Silver : bis repetita placent

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Le silver a chuté le jour où la BCE prêtait 530 milliards d’euros à 800 banques, le 29 février ; normalement, cet assouplissement quantitatif à l’européenne aurait dû provoquer une hausse du silver et de l’or, valeurs refuges par excellence.

Mais ce n’est pas la seule inquiétante étrangeté qui s’est passée sur les marchés à ce moment-là : entre le 29 février et le 2 mars, JP Morgan a pris livraison de trois fois plus de silver que sur toute l’année 2011. Comme chaque fois qu’un assouplissement quantitatif est sur le point d’être annoncé.

Comment tout cela est-il possible ? Grâce à un bel écran de fumée.

La diversion est venue des Etats-Unis et de Ben Bernanke, toujours prêt à rendre service à ses amis de Wall Street.

L’art oratoire de Ben Bernanke
Ce 29 février, toute l’attention des médias s’est concentrée sur l’annonce du patron de la Fed : “Grâce à la modeste amélioration du marché immobilier, il est possible que nous ayons moins besoin de l’assouplissement quantitatif à l’avenir”.

La première règle d’or pour intervenir sur les marchés est de commencer à intervenir oralement ; c’est exactement ce qu’a fait Ben l’hélicoptère. Il a totalement éclipsé l’annonce du refinancement de 800 banques par la Banque centrale européenne, pour plus de 530 milliards d’euros ; cela s’appelle une campagne bien organisée.

Chute en conséquence du métal argent
Immédiatement, le silver a perdu un dollar (et l’or, 30) ; puis une belle réaction en chaîne s’est installée, comme souvent à Wall Street. Ce recul abrupt sur le silver a déclenché des réactions de la part des robots du trading à haute fréquence, qui ont vendu des contrats papier ; la chute entraîne la chute, c’est bien connu.

A un moment, le silver perdait 3 dollars en séance, et l’or, plus de 100 dollars ; avant de rebondir grâce aux opportunistes qui avaient placé des ordres d’achat à 34 dollars sur l’once de silver et 1 700 dollars sur l’or.

Les banques anticipent-elles un QE3 ?
Un autre fait largement passé inaperçu à ce moment-là : JP Morgan a pris livraison de 626 contrats, soit plus de trois millions de tonnes de silver entre le 28 février et le 2 mars. C’est l’équivalent d’un mois de production américaine, et c’est surtout trois fois plus que tout le silver physique que la banque américaine s’est fait livrer l’an dernier ; pratiquement toutes les livraisons ont été effectuées par un seul établissement, la Bank of Nova Scotia.

Dans le même temps, 335 contrats sur l’or changeaient de mains. Qui les a vendus ? JP Morgan bien sûr. Quelles explications à ces mouvements ? Elles sont multiples : soit JP Morgan n’aime plus l’or, mais adore le silver ; soit JP Morgan a besoin de silver physique pour couvrir ses positions sur le silver papier.

La dernière fois que la JP Morgan a été saisie d’une telle frénésie sur l’or, c’était en septembre 2010, comme si la banque savait que l’assouplissement quantitatif allait venir ; comme le 29 février. Et puis, entre septembre 2010 et septembre 2011, le prix de l’once de métal jaune avait augmenté de 54%.

Bis repetita placent

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il a récemment fait une conférence sur les conséquences du risque inflationniste pour votre patrimoine, et comment vous en protéger. Pour en savoir plus, retrouvez-le sur www.dvd-inflation.com

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Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché"). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders", qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l'énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable). Il participe régulièrement au Billet du Trader et à l'Edito Matières Premières & Devises.

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