L’or, décidément le meilleur moyen d’échapper au “tsunami” monétaire

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C’est Dilma Rousseff qui a tiré la sonnette d’alarme la première. Début mars, la présidente brésilienne a averti que de nouvelles injections de liquidité des pays riches menaceraient la croissance des pays émergents.

Brasilia a raison de s’inquiéter. Face à ce tsunami monétaire, le real va souffrir. Ses rendements, proches de 10%, seront une aubaine pour les investisseurs. Guido Mantega, le tonitruant ministre des Finances brésilien, n’a pas fini d’enrager…

Vous ne trouvez pas un air de déjà vu ?

Oui, nous avions déjà assisté à ce scénario en 2010. Cette année-là, les capitales occidentales s’enorgueillissaient de leur santé retrouvée. C’était l’époque où l’indice grec, l’Athex, caracolait autour des 1 800. Désormais, il est de 750 points.

Le grain de sable : la hausse de l’or
En 2010, l’or avait surtout pris 25%. C’est là que résidait l’anomalie. Personne n’avait voulu admettre que la croissance était portée par les seuls petits bras de Ben Bernanke et ses rounds de quantitative easing.

Aujourd’hui, la croissance américaine est une nouvelle fois en train de se construire sur des bases instables. Les marchés croient encore à un début de reprise, et abandonnent les métaux précieux. L’or et l’argent ont décroché de -2,6% et -4% la semaine dernière, avant de se reprendre légèrement.

Pourtant les injections de liquidité n’ont pas disparu dans le monde. L’Europe, le Japon et probablement la Chine se sont convertis à la relance monétaire. Ainsi les fondamentaux malsains de cette reprise ne vont pas tarder à se manifester. L’or et l’argent retrouveront alors les grâces des marchés.

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui d’anticiper ce retour à la réalité en investissant dès maintenant sur les métaux précieux.

Les élèves de Ben Bernanke…
Les plans de relance se multiplient dans le monde entier. Initiées par Ben Bernanke, les relances monétaires massives font actuellement florès. Comme le soulignait Cécile Chevré hier dans la Quotidienne d’Agora, “la BoJ [Banque centrale du Japon] devrait se convertir au QE à l’occidentale (comprenez à l’américaine ou britannique)“.

En Europe le programme de LTRO (long term refinancing operation), permet à son tour à la BCE de redonner aux banques des capacités de financement. Enfin en Asie, comme je le rappelais lundi dernier dans l’Edito, de plus en plus de pays devraient faciliter l’accès aux liquidités, que ce soit par des mesures fiscales ou monétaires.

…vont-ils dépasser le maître ?
Je le dis tout de suite, non.

Ben Bernanke reste le maître en la matière. Car le patron de la Fed n’a pas dit son dernier mot. Comme l’affirmait le Wall Street Journal mercredi dernier, la Fed envisageait encore de “nouvelles injections d’argent dans le système financier pour aider entre autres le marché immobilier“.

Le marché de l’immobilier est encore déprimé ? Qu’à cela ne tienne, la Fed va imprimer. Comme Apple, qui se vantait d’avoir “une application pour tout”, la Fed peut se vanter d’avoir une injection pour tout.

Alors pourquoi l’or plonge ?
En toute logique, dans un monde gorgé de liquidités, les investisseurs devraient sauter dans les canots de sauvetage. A savoir, l’or et l’argent. Or les métaux précieux ont décroché la semaine dernière. Je vois deux explications :

▪ Des incertitudes demeurent sur le timing du QE3

Cette incertitude a déçu les spéculateurs, habitués à leur injection régulière de liquidités. Ainsi les positions longues sur l’or se sont réduites de 16% la semaine dernière, et de 23% pour l’argent.

▪ L’amélioration de la situation aux Etats-Unis

Le chômage n’arrête pas de baisser depuis le début d’année. Barack Obama commence à afficher ces bons indicateurs économiques pour faire briller son bilan. D’ici la campagne électorale, il est à prévoir que personne n’ira chercher des poux dans la tête des économistes qui affirment que la croissance est repartie.

Ainsi la nécessité de se protéger n’est pas la priorité du moment. Pourtant les arguments qui militent pour l’or restent inchangés.

Paulson plus avisé sur l’or que sur la Chine
Le fonds Paulson, connu pour avoir fait un pari gagnant sur la crise de 2008, mais tout perdu sur la Chine ensuite, vient de rappeler une évidence.

Pour lui, “lorsque l’inflation va devenir évidente, l’or évoluera probablement, ce qui implique de se positionner dès aujourd’hui“. On ne peut pas mieux dire.

Vous n’êtes toujours pas convaincu de la hausse inéluctable de l’or ?

Voici ma botte secrète qui vous fera vous ruer sur l’or.

Hausse de l’or jusqu’en 2014
Le phénomène inflationniste se prépare. Toutefois, il est possible que les flots de liquidité se déversent sur les pays émergents, comme s’en inquiète le Brésil.

Mais l’inflation n’est pas la seule assurance d’une hausse de l’or. Une baisse des taux d’intérêt favorise les investissements sur l’or. Ce graphique illustre bien cette corrélation.

Corrélation entre les taux d'intérêt de la Fed et le prix de l'or

Corrélation entre les taux d’intérêt de la Fed et le prix de l’or

Néanmoins si Ben Bernanke a déçu sur le QE, il a donné des gages solides sur le maintien de taux bas. Le président de la Fed a déclaré que le maintien des taux d’intérêt au niveau actuel jusqu’en 2014 est le scénario “le plus probable“.

Actuellement, ces taux sont proches de 0%.

Une opportunité unique pour nous
La baisse de l’or provoquée par une euphorie générale sur la situation économique mondiale ne peut être que passagère.

La politique de l’argent facile est loin d’être finie. C’est pourquoi le léger décrochage de l’or et de l’argent en février et mars représente une opportunité unique pour vous.

Vous retrouverez le meilleur moyen d’investir dans l’or dans Matières à Profits. Notre portefeuille possède 3 lignes qui n’attendent qu’un geste de lucidité des marchés pour décoller. Découvrez les avantages de Matières à Profits

En attendant, restez à l’écoute des déclarations de Ben Bernanke. Le QE3 n’est jamais loin.

Bon investissement.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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