Par un curieux télescopage, c’est la semaine où l’INSEE annonce que le PIB français progressera finalement de 0,2% au troisième trimestre que le monde médiatique a commencé à s’emballer sur les risques autour de la dette française.
Cette coïncidence s’est traduite par la coexistence médiatique de la bonne humeur de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, et des commentaires acerbes du gouvernement sur la couverture de The Economist cette semaine. Pour ceux qui auraient raté le trait d’humour de l’hebdomadaire britannique, vous pouvez retrouver la une ici.
Le coeur du problème réside véritablement dans une appréciation différente du temps économique. Le gouvernement Ayrault a décidé d’inscrire ses réformes — qui sont véritablement à contre-courant de la pensée socialiste de ces trente dernières années — sur un temps long.
J’en veux pour preuve le fait que les réformes fiscales n’entreront pas en action avant 2014. De même, le transfert de charges sera étalé entre 2014 et 2016. Des mesures qui renforcent la perception qu’ont les Français du couple Ayrault/Hollande, c’est-à-dire d’un gouvernement qui se méfie de l’urgence, quitte à apparaître “mou”, ou, pour paraphraser Desproges, “peu primesautier au-delà du raisonnable”.
A l’inverse, cette progression a déchaîné les foudres des acteurs économiques. Dans son éditorial de cette semaine, le directeur de la rédaction d’Usine Nouvelle, Thibaut De Jaegher soulignait que “les mesures annoncées n’aideront pas [les chefs d'entreprises] à passer l’hiver économique qu’ils redoutent pour l’année prochaine”.
Ce magazine habitué aux logiques de temps long de l’industrie, a malheureusement cédé aux sirènes de l’effet de mode. Le “choc” est sur toutes les bouches depuis un mois, depuis que le rapport Gallois est devenu un catalyseur des débats sur les maux de l’économie française. Or la logique du “choc” n’a jusque-là pas donné les résultats escomptés. Je reste persuadé que la chute du PIB grec de 23% n’était pas le résultat recherché.
Que les mesures aillent dans le bon sens, c’est une autre affaire. En attendant, il faudra s’habituer à un marché français qui, s’il devait se relever grâce aux mesures du gouvernement, ne verrait pas d’amélioration avant un ou deux ans. Et la logique s’applique à l’ensemble de l’Union européenne.
Ainsi cette dernière ne sera-t-elle pas le moteur des matières premières avant la fin d’année prochaine. Actuellement, c’est la Chine qui continue de donner le sourire aux investisseurs, alors que son nouveau dirigeant, Xi Jinping, a réussi son offensive de charme.
|
Publicité INVESTISSEZ SUR LES GRANDES TENDANCES MONDIALES Les grandes tendances qui font évoluer le monde, l’économie et la société vous passionnent ? Vous aimeriez savoir comment vous pourriez en profiter concrètement ? Alors découvrez le message de notre spécialiste des investissements géostratégiques… |
Le zinc tire son épingle du jeu
La hausse de l’indice PMI chinois, l’indice des produits manufacturés de la banque HSBC, a confirmé l’espoir de voir le marché des métaux repartir à la hausse. Par exemple, la reprise du marché automobile a relancé la consommation de batterie au plomb.
Cette semaine, c’est le zinc qui est reparti à la hausse. La Chine consomme 43% du zinc produit dans le monde. Or le pays vient une nouvelle fois de revoir à la hausse ses achats.
Dépassé seulement par l’aluminium cette semaine, la hausse du zinc pourrait s’avérer plus durable que celle de l’aluminium. L’analyste Justin Smirk s’attend à ce que les cours se maintiennent autour des 2 200$ d’ici la fin d’année.
En ce qui concerne le nickel, alors que le marché s’attend à une longue période de surplus, les prix pourraient pourtant augmenter du fait d’une amélioration de la demande. Une analyse de la Deutsche Bank voit une possibilité pour le nickel de passer rapidement les 16 000$ la tonne, pour toucher les 17 500$ dans les mois à venir.
Last but not least, malgré sa baisse sur le marché européen, le marché de l’acier est en train de se stabiliser. Le marché automobile et la construction ont peut-être atteint leur point bas, ce qui pourrait permettre au prix du fer de se stabiliser.
Le palladium superstar pour les deux ans à venir
L’or n’a pas actuellement les faveurs des investisseurs. Alors que l’amélioration de l’activité aux Etats-Unis a amené les investisseurs loin de l’once de métal jaune, le World Gold Council a annoncé que la demande était en baisse de 11% sur les trois derniers mois.
En cause, la baisse des achats chinois, qui n’ont pas été compensés par la demande indienne. En prime, BNP Parisbas a abaissé ses prévisions pour l’or en 2013. Selon elle, les prix pourraient atteindre les 1 865$ l’once en 2013, contre 1 900$ prévus en septembre. Toujours selon la banque, “l’argent devrait être préféré à l’or lorsque que l’appétit pour le risque reprendra”.
BNP Paribas a surtout annoncé son optimisme pour le marché du palladium. Selon elle, le palladium devrait dépasser le platine, l’or et l’argent sur les deux prochaines années, grâce à sa meilleure exposition au marché américain et aux marchés émergents. L’once pourrait ainsi atteindre les 780$, soit 23% de plus qu’actuellement.
Le pétrole reste stable
La peur de voir l’opération “Pilier de défense” déclencher un conflit de grande ampleur au Proche-Orient pendant le week-end a poussé les investisseurs à acheter du pétrole vendredi. Ainsi le WTI, le pétrole à New York, a gagné 1,22$, et a clôturé au-dessus des 87,71$. De même, le Brent est parti légèrement à la hausse.
Ce sont toutefois des craintes sur une baisse de la demande la semaine dernière qui avaient laissé le marché stable jusque-là. Hormis les tensions au Moyen-Orient, les fondamentaux du marché restent pour l’instant neutres.
Le soja n’en finit plus de chuter
Alors que le maintien de bonnes exportations européennes a apaisé quelque peu les tensions sur le marché du blé, le soja a continué sa chute amorcée mi-septembre. En cause cette fois, la révélation par le think tankchinois CNGOIC de l’annulation d’une commande de 600 000 tonnes de soja. Si la baisse des exportations américaines étaient connues, le fait que ce soit la Chine le responsable de cette baisse a suscité les craintes que Pékin réduise durablement ses importations cette année.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 09 novembre 2012 |
Vendredi 16 novembre 2012 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium | 1 907 | 1 941 |
1,78% |
| Cuivre* | 7 536 | 7 583 | 0,62% |
| Plomb* | 2 156 | 2 162 | 0,28% |
| Nickel* | 15 945 | 15 945 | 0,00% |
| Etain | 20 190 | 20 450 | 1,29% |
| Zinc* | 1 892 | 1 923 | 1,64% |
| Acier (Méditerranéen) * | 315 |
300 |
-4,92% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
85,92 | 88 | 2,08% |
| Or (spot Comex) | 1 733 | 1 723 | -0,58% |
| Argent spot Comex) | 32,61 | 32,53 |
-0,25% |
| Platine (spot Comex) | 1 560 | 1 561 | 0,06% |
| Palladium (spot Comex) | 609 | 631 | 3,61% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
8,786 | 8,390 | -4,51% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
7,382 |
7,300 |
-1,11% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,276 | 13,910 | -2,56% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois


Laissez un commentaire