Saint-Valentin, le jour où le nucléaire et le renouvelable se sont dit oui

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L’incommunicabilité entre les couples est un problème qui dure depuis la nuit des temps.

Des petits riens dégénèrent en affrontements, déchirures et parfois séparations… La France a longtemps été épargnée par ces conflits. Elle avait choisi de se donner corps et âme. Nous n’étions plus dans le couple, mais dans une relation passionnelle, charnelle et dévorante.

Cette passion s’appelait la politique de l’atome.

Oui, question énergie, la France a longtemps été monogame. Depuis les années 1970, la France produit 70% de son électricité grâce à l’énergie atomique. Ce monopole du sentiment énergétique n’a jamais été contesté. Droite comme gauche vouaient un véritable culte à l’atome.

Or depuis quelques temps, on sent que la passion de la France pour son atome commence à se fissurer. Ou à se fissionner, c’est selon.

La France a été courtisée par d’autres formes d’énergie. Depuis 20 ans, les énergies renouvelables sont venues contester l’amour français pour l’atome. La montée en puissance des partis écologiques en Europe ont introduit le doute. Et s’il existait mieux ailleurs ?

Aujourd’hui, la France commence à dépasser sa vision monogame de l’énergie. Elle ne se couvrira pas de panneaux solaires pour être 100% renouvelable. Elle ne construira pas non plus de nouveaux réacteurs nucléaires.

La France entre dans la polygamie énergétique : toutes les énergies comptent désormais.

Les élections présidentielles scelleront bientôt l’union de la France avec d’autres sources d’énergie.

C’est le moment de se positionner !

Deux camps politiques divisés…
La campagne électorale française a placé l’énergie au coeur des débats. La catastrophe de Fukushima, lointaine et terrifiante, a eu des répercutions très profondes chez nous.

Le PS s’est engagé à faire baisser la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité.

Côté UMP, la catastrophe a donné lieu à un branle-bas de combat autour de la sécurité des installations nucléaires. Le nucléaire est devenu, paradoxalement, un argument de campagne.

Il n’en fallait pas plus pour cataloguer le renouvelable comme un investissement de “gauche“, et le nucléaire comme un investissement de “droite”.

C’est aller un peu vite en besogne. Ces angles politiques ne résistent pas longtemps à l’analyse des besoins énergétiques français.

… autour des mêmes idées
Les deux camps, mais je pourrais élargir aux autres couleurs politiques, partagent en fait la même idée : il faut réduire notre dépendance au pétrole.

Jean-Marc Jancovici, expert des questions énergie-climat, ne dit pas autre chose, lorsqu’il déclare que “la seule révolution industrielle à mener est bien celle de la sortie des combustibles fossiles“.

Oui, les deux camps ne peuvent que se rejoindre sur le fond : le mix énergétique ne sera plus jamais monolithique. On parlera de “bouquet” énergétique. Pour la Saint-Valentin, avouez que c’est à propos.

Cette diversification de nos sources énergétiques est d’ailleurs inscrite en filigrane dans les programmes des deux candidats.

Sarkozy, pas si pro-nucléaire
Le discours caricatural de la campagne Hollande sur une droite tout nucléaire ne tient pas debout.

Actuellement, la droite est train de laisser ouvertes d’autres portes que le nucléaire. Aujourd’hui même, EDF Energies Nouvelles vient d’annoncer le rachat de Photowatt.

Photowatt fait partie des précieuses compagnies françaises high-tech, spécialisées dans l’énergie solaire, que l’Etat a décidé de soutenir. Et derrière Photowatt se cache une autre jeune pouce, PV Alliance. Cette société est spécialisée dans la recherche et développement dans le domaine des technologies photovoltaïques.

[NDLR : Découvrez une autre pépite du solaire français que Matières à Profits suit pour vous. L'Etat lui a garanti son soutien financier via la participation du Fonds d'Investissements Stratégique (FSI). La valeur que nous vous proposons d'acquérir recèle à ce jour un potentiel de 128% de plus-value : découvrez sans attendre comment recevoir un rapport spécial EN CADEAU pour en profiter...]

Ca ne m’étonnerait pas que l’ordre de soutenir Photowatt soit venu de l’Elysée et pas d’EDF. Cette manoeuvre serait destinée à casser l’image pro-atome de Nicolas Sarkozy.

