La consolidation des matières n’est qu’une première étape… Les pays émergents lâchent le “cartel des taux bas”

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leadimg

Vous connaissez notre position sur les matières premières : haussier. Mais long ne veut pas dire long only.

Commençons par le pétrole, la mère de toutes les matières premières. Voici le graphe du Brent de la mer du Nord.


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Que s’est-il donc passé le 5 mai ?
Les pays émergents n’ont-ils subitement plus besoin de pétrole ? A-t-on trouvé un énorme gisement qui réduit la théorie du peak oil à un conte pour enfants crédules ? Un milliard d’individus possesseurs d’automobiles ont-ils disparu de la planète ? La Chine a-t-elle annoncé rentrer en récession ?

Non, bien sûr. Tout ce que je viens de vous citer sont des raisons rationnelles et nous n’en sommes pas là.

N’oubliez pas qu’outre ces fondamentaux sains que je viens de vous énumérer, les prix des matières premières sont aussi soutenus par la création monétaire de la Fed ce qui est, nous le savons, un fondamental malsain.

La part de la création monétaire dans la hausse des matières premières
Selon Bloomberg et notre collègue américain Justice Litle, 100 Mds$ imprimés provoquent :

  • 5% de hausse sur l’indice CRB des matières premières ;
  • 7 $ de hausse du cours du baril de pétrole ;


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source : Taipan Publishing Group

La corrélation entre cours des matières et création monétaire est aussi positive qu’intense.

Selon Dylan Grice de la Société Générale :

  • 1% de croissance de la masse monétaire se traduit par 0,7% de croissance dans le prix de l’or ;
  • et incidemment, 1% d’inflation officielle entraîne 1,7% d’augmentation du prix de l’or.

La planche à billets va-t-elle bientôt trouver ses limites ?
Il ne vous a pas échappé que Jean-Claude Trichet avait parlé hier. Ses propos ont conduit les marchés à penser qu’il ne relèverait pas le taux directeur de la Zone euro. Au diable la “lutte contre l’inflation”.

L’euro a donc baissé face au dollar. Beaucoup d’observateurs interprètent “le dollar a remonté”… Quoi qu’il en soit, c’est mauvais pour le cours des matières premières que les spéculateurs utilisent comme couverture contre la baisse du dollar.

Mais ce n’est pas tout.

Les nuages assombrissent le ciel économique américain
Le double creux de l’immobilier est maintenant certain ; les salaires baissent, indique Bloomberg en début de semaine. L’indice ISM des services — à 52,8 en avril — a touché un plus bas de huit mois et l’ISM manufacturier est déjà en berne depuis deux mois. La croissance ralentit.

Si la planche à billets ne produit pas l’effet escompté, il ne restera plus aux Etats-Unis qu’une montagne de dettes. Les agences de notation risquent de ne pas apprécier une masse de QE supplémentaire.

Le gaz empoisonné qui gonflait les cours des matières premières commence à s’échapper.

Les pays émergents lâchent le “cartel des taux bas”
Elever les taux d’intérêt rend vos projets un peu moins attractifs, vous rend un peu moins enclin à investir, mais ne pas le faire conduira à un effondrement. Donc, un petit peu de douleur maintenant, un petit peu de potion amère maintenant, avec la perspective de moins de souffrance dans le futur est notre façon de voir les choses”.

Figurez-vous que c’est un banquier central qui a dit cela il y a un mois. Un banquier central moins médiatisé que Trichet ou Bernanke mais qui ne manque pas de bons sens : Subir Gorkan, un des gouverneurs de la Banque centrale indienne.

La Chine aussi a appuyé sur le frein et l’indice manufacturier chinois a également reculé en avril. La Chine a relevé quatre fois ses taux depuis octobre.

En Inde, en Malaisie, au Brésil, en Chine, les taux sont à la hausse. Les pays émergents ont arrêté le dumping monétaire. Ils préfèrent ralentir leur propre croissance plutôt que de sacrifier le pouvoir d’achat de leurs citoyens en acceptant la course malsaine à la dévalorisation monétaire du cartel des taux bas — Etats-Unis, Europe, Japon.

Les prémices d’une correction beaucoup plus large
La planche à billets a tout fait monter : actions, obligations (rendements artificiellement bas), matières premières.

Il est logique que le retour de bâton fasse tout baisser. La consolidation des matières premières annonce probablement une baisse des marchés actions.

Les ours (baissiers) sont sortis d’hibernation et les amateurs de trackers bear vont se régaler.

Les prudents prendront leurs bénéfices car “qui n’a pas vendu n’a pas de plus-value”.

Mais nous ne shorterons pas l’or. Car c’est notre assurance KO (krach obligataire). Nous en profiterons pour transformer de l’or papier en or physique, à moindre frais.

 

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Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur L'Investisseur Or et Matières et La Stratégie de Simone Wapler.

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  1. 31 août 2012 - Bloc notes n°230 - Matières à Profits

    [...] Le président de la FED, la Banque Centrale des États-Unis, devrait faire sa rentrée aujourd’hui, et annoncer sa vision de la politique monétaire pour les semaines à venir. Pour rappelle, la FED est déjà engagée dans un programme de maintien des taux d’intérêt extrêmement bas à long terme, qui est censé aider la reprise de l’économie américaine. Pourquoi cette politique nous concerne-t-elle ? Tout simplement certains marchés des matières premières sont tellement « financiarisés » que les facilités monétaires accordées par la FED aux marchés se retrouvent rapidement sur bon nombre de marchés des matières. C’est le cas pour du marché du cuivre, de celui du pétrole, et enfin de l’or. Pour vous en convaincre, je vous conseille de lire cet edito de Simone Wapler paru l’année dernière. [...]

    03 sept 201211:25

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