Angela Merkel va-t-elle devenir le nouveau moteur de l’UE, continuant l’oeuvre du père de l’Union européenne actuelle Jean Monnet ?
En tout cas, la chancelière allemande est prête à renflouer de nouveaux Etats européens en crise. En acceptant de relever les sommes allouées au MES, pour un montant total de 500 milliards d’euros (inférieur toutefois aux recommandations de la Commission), elle a fait un pas de plus vers davantage de solidarité européenne. Le chemin parcouru depuis ses propos acerbes et méprisants contre la Grèce en 2010 ne cesse de surprendre.
Cependant, la conversion d’Angela Merkel n’a pas permis d’apporter aux marchés une totale sérénité. Après avoir perdu 1% jeudi, le CAC 40 reprend plus de 1% aujourd’hui. C’est en particulier les valeurs cycliques qui ont joué au yoyo, le secteur des matières premières et des matériaux de construction bondissant respectivement de 1,57% et 1,36% vendredi dernier.
Aux Etats-Unis, la situation de l’économie n’est pas exempte d’incertitudes. Ben Bernanke a encore une fois su ménager la chèvre et le chou. Si le président de la Fed s’est réjoui de la baisse du chômage, tombé à 8,3%, il considère néanmoins que ce taux est “quelque peu déconnecté” de la réalité, notamment du fait de la faible croissance US.
Ainsi les matières premières hésitent devant les excès d’optimisme américain, et les signaux négatifs en provenance de Chine.
Le marché des matières reste “sino-centré”
Le marché des métaux est toujours coincé entre deux dynamiques.
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Le ralentissement chinois, concrétisé la semaine dernière par un indice PMI d’HSBC particulièrement faible (à 48,1), continue d’alimenter les discussions sur une éventuelle baisse de la demande en métaux.
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De l’autre côté du Pacifique, la nouvelle bonne santé de l’industrie américaine redonne de l’espoir.
La question s’est ainsi posée de savoir si la demande US en métaux pourrait compenser le ralentissement chinois.
Les métaux résistent, mais pour d’autres raisons
Pour l’instant, certains métaux résistent effectivement à la baisse des matières. Pourtant, cette situation n’a rien à voir avec le scénario envisagé plus haut.
D’abord, les Etats-Unis ne compenseront pas un éventuel trou d’air chinois. Washington n’est pas un acteur majeur des métaux. Le pays ne compte que pour 10% de la demande de cuivre par exemple.
Surtout, Pékin n’a pas ralenti ses importations de métaux, exception faite du fer. Comme le rappelle Barclays Capital, en février les importations de cuivre raffiné ont bondi de 170%. Les importations d’aluminium sont restées également fortes, alors que celles d’étain ont quadruplé.
Seul le nickel s’est retrouvé délaissé. C’est peut-être ce qui explique la baisse de plus de 4% du marché cette semaine.
Définitivement, le monde des matières reste “sino-centré”.
Le cuivre résiste à la déprime orientale
Le cuivre résiste effectivement bien à cette situation. Le métal rouge a gagné un petit 0,75% sur la semaine. Il faut noter que le métal agit en permanence avec un filet de sécurité. Le Groupe international d’études sur le cuivre (ICSG) a révélé récemment que le marché a fonctionné en 2011 avec un déficit de 358 000 tonnes.
L’aluminium a quant à lui été le seul métal en baisse, avec le nickel, à -1,52%. La hausse de la production chinoise, à 9%, a participé à accélérer la baisse.
Le mouvement de ralentissement de l’économie chinoise va donc continuer de peser sur les métaux. L’atterrissage définitif de Pékin pourrait alors nous amener à nous renforcer sur ce secteur.
Le soja toujours en apesanteur
Le blé a stagné cette semaine, avec une hausse minime de 1,38%. Pourtant le blé devrait rester à des niveaux élevés, autour de 6 $ le boisseau.