Une gauche si attachée à l’atome
De l’autre côté, la prise de distance de la gauche avec le nucléaire est réelle. La fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim est ici un acte politique particulièrement fort.

Mais d’abord, ce serait oublier un peu vite le soutien fanatique de certains cadres du parti pour l’ancienne dirigeante d’Areva, Anne Lauvergeon.

Surtout, une réduction de 50% de la part du nucléaire n’a rien à voir avec une sortie du nucléaire. Une vraie transition vers une ère post-atome aurait dû ressembler au scénario allemand : une sortie totale de l’atome.

Mon conseil
Ces deux stratégies nous offrent un cadre d’investissement unique : aucune énergie ne sera négligée.

C’est peut-être la seule bonne nouvelle pour les investisseurs.

Parce que les choses se compliquent au moment où il faut décider où miser. Profiter de la polygamie française en terme d’énergie nécessite de connaître toutes les sources d’énergies.

Mon conseil sera de vous focaliser sur deux pistes :

  • Les énergies renouvelables : juteux mais spéculatif

Les gains les plus importants seront réalisés en investissant sur des petites compagnies high-tech. Alors que la tenue d’une Grenelle III après les élections est évoquée par les alliés du PS, ces petites valeurs pourraient alors décoller. Matières à Profits détient en portefeuille une de ces compagnies promise à un grand avenir : suivez le guide pour en savoir plus…

  • Le nucléaire : investissement au long court

La production d’uranium est le marché le plus lucratif pour les énergéticiens. Après Fukushima, les cours se sont fortement replier. Investir sur une valeur du portefeuille de Défis & Profits qui, après s’être fait saper par les marchés est tombée aujourd’hui à un prix ultra-séduisant. Ses fondamentaux sont tout simplement excellents – elle devrait notamment profiter du regain d’activité nucléaire en Chine et en Inde : profitez-en sans plus attendre…

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

3 Commentaires
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  1. Bonjour,

    Le problème, c’est que ça ne peut être fromage et déssert.

    Le nucléaire mobilise tellement de capitaux ( dispendieuses réfections de nombreuses centrales, gestion à venir des déchets par exemple), qu’il ne peut y avoir véritablement de place pour la recherche appliquée et le développement d’autres énergies.

    D’autre part, l’épée de Damoclès nucléaire - lequel ne demande qu’à exploser ou à entrer en fusion ( facilement maîtrisé en situation non particulière, mais les situations sont faites pour devenir particulières), avec des conséquences non humaines, plaide pour sa disparition la plus rapide possible.

    Ensuite, le couvercle de l’information ayant sauté, vendre du nucléaire va devenir de plus en plus difficile, surtout que l’Allemagne va démontrer rapidement la réputation énergétique usurpée de cette énergie.
    Voir à ce propos les données de l’Agence Internationale de l’Energie : L’électricité nucléaire française ne représente, en énergie finale (celle disponible à notre porte, après les 60% normalisés de perte de rendement à l’unité de production et les 7% de perte de transport du courant sur longue distance), que 18% du total des énergies finales consommées par le pays.
    Source AIE, disponible sur le site du Monde Diplomatique :http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/nucleairecivil

    Enfin, être opposé au nucléaire est bien une valeur de gauche en ce que cela nécessite d’abord une grande modération de l’énergie consomméé (diviser par 4 par exemple la consommation des locaux par la surisolation car ceux-ci représentent 46% environ du total énergies finales consommées, apprendre à quitter le “no limit” propagé par le monde mercantile pour vendre à tout prix etc.).
    Ensuite viennent l’efficacité énergétique, puis les renouvelables.

    Delphin

  2. Ronald Fries sur 20 mar 2012 à 5:10

    Et s’il y avait une autre solution?
    En admettant par exemple que la physique théorique aie fait quelques progrès depuis notre bon vieux Newton, par exemple dans le calcul des champs de force qui pourraient nous permettre de concevoir des machines considérées comme impensables à ce jour?
    Y avez-vous pensé?
    Nous y pensons depuis plus de 30 ans…et avons enfin trouvé une solution!
    Laquelle? Celle-ci: http://lesautresenergies.blog.tdg.ch/archive/2012/02/18/la-formule-suite-18.html

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