A qui profitera l’Europe de l’énergie ?

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L’Union européenne est en train de traverser une de ces grandes crises dont elle a le secret.

Il y a eu la crise de la CED (Communauté européenne de défense) dans les années 1950, la crise de la chaise vide des années 1960, du serpent monétaire européen dans les années 1970… et désormais celle de la dette européenne des années 2010.

Cette crise voit s’affronter Montagnards et Girondins de l’Europe :

D’un côté les pays en faveur de davantage de centralisation et d’intégration, monétaire, fiscale, et politique… de l’autre les partisans d’une Europe plus confédérale, décentralisée où les intérêts nationaux prévaudraient toujours sur les intérêts européens.

Le retour de ce type question dans les débats est une bonne chose. L’Union européenne a toujours avancé au gré de ses crises d’identité. Le projet de la CED en 1954 avait créé une ligne de partage au sein des partis politiques français qui avait longtemps semblé irréversible.

Or on se rend compte que l’Europe a toujours enjambé ses lignes de faille en créant de nouveaux projets. En continuant la comparaison, dans les années 1950, le blocage de la construction européenne après l’échec de la CED a été surmonté par la création du marché commun en 1957.

Aujourd’hui, une nouvelle porte de sortie s’ouvre à nous, les euro-obligations.

Les “fonds structurels”… en mieux
Non, François Hollande n’est pas l’herméneute de l’Union européenne, sa muse, ni même sa boîte à outils. Les euro-obligations ne sont pas une nouveauté, et le leader socialiste n’a rien inventé.

La création d’obligations européennes donnerait simplement plus d’ampleur à l’action des “fonds structurels” versés actuellement. Ces fonds sont l’instrument majeur de l’Union européenne pour réduire les écarts de développement entre les régions européennes.

Or c’est exactement ce dont a besoin l’Union européenne actuellement : réduire l’écart de développement entre ses différentes régions. A l’instar des fonds structurels, les euro-obligations pourraient permettre la création de projets économiques interrégionaux.

Cette idée a commencé à intéresser nombre d’acteurs européens.

Un Allemand en faveur des euro-obligations, ça existe
Il existe en Allemagne une personne au moins qui est en faveur d’une émission d’obligation européenne, Günther Oettinger. Il ne s’agit ni du patron de la Commerzbank, ni même d’un dirigeant d’un Länder en faillite, mais du commissaire européen à l’énergie.

Avant la tenue du sommet européen non officiel organisé par Herman Von Rompuy aujourd’hui même, le commissaire a voulu faire entendre un autre son de cloche en provenance d’Allemagne.

Et on comprend que le commissaire s’engage en faveur des euro-obligations. Car lui a une idée très concrète de comment les utiliser.

Un projet à 1000 milliards d’euros
En 2010, la Commission européenne a présenté son programme pour atteindre ses objectifs énergétique en 2020. Il s’agit de consommer d’ici là 20% d’énergies renouvelables, d’améliorer l’efficacité énergétique de 20%, et de réduire nos émissions de CO2 de 20%.

Ce projet a un coût : 1000 milliards d’euros !

Ce sont surtout les réseaux qui devront être renforcés, afin de rendre les 20% d’énergie renouvelable disponibles pour tout le monde. 104 milliards d’euros devraient être consacrés à ce seul secteur.

Au passage, l’Allemagne devrait réfléchir à deux fois avant de balayer du revers ce projet d’intégration des réseaux. D’ici 2020, selon plusieurs représentants de l’industrie allemande, l’Allemagne pourrait connaître un déficit d’électricité équivalent à 15 centrales électriques.

Qui en profitera ?
C’est là la question qui nous intéresse en premier lieu. Quelles sont les industries qui profiteront d’éventuelles euro-obligations investies dans les réseaux européens ?

▪ Les compagnies spécialisées dans les réseaux électriques.

Schneider Electric serait un des acteurs phares du développement des réseaux en Europe.

Niveau technologique, la compagnie est également à la pointe. Pour l’anecdote, la compagnie fait partie du projet innovant “Issy Grid”, visant à construire un des premiers réseaux de réseau électrique intelligent à Issy-les-Moulineaux, aux côtés de Microsoft, Steria, ou encore Bouygues Telecom.

▪ Les énergies renouvelables.

A plus long terme, un investissement sur l’énergie à l’échelle européenne aurait de toutes les manières un volet énergie renouvelable. Les compagnies de l’énergie solaire et éolienne seraient en première ligne.

A mon avis, comme le rappelait récemment Didier Julienne, chroniqueur aux Echos, c’est le solaire qui devrait attirer notre attention dans les années à venir. A terme, la consommation de terres rares des éoliennes pourraient créer des problèmes d’approvisionnements.

[NDLR : Florent Detroy surveille pour ses abonnés une valeur bien particulière du secteur des énergies renouvelables -- une valeur au potentiel de hausse spectaculaire que vous pourriez acquérir à bon compte en suivant ses conseils sans attendre : il suffit pour cela de suivre le guide...]

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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