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L’étau se referme sur l’Allemagne et l’euro ; une seule solution pour en sortir par le haut…

leadimg

Nous vivons un moment historique. Alors certes, cet article est un peu long et je m’en excuse. Je sais que votre temps est compté. J’ai essayé de me limiter à l’essentiel.

Où allons-nous ? Où sont les risques ? Quels sont les enjeux ? La BCE devra-t-elle sauver l’euro ? L’Allemagne va-t-elle nous claquer la porte au nez ? Les rumeurs sur l’impression de deutschemarks sont-elles vraies ?

In fine, je ne vois qu’un seul scénario viable : celui exposé ci-dessous. C’est le fond de ma pensée, forcément originale car franco-allemande.

Alors pour ceux qui veulent me suivre, allons-y.

Hier, l’accord européen obtenu à l’arraché a volé en éclats
La Grèce vient de décider unilatéralement d’un référendum ; un véritable coup de poignard dans le dos. La très grande majorité des Grecs désapprouvent cet accord.

Soyons réalistes :

Nous sommes donc en train de nous asseoir sur 50% de la dette grecque ;

Nous sommes en train de recapitaliser à hauteur de 109 milliards d’euros les banques et de monter un véhicule d’investissement pour “sauver tout ce petit monde” en allant quémander auprès des Chinois de l’argent (qui, soyez-en assuré, nous coûtera cher en contreparties politiques).

Un “NON” grec au référendum ferait s’effondrer cette savante construction et entraînerait probablement une sortie des Grecs de l’euro. Retour à la drachme avec une dévaluation de quelque 60% face à l’euro et appréciation de la dette des Grecs d’autant. Voilà qui rendrait de facto son remboursement définitivement impossible. Ce serait la faillite.

Conséquence ?

Il faudra alors s’assoir sur 100% de la dette grecque, recapitaliser les banques à hauteur de 200 milliards d’euros et sauver l’Italie qui basculerait alors dans le cauchemar grec…

A ce stade plusieurs constats cruciaux :

1 - Notre économie se meurt… en bout de course le credit crunch
Depuis deux ans, les tergiversations et non-décisions politiques sont en train de tuer nos économies réelles. Il sera difficile d’éviter une nouvelle récession.

Pourtant, la plus grande menace est sans aucun doute le credit crunch. Car n’oubliez pas que les interpénétrations bancaires, économiques et financières sont maximales en Europe. Les banques sont liées entre elles. Une faillite des banques grecques aura des répercussions majeures sur l’ensemble des banques européennes qui seraient obligées de passer quelque 200 milliards de dettes en pertes. Et je ne parle même pas du basculement de l’Italie…

Tout ceci réduirait massivement les fonds propres des banques européennes et donc leur capacité à faire crédit à l’économie réelle.

Comme chacun sait, le credit crunch est la voie royale qui mène à la déflation et la dépression. Or on sait par expérience qu’il n’y a qu’un seul et unique moyen de contrer ce phénomène pernicieux : imprimer massivement de la monnaie. Retenez ce point, vous verrez pourquoi tout à l’heure.

[NDLR : Dès demain, jeudi 3 novembre, un évènement pourrait faire basculer les marchés. Demandez vite votre rapport spécial pour mettre en place votre stratégie de défense : tout est expliqué ici...]

Second constat :

2 – L’Italie est au bord du gouffre et risque de basculer à tout moment
Actuellement, son taux d’intérêt atteint un sommet historique à 6,1%. Le spread avec le bund de référence s’envole comme jamais. A ce stade, l’Italie commence à étouffer sous de poids de sa dette (120% du PIB).

Il suffirait que les marchés poussent les taux un peu plus haut encore, à 7%, pour que l’Italie bascule dans le cauchemar grec. Une sortie de l’euro de la Grèce pourrait propulser les taux bien au-delà…

Si la BCE n’achetait pas massivement la dette italienne dont personne ne veut, et ce depuis des semaines, le pays aurait probablement déjà basculé. La planche à billets tourne déjà, de façon pour l’instant mesurée.

Mais il faudra ouvrir grand les vannes du quantitative easing si la Grèce claquait la porte (encore la planche à billets, retenez-le). L’implosion de l’Italie en dépendra.

[NDLR : Dès demain, jeudi 3 novembre, un évènement pourrait faire basculer les marchés. Demandez vite votre rapport spécial pour mettre en place votre stratégie de défense : tout est expliqué ici...]

Troisième constat :

3 - Le risque social de “la rigueur à tout prix”
Il faut bien comprendre que nous entrons dans une nouvelle ère qui durera des années. Une ère de rigueur, de taxation et d’appauvrissement général car la croissance ne sera pas au rendez-vous.

Ce que je crains le plus, ce sont les tensions populaires et sociales qui en découleront. Elles pourraient être violentes et ouvrir la voie à la montée en puissance des extrêmes. Ce serait à mon sens une véritable menace pour les démocraties européennes.

Vous avez le choix entre deux solutions :

- Soit vous optez pour la rigueur économique extrême avec son risque social latent.

- Soit vous décidez de faire tourner la planche à billets (encore elle. Retenez-le). C’est nettement moins douloureux, mais participe à l’euthanasie des rentiers.

Le panorama étant dressé, j’en viens à l’essentiel.

1) Partout il y a un prêteur en dernier ressort. Sauf en Europe
Aux Etats-Unis, derrière la dette souveraine et le dollