Vous avez déjà entendu parler du terme "Agflation" ?
Ce néologisme désigne l’envolée des prix des produits agricoles. A période exceptionnelle, mot exceptionnel. Et je parie que ce mot rentrera dans le dictionnaire plus vite que vous ne le pensez… Je vais vous dire pourquoi dans un instant.
Les matières premières sont haussières, et le resteront encore longtemps. Certains analystes affirment même que la croissance de ce secteur surpassera la croissance des métaux précieux.
Le mouvement est déjà lancé. Certaines commos sont déjà en train de toucher leurs records de 2008.
Des records datant de la Guerre de Sécession
Chaque semaine égraine ses records pour telle ou telle matière.
En août, c’était le blé qui flambait.
En septembre, c’était le tour du maïs et de l’étain de partir en flèche.
En octobre, c’était le palladium et le café qui décollaient, avec des pics jamais vus "depuis 13 ans".
Puis le cuivre, le caoutchouc, l’or et l’argent… la liste est longue.
Et actuellement, le coton touche des sommets jamais atteints depuis la Guerre de Sécession !
Les indices des matières premières confirment
L’indice RJ CRB, qui regroupe 19 matières premières tirées des cotations de trois places financières, nous montre bien l’ampleur du mouvement. L’indice a pris 20% en à peine cinq mois !
Autres indices du bon comportement du secteur des commos ?
Le transport enregistre +60% depuis juillet !
Un indice encore plus représentatif de la demande des commos est le Baltic Dry Index. L’indice reflète les prix du transport maritime des matières sèches, matières premières et mines confondues.
Or l’activité décolle littéralement. Le BDI a pris +60% depuis juillet et +300% depuis 2008 !
OCDE et FAO prévoient jusqu’à +40% de hausse pour le blé et les céréales
La tendance se confirme à long terme. Sur les 10 prochaines années, les prix seront bien plus élevés qu’au cours de la décennie passée.
Il est rare d’être haussier sur une vision à si long terme. C’est pourtant le constat de ces deux institutions. Dans les 10 ans à venir, les prix du blé et des céréales gagneront entre 15% et 40%. Quant aux huiles végétales, le potentiel de hausse est de 40%.
Pourquoi de telles hausses ?
La hausse s’explique par des fondamentaux solides
Ces prévisions ont deux causes majeures :
▪ L’émergence d’une classe moyenne en Asie. Cette classe va progressivement modifier ses habitudes de consommation. La demande en viande va notamment augmenter. Par ricochet, c’est la demande en matières premières qui devra suivre (notamment céréales)
▪ Autre tendance de fond, la hausse du baril de pétrole. La production et surtout le transport contribueront fortement à renchérir le coût des matières premières.
Comment utiliser ces informations ?
Je vous recommande de regarder du côté des compagnies de l’agrobusiness
Bien sûr, je ne vous parle pas des firmes AgTech, qui jouent les apprentis sorciers de la biologie, type Monsanto. Pour moi, la technologie ne pourra jamais lutter contre une recette basique : une bonne récolte a besoin de terres riches et d’eau abondante.
Les négociants en première ligne pour profiter du boum des commos
Non, je vous parle du secteur des négociants internationaux. Comme Louis Dreyfus par exemple, ou Barry Callebaut… Discrets et performants, ces groupes sont parfaitement positionnés pour profiter de la tendance haussière.
Depuis 20 ans, ces groupes ont investi en amont du cycle des matières premières. Ils possèdent des mines et des plantations dans le monde entier. Désormais, ils profitent avec les producteurs de la hausse des cours.
Sur ce marché, les plus grandes firmes sont américaines. Pour les plus téméraires, les négociants asiatiques ont fait une entrée fracassante sur le secteur, Singapour en tête…
L’agriculture des BRIC, un investissement risqué mais payant
Un autre moyen de profiter de cette tendance est d’investir directement dans les producteurs des pays émergents.
Les émergents n’ont pas l’intention de demeurer éternellement dépendant de nos exportations. Ils développeront dans les années à venir leurs propres moyens de production.
L’agriculture des BRIC est pour moi le meilleur placement. On prévoit une croissance de +40% en 10 ans pour le Brésil, +26% pour la Chine et +21% pour l’Inde. L’Indonésie et ses 240 millions d’habitants devra également faire face à des besoins grandissants elle aussi.
Pour atteindre ces croissances, ils auront besoin de capitaux. Je vous conseille de vous focaliser sur ces quatre marchés pour orienter vos investissements.

