Quelque chose ne tourne pas rond…

| |
leadimg

Un pare-feu arrosé d’essence
L’ECOFIN se réunit à Copenhague ce week-end, avec une question cruciale : la taille du pare-feu européen.

Adieu le MES, au revoir les FESF et bienvenu à notre nouveau Pare-feu… Plus d’acronyme accrocheur, il semble que les chargés de communication européens manquent autant d’inspiration que les dirigeants eux-mêmes.

Mais c’est pourtant sans doute l’appellation qui convient le mieux tant les braises continuent de menacer la zone euro d’un incendie ravageur.

Mais ce pare-feu sent bizarrement l’essence !

Pour quelques centaines de milliards de plus…
La question cruciale donc, est de savoir si le pare-feu sera de 800 ou 1 000 milliards. Je parierai pour… 940. Ni trop pour les Allemands, ni pas assez pour les autres !

L’impact de ce pare-feu est surtout psychologique et n’a pour but que de rassurer les marchés.

Car n’oubliez pas, que ce soit 800 ou 1 000 milliards, la zone euro n’a que 80 milliards de cash… issus de pays endettés !

Donc clairement, on promet de prêter de l’argent inexistant à des pays qui ne pourront pas rembourser. Effectivement, c’est rassurant.

L’efficacité de la BCE en question…
Cette semaine nous avons eu connaissance de l’agrégat monétaire de février. La masse monétaire M3 ne cesse de gonfler avec les injections de liquidité de la BCE.

A l’autre bout du tuyau, les crédits au secteur privé et aux ménages ne progressent pas. Normal, les liquidités ont servi principalement à monétiser la dette d’Etat et à renflouer le bilan des banques.

L’économie “réelle” attendra.

Et la croissance ?
Une nouvelle fois, les politiques cherchent à gagner du temps. Mais la croissance reste de côté pour l’instant.

  • L’Allemagne affiche ce matin un recul de 1,1% de ses ventes de détail dans la foulée d’une baisse du moral des consommateurs.
  • Aux Etats-Unis, l’euphorie semble devoir retomber comme un soufflé.

Les déclarations hebdomadaires affichent 359 000, au-dessus des attentes alors que les commandes de biens durables déçoivent également à 2,2% contre 3% attendus.

D’ailleurs Ben Bernanke s’est employé à tempérer les ardeurs des marchés en estimant que la croissance restait “sluggish”… autrement dit léthargique.

Quand le QE3 alimente une hausse intenable ?
Ben Bernanke a été l’un des conseillers de la Banque du Japon pour combattre la déflation. Outre de piètres résultats, nous avons une confirmation que la déflation est une vraie obsession pour le président de la Fed… au risque d’alimenter l’inflation des matières premières.

Car Ben n’a pas hésité à évoquer de nouvelles mesures d’assouplissement, le fameux QE3.

Et là clairement, quelque chose ne tourne pas rond.

Les liquidités de ces mesures sont majoritairement investies dans les matières premières et les obligations d’Etats. Hors, comme déjà évoqué plus haut, cette masse monétaire ne vient pas alimenter l’économie réelle américaine et surtout ne participe que faiblement à la croissance et la création d’emploi.

Malgré tout, et c’est bien là le paradoxe, les marchés actions raffolent des assouplissements qui creusent le déficit des Etats et alourdissent le bilan des banques centrales.

Le monde à l’envers !

EUR/USD : attention à la chute !
La réunion de ce week-end pourrait être la dernière impulsion positive pour la devise européenne.

L’accord sur le pare-feu devrait être salué par les marchés avant que l’euphorie retombe.

N’oubliez pas que le CAC 40 a réalisé la performance annuelle prévue par le consensus en seulement trois mois avec un pic à 3 600 points soit une hausse de 27,30% depuis les plus bas de novembre. Un peu excessif non ? comparé à la situation économique.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La devise européenne, même si elle est supportée par le retour de l’appétit pour le risque, semble condamnée à corriger.

Après une incursion à 1,3485, la paire ne parvient pas à franchir ce point haut.

Et même si une nouvelle tentative sur ce niveau n’est pas à exclure, je maintiens mon scénario long terme d’un retour à 1,2620.

Bon week-end.

Author Image for Jérôme Revillier

Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.

Un commentaire
Laissez un commentaire »

  1. Miguel Vion sur 05 avr 2012 à 10:06

    Messieurs,
    Je suis abonné à l’Edito Matières depuis peu et je vous en remercie car voila une source d’informations très intéressante pour notre société de commodities.
    J’ai une grande curiosité pour le currency car nous avons reçu récemment une demande pour une opération de change ou notre client recherche le Dollar.
    Nous n’avons jamais travaillé ce domaine, bien que, par nos relations commerciales, nous avons les contactes qui pourraient affronter tel opération. Néanmoins nous sommes au courant de nombreuses opérations de ce genre qui ne sont que des arnaques et voila pourquoi je me mets en rapport avec vous afin de connaitre votre opinion professionnelle pour ce genre d’opération.
    Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de mes sincères salutations.

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter notre politique de commentaires.