L’euro livré à lui-même dans un marché EXPLOSIF
L’euro est donc livré à lui même dans un marché des changes explosif où se côtoient des dynamiques totalement différentes :
- un dollar australien dopé par le resserrement monétaire décidé en début de semaine dernière ;
- un yen perturbé par le retour du carry trading ;
- une livre sterling à bout de souffle qui ne cesse de reculer à chaque mauvaise nouvelle ;
- et un dollar américain dont le sort pourrait aussi bien se décider dans une réunion secrète dans le Golfe que dans les bureaux du Trésor américain ou dans une réserve d’or à Pékin.
La tour de contrôle ne répond plus
Une chose est sûre en tous cas, si avec un euro/dollar à 1,49 Airbus vend ses avions à perte, l’euro lui a depuis longtemps perdu le contact avec la tour de contrôle.
C’est finalement la question qu’on pourrait se demander alors même que la Zone euro s’apprête à mon avis à entrer dans une des phases les plus critiques de son existence.
Une marge de manoeuvre très réduite
Alors oui. Je m’interroge sur la marge de manoeuvre dont dispose la BCE pour maîtriser sa monnaie.
Souvenez-vous, déjà dans mon article du 5 juin dernier. J’écrivais : "
"Il ne faut pas se voiler la face, la Zone euro creuse également son déficit mais bien plus dangereusement (que les Etats-Unis NDLR). Les tensions sont vives entre partisans de la rigueur et partisans de l’assouplissement des règles budgétaires de la Zone euro. Ces tensions purement nuisibles n’empêchent pas la dette ; pire, ils en réduisent son efficacité car les moyens sont dispersés entre les nations et aucune action homogène n’est mise en oeuvre."
Tout le monde le sait. Ce n’est pas le travail de Jean-Claude Trichet que de gérer le taux de change…
Son mandat se résumant surtout à maîtriser l’inflation.
Pourtant, dans sa sémantique très soignée, il a été contraint d’aborder le sujet de manière préoccupante. Reflétant à la fois l’inquiétude légitime de voir un euro fort menacer la faible reprise qui s’amorce, et l’absence totale de politique de change digne de ce nom pour la Zone euro.
EUR/USD : zone de turbulence en vue
Graphique EUR/USD quotidien
Je décide de garder la rhétorique aéronautique pour cette analyse de la paire phare du Forex. En effet, c’est une véritable zone charnière qui devrait apporter son lot de turbulences. L’EUR/USD devrait être pris en étau entre la volonté politique de ne pas laisser filer le dollar avec des interventions à attendre de la part des officiels américains et européens, mais également la tendance de fond techniquement intacte de baisse du billet vert.
Retournement et méfiance !
Sur le graphique ci-dessus, on voit nettement une tentative de retournement de la paire avec un double sommet en formation aux alentours de 1,4840, mais également un fort support avec la ligne de tendance (en jaune) et la zone d’overlap à 1,4445.
Méfiance également cette semaine avec la publication de l’indice ZEW en Allemagne ainsi que la production industrielle en Zone euro.
Aux Etats-Unis, de nombreux indicateurs seront également dévoilés comme les ventes de détail, l’inflation et les demandes hebdomadaires de chômage.
On gardera également un oeil sur les minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed publiées mercredi.
Encore une fois, il faudra être très attentif pour réussir à profiter des opportunités incessantes qu’offre le Forex.
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