Cette semaine, deux importants consommateurs ont annoncé une hausse de leurs importations. Le Maroc d’abord souhaite augmenter ses importations l’année prochaine, du fait d’une sécheresse importante. Le pays pourrait les doubler en 2013 et deviendrait alors le septième importateur mondial. Le Japon ensuite a annoncé vouloir augmenter de 78% ses livraisons de blé pour 2012-2013.
C’est encore une fois l’USDA, le ministère de l’Agriculture américain, qui a orienté les cours du maïs. Alors que l’agence a revu à la hausse de 10% la production de Brasília pour 2012-2013, le boisseau a chuté de 6 $, avant de se reprendre. Le maïs conclut finalement une semaine en léger gain.
Encore une fois le soja semble bien arrimé au-dessus des 13 $ le boisseau. L’oléagineux gagne même 2%, progression alimentée par l’annonce la semaine dernière d’importations chinoises supplémentaires à venir. Cette nouvelle est ainsi venue confirmer les prévisions de Rabobank, qui anticipait en mars un prix du boisseau à 14 $ au second trimestre 2012.
Le pétrole toujours haut
Je suis revenu à plusieurs reprises sur l’hypothèse d’une intervention de l’Agence internationale de l’énergie sur le marché du pétrole. Le déblocage des stocks stratégiques semble cette semaine être enfin envisagé de manière concrète. Cécile Chevré est revenue spécifiquement sur ce sujet dans la Quotidienne d’Agora. Vous pouvez retrouver son article ici.
Actuellement, le Brent a déjà perdu 2 $ à l’annonce des discutions sur ce sujet. Malgré les réticences de l’Allemagne, la France, les Etats-Unis, l’Angleterre et le Japon semblent prêts à zgir. L’intervention est d’ailleurs devenue plus probable depuis que l’OCDE a prévenu d’un risque inflationniste lié à la hausse des prix de l’énergie.
Le marché des platinoïdes se réveille
L’or reste au milieu du gué, avec une faible évolution, à 0,36%. L’argent est stable également.
Les deux métaux sont plutôt neutres, alors que la situation de l’économie mondiale reste stable. Toutefois l’incertitude pourrait faire son retour prochainement, et redonner de la croissance aux métaux précieux. La croissance américaine est toujours anémique, et Ben Bernanke entretient savamment le doute autour d’un QE3.
C’est davantage le platine et le palladium qui ont attiré l’attention cette semaine. Si le palladium a connu un trou d’air, le platine a bien résisté. Le platine est resté stable, avec 0,74% sur la semaine. Pourtant le métal est promis à un grand avenir dans les semaines à venir.
Le récent investissement de Mitsubishi dans une mine de platine américaine est révélateur de la tendance actuelle. Les platinoïdes pourraient devenir l’investissement de l’année 2012, portés par le besoin de protection et le redémarrage industriel aux Etats-Unis et en Asie.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 23/03/2012 |
Vendredi 30/03/2012 |
Variation hebdomadaire |
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En $ |
En $ |
En % |
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| Aluminium | 2 172 | 2 139 | -1,52% |
| Cuivre* | 8 378 | 8 441 | 0,75% |
| Plomb* | 1 990 | 2 020 | 1,51% |
| Nickel* | 18 350 | 17 475 | -4,77% |
| Etain | 22 350 | 23 015 | 2,98% |
| Zinc* | 2 007 | 2 009 | 0,10% |
| Acier (Méditerranéen) * | 465 | 490 | 5,38% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
106,2 | 102,55 | -3,44% |
| Or (spot Comex) | 1 662 | 1 668 | 0,36% |
| Argent spot Comex) | 32,24 | 32,28 | 0,12% |
| Platine (spot Comex) | 1 623 | 1 635 | 0,74% |
| Palladium (spot Comex) | 656 | 652 | -0,61% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,52 | 6,61 | 1,38% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,45 | 6,56 | 1,71% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
13,76 | 14,15 | 2,83% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois


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