“Producteurs de terres rares, bienvenus en Chine !”

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La peur a-t-elle changé de camp ?

Mercredi dernier, le porte-parole du ministère chinois de l’Industrie et des technologies de l’information adressait un message tout en rondeur aux compagnies minières étrangères.

Désormais, les compagnies disposant des technologies environnementales, de recyclage, ou encore de R&D “sont bienvenues en Chine”.

Nous pouvons enfin respirer !

Depuis maintenant plusieurs années, nos industriels s’alarmaient d’une pénurie de terres rares. Le Japon avait même expérimenté un arrêt total des livraisons en 2011 suite à un incident diplomatique.

Qu’est-ce qui a pu motiver Pékin au point de changer d’attitude ?

A mon avis, l’empire du Milieu vient de réaliser que le marché des terres rares est en train de se normaliser. De nouvelles ressources, de nouvelles technologies, de nouveaux usages recomposent le marché. Et la Chine adapte sa tactique. Pour le pays, les opportunités d’investissements ne sont plus dans l’amont (la mine), mais dans l’aval (la transformation).

Voici les 3 raisons pour lesquelles Pékin va desserrer son étreinte sur le marché, et comment nous pouvons en profiter.

Suivez le guide !

1. La menace de l’OMC

Le mois dernier, la sentence est tombée. L’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, a condamné la Chine pour ses restrictions aux exportations de plusieurs métaux. Bauxite (pour l’aluminium), zinc, coke et magnésium étaient concernés.

L’OMC, ce n’est ni l’AIEA face à l’Iran, ni l’ONU face à la Syrie. Cet organisme a de réels moyens de pression. En cas d’infraction avérée, elle autorise les Etats lésés à prendre de mesures de représailles commerciales.

C’est cette efficacité qui amène aujourd’hui la Chine à adoucir son discours sur les terres rares. Car en mars dernier, une coalition d’Etats a à nouveau porté plainte contre Pékin. La cible : les quotas aux exportations de terres rares.

Les Chinois ont donc réagi en ouvrant leur marché aux investisseurs étrangers. Pourtant, d’autres raisons peuvent avoir été à l’origine de ce changement.

2. La concurrence s’organise

Si Pékin produit entre 95% des terres rares dans le monde, il ne dispose que d’un tiers des réserves. Ainsi devant la hausse des prix depuis 2008, l’exploitation de terres rares hors de Chine est redevenue compétitive.

La minière américaine Molycorp a ré-ouvert sa mine de Mountain Pass, fermée en 2002. Les premières tonnes de terres rares californiennes devraient arriver sur le marché d’ici deux ans.

Le minier australien Lynas Corp. a à son tour lancé l’exploitation de sa mine de Mt.Welt, en Australie.

A eux deux, ils devraient atteindre une production de 170 000 tonnes de terres rares. La part de la Chine dans la production de terres rares devrait par conséquent passer de 95% à 65% !

Ainsi l’empire du Milieu a tout intérêt à assouplir son discours, car la pénurie de terres rares va bientôt disparaître, et les prix redescendre. Le cours de l’indice des terres rares de Bloomberg, le Bloomberg Rare Earth Mineral Resources, a déjà perdu 61% de sa valeur depuis un an.

[NDLR : Matières à Profits a repéré un marché sur lequel la pénurie est réelle, et devrait se manifester dès 2013. Moins médiatique que les terres rares, c'est pourtant 1,5 million de tonnes de ce métal qui vont disparaître dans les deux ans à venir. Or les projets miniers actuellement mis en oeuvre ne suffiront pas à compenser. Les prix vont décoller, entraînant à la hausse le cours de la minière que Florent Detroy a repéré pour vous : profitez-en sans attendre grâce aux analyses et à la recommandation révélées dans Matières à Profits...]

J’ai personnellement une dernière explication sur le virage à 360 degrés pris par Pékin. Désormais, la Chine veut troquer son monopole contre des technologies.

3. Pékin veut monnayer son monopole

Comme l’expliquait John Kaiser, rédacteur de Kaiser Research Online, “d’une certain manière, je pense que la Chine veut mettre un terme à son monopole”.

Elle n’a jamais eu l’intention de bâtir sa croissance sur l’exploitation d’une rente minière, comme d’autres l’ont fait sur le pétrole.

Son véritable objectif est de se servir de ces ressources pour alimenter la montée en gamme de son industrie. Je rappelle que les terres rares sont essentielles dans un grand nombre de technologies modernes, de la voiture électrique à l’écran plat.

Ainsi Pékin pourrait vouloir passer à la deuxième étape de son développement : développer l’aval de la filière des terres rares.

Or cette transition nécessite la collaboration des acteurs étrangers. La Chine abandonnerait son monopole contre une intensification des échanges avec des partenaires étrangers.

Parmi ces acteurs, une compagnie se distingue particulièrement : Rhodia.

Mon conseil
Actuellement, le chimiste français joue sur trois tableaux en même temps, ce qui en fait un acteur unique :

  • Rhodia est un partenaire historique de la Chine dans l’exploitation des terres rares. Tout encouragement à l’arrivée de compagnies étrangères sur le sol chinois renforcera donc ses positions.

  • Rhodia vient d’annoncer un projet d’exploitation de terres rares à Madagascar. Il s’agit de terres rares lourdes, les terres rares les plus recherchées, donc les plus chères.

  • Rhodia est un leader dans les technologies de recyclages des terres rares. Le groupe a notamment ouvert plusieurs usines de recyclage en France.

En développant ses activités autour des terres rares, tant dans l’exploitation que dans la transformation, Rhodia est certain de rester au coeur de l’industrie high-tech.

Actuellement assez haut, la moindre consolidation du cours pourrait vous donner l’occasion de rentrer sur le titre.

Bon investissement.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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