Le choc est devant nous. Il pourrait être énorme

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Et plus dure sera la chute…
C’est par cette petite phrase que lundi dernier je terminais mon article sur les perspectives hebdomadaires.

Entre temps, le CAC 40 est repassé sous 3 100 points, le S&P 500 sous les 900 points et l’euro vaut moins de 1,40 $.

Vous êtes alors, à lecture de ces premières lignes, en droit de vous demander si votre analyste Forex (préféré ?) n’est pas en train de faire une crise d’égocentrisme aigüe. Surtout que finalement, l’objectif des 1,3750 dont je parle depuis plusieurs semaines maintenant est encore loin avec de nombreuses embûches devant lui.

Eh bien non, rassurez-vous. Mon égo est bien rangé sous mes écrans de cotations et je suis plus que jamais prudent. En effet, même si la satisfaction de voir le marché reprendre un peu ses esprits est là, je me concentre surtout sur les signes et indicateurs qui pourraient venir encore conforter ma conviction.

La confiance s’évapore aux Etats-Unis
Vendredi, un coup de frein a tout d’abord été donné par le Conference Board qui publiait son indice de confiance américain. Ce dernier est ressorti à 49,3 pour 55,4 points attendus. Ce n’est pas tant que ce chiffre soit très mauvais, c’est son deuxième meilleur score depuis octobre 2008 ; mais cet indicateur est surtout bien représentatif du sentiment des marchés de ces dernières semaines : l’euphorie.

En effet, les intervenants en attendaient trop, trop vite. Le retour à la réalité que j’évoque dans ses colonnes depuis quelques semaines était inévitable, comme l’était le rebond que nous avons connu après la chute vertigineuse des cours dans fin 2008/début 2009.

En Europe aussi…
Ce matin, en Zone euro, l’indice Sentix qui donne le niveau du sentiment des investisseurs européens s’est lui aussi écroulé après la lueur d’espoir du mois dernier.

Cela concorde parfaitement avec le malaise qui est ressorti des rencontres d’Aix-en-Provence, qui réunissaient les grands décideurs français. Le bilan est morose et le moral des chefs d’entreprises est en berne.

Faites confiance aux entrepreneurs, plutôt qu’aux politiques
On retiendra la petite phase de Pascal Lamy, DG de l’OMC qui confiait à La Tribune : "le choc social et politique de la crise est encore devant nous. Il pourrait être énorme."

Mais ma préférence ira au commentaire du PDG de Scor, Denis Kessler, qui a réussi à résumer en une image l’effet des emprunts d’Etats : "c’est comme reprendre du pastis pour soigner une gueule de bois". Explicite !

Bref, les boss ne voient pas la vie en rose et j’ai le sentiment que leur avis est plus fiable que celui des politiques et financiers qui voudraient bien nous faire croire que la reprise est à portée de main.

D’un excès à l’autre
La crise que nous traversons est due à un manque de confiance, qui a suivi un excès où tout était permis. Son dénouement est donc étroitement lié à la capacité des intervenants à trouver des supports qu’ils jugent sûrs.

Sur le marché des changes, les choses sont similaires. Le dollar devrait trouver un support pour rebondir si la confiance continue de chuter proportionnellement au rebond euphorique qu’elle a connu ces dernières semaines.

Pourtant, je vous invite comme à chaque fois à la plus grande prudence, car il faut voir dans le récent rally de l’appétit pour le risque une formidable capacité de reprise de nos économies. Il est cependant, et à mon avis, encore un peu tôt pour crier victoire sur cette récession.

Le yen pourrait en profiter
Sur le Forex, le yen est la devise qui est le plus impactée par l’aversion au risque. Un défaut de confiance pourrait donc venir soutenir la devise japonaise, qui d’ailleurs ce matin cassait un support technique de première importance face à l’euro.

Graphique de la parit</p>
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Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.