entre le vanadium et de minerai de fer. Ainsi, le métal obtenu est plus léger et plus solide. Une aubaine pour le vanadium.

Les besoins d’améliorer la construction sont internationaux
Il n’y a pas que le Japon qui s’intéresse au vanadium. Les standards de construction vont être renforcés partout dans le monde.

Pour Scott McDonald, PDG de Evraz Highveld Steel & Vanadium, “il est probable que d’autres régions sismiques, comme la côte ouest des Etats-Unis, soient amenées à réglementer davantage le pourcentage de fer des constructions”.

Le vanadium a déjà commencé à pénétrer le marché américain. Le métal a fait son apparition dans la liste des “matières stratégiques” américaine dès 2010.

Cerise sur le gâteau
Le marché de la batterie est gigantesque. Outre tous les appareils mobiles type tablettes, téléphones, iPhone… nous en avons besoin pour stocker notamment les énergies renouvelables, et l’énergie des voitures du futur (hybrides et électriques).

La recherche est intense et les technologies rivalisent entre elles. Parmi elles, la batterie au vanadium, au côté du nickel et du lithium.

En attendant la révolution des batteries, la demande en vanadium devrait encore augmenter cette année. Voici pourquoi :

Le vanadium est tiré par le boom du fer

La demande de fer continue d’être particulièrement forte. Elle devrait s’établir à 1,3 milliard de tonnes cette année, soit une augmentation de 5,3% en un an. Voilà qui est cohérent puisque la hausse du secteur de la construction est continue depuis fin 2008. De nombreux pays (dont la Chine) ont lancé de grands projets d’infrastructures pour relancer leur économie. Ces programmes de relance ont littéralement boosté le marché du fer.

Là où ça devient intéressant, c’est que 85% à 90% du vanadium est utilisé avec du fer, en alliage. Ainsi, la demande de vanadium suit/est tirée par la demande de fer, elle-même corrélée au secteur de la construction.

Et la reconstruction du Japon (pays sismique) tendra encore un peu plus les marchés du vanadium et du fer dans les mois à venir.

Le vanadium sera aussi tiré par les émergents
Si la rénovation des immeubles japonais et américains entraînera mécaniquement une hausse de la demande de vanadium, c’est surtout la construction dans les pays émergents qui tirera la demande.

CIBC World Market a calculé que le total des dépenses d’infrastructures sur les 20 années à venir sera de 35 000 milliards de dollars. Même si le secteur du bâtiment ralentit temporairement en Chine, c’est bien l’empire du Milieu qui tirera le secteur dans les décennies à venir, avec l’Inde.

En Chine, la teneur en vanadium a été inscrite dans la loi. Si cette teneur n’est pas encore aussi forte qu’au Japon, Pékin a bien l’intention de faire monter en gamme son bâtiment.

D’après le géant du Vanadium Evraz, l’utilisation des mêmes critères de construction en Chine et au Japon fera que la Chine engloutira un tiers de la production mondiale !

En attendant, et entre 2003 et 2009 (derniers chiffres connus), la demande de vanadium a crû de 13% par an en Chine

Des risques sur les approvisionnements à long terme
Pékin produit 40% de la production mondiale de vanadium. Et pour assurer les besoins de sa construction, Pékin a en outre inscrit la production de vanadium parmi ses priorités pour les 5 prochaines années.

C’est plutôt les constructeurs étrangers qui devraient s’inquiéter de ce semi-monopole chinois. Le pire scénario serait un scénario type “terres rares”, où la Chine décide unilatéralement de garder pour elle-même la production d’un métal stratégique dont elle contrôle 97% de la production mondiale.

Les prix commencent déjà à monter
La crise de 2008 n’a pas fait chuter les prix du vanadium aussi violemment qu’entre 1998 et 2003, car les producteurs ont rapidement réduit leur production, ce qui a limité la baisse du cours.

La reprise du cours après la crise de 2008 a rapidement atteint un palier puisque le cours stagne depuis mi-2010. Les prix du ferro-vanadium (le type de vanadium utilisé dans la construction) n’ont augmenté que de 10% en un an.

Mais d’après les prévisions, les prix devraient revenir vers les 75 $ le kg pour 2015.

Graphique du cours du vanadium

Devant la tendance positive du marché, les minières ont commencé à remettre leurs mines en route.

Les miniers relancent la foreuse
Si la Chine restera le principal producteur, plusieurs miniers essaient de trouver d’autres gisements de vanadium.

Par exemple, le minier Nevado Resources a récemment commencé à exploiter son site de “Lac Le Blanche”, alors qu’ilvient de mettre la main sur un gisement dans la région de Fermont, au Canada.

De son côté, Largo Resources a décidé d’investir au Brésil.

Mon conseil
Restez attentif. Un bon nombre de projets en cours sortiront du vanadium, mais pas uniquement. Le vanadium ne peut être extrait qu’avec un autre métal, type tungstène, molybdène ou uranium… il faut donc suivre ces marchés en parallèle.

Pour investir juste, je vous conseille de privilégier les pure player du vanadium. A l’Investisseur Or & Matières par exemple, nous suivons Apella Resources.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

2 Commentaires
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  1. Lejosne Michel sur 03 juil 2011 à 5:08

    Bonjour
    Je vous remercie de bien vouloir me dire quelles sont les OPCVM les plus sûres et performantes concernant les matières premières et précieuses présentant aussi un antécédant de résultats.
    Ai-je raison de me méfier du tout or ? N’est-il pas préférable de miser sur un ensemble de métaux et terres rares ?
    A vous lire
    Cordialement
    Michel Lejosne

    • Réponse de la rédaction : Bien vaste question à laquelle il nous est impossible de répondre de façon brève. Concernant l’or, misez sur physique et évitez les trackers adossés à des contrats à terme papier.

      La diversification est un principe sain : L’or est la couverture ultime. C’est un placement plus qu’un investissement, votre assurance K.P. en somme. A contrario, les matières premières constituent un investissement actif : on cherche à gagner de l’argent. Je recommande une analyse au cas par cas pour rentrer sur certaines matières en particulier ou certaines classes d’actifs (métaux, softs, énergies…) qui présentent un potentiel intéressant à un instant T.

      Autre solution, plus facile mais moins efficace en terme de rendement : acheter un tracker qui suit un indice matière première composite.

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