Attention fragile
Je sais bien… ce titre manque d’originalité et sans doute d’engagement. En apparence du moins.
Car il en faut en ce moment de l’engagement et de la conviction pour affirmer que la fragilité des mouvements actuels n’a pas d’égal depuis bien longtemps.
Si la baisse des marchés actions reposait sur quelque chose de concret (la faillite d’un monstre de la finance mondiale, les subprime…), le rebond des indices qui nous a permis de reprendre 54% depuis le plus bas sur le Dow Jones Industrial, ne repose sur rien de très convaincant. Tout juste une correction normale de l’excès de pessimisme qui avait fait plonger les places financières.
Le fossé se creuse
Pourtant me direz-vous, il faut reconnaître une amélioration de la situation… pour les banques.
Pour les banques, et seulement pour elles. Car l’économie, elle, ne suit pas. Ou si peu…
Partout des emplois sont détruits, aussi bien dans nos vieux pays occidentaux qu’aux Etats-Unis. Les 10,2% de chômeurs américains ne me contrediront pas.
Le fossé se creuse à une vitesse jamais atteinte entre l’économie réelle et la finance. C’est bien ce gouffre entre les deux mondes qui risque de sonner le glas dans quelques semaines.
Alors oui, la crise bancaire est sans doute terminée, mais la crise sociale qui guette l’Occident, est sans doute sans commune mesure.
La crise sociale guette
Comment expliquer à des citoyens ayant perdu leur emploi, ou soumis à la peur de le perdre, qu’il va falloir passer par une phase de rigueur budgétaire alors même que ceux qui nous ont plongé dans la crise, justifient désormais leurs millions de bonus grâce à leurs bons résultats, le tout sur fond d’aide publique massive…
Le vrai danger est là
Je m’égare sans doute et ne voudrais pas polémiquer ici, mais le but de la manoeuvre est de vous montrer que le danger ne vient pas des banques ou des grosses sociétés annonçant des trimestriels meilleurs que les piètres anticipations, dans une euphorie globale d’une hausse qui arrange tout le monde.
Le vrai danger vient de la rue. La vraie menace de la reprise en Europe est la grogne sociale et une déstabilisation politique qui ne viendrait que freiner qu’un peu plus une Europe déjà peu réactive. Aux Etats-Unis, le risque vient également du consommateur, et de son manque d’appétit. Sans appétit, pas de reprise économique possible. Et comment avoir envie de consommer quand le chômage menace ?
Maintenant, je vous propose, une analyse graphique de l’EUR/JPY qui pourrait en surprendre plus d’un cette semaine.
EUR/JPY : gare à la sortie de range !
Graphique EUR/JPY quotidien
La paire oscille depuis plusieurs mois autour du niveau de retracement de Fibonacci (38,2%) de la baisse initié en été 2008.
On constate également la formation d’une forme triangulaire illustrant l’hésitation de la paire à choisir son camp.
Nul doute que cette semaine pourrait voir la paire sortir de ce range de plus en plus étroit.
Désormais et tant que nous n’avons refranchi les 135,90 yens, le risque de baisse reste important et le premier support se situe vers 133,20/132,80 puis 131,75.
A l’inverse, le dépassement des 136,20 nous ouvrirait la voie vers un nouveau test de la résistance principale à 138,80. [NDLR : Les analyses de Jérôme Revillier vous ont convaincu ? Alors passez à l'étape supérieure ! Découvrez dès à présent ses recommandations détaillées -- livrées en temps réel -- et profitez des opportunités du marché du Forex en toute sécurité... A la clé, des gains de 268 euros... 122 euros... 195 euros... engrangés parfois en moins de 24 heures : pour en savoir plus sur le service de Jérôme...]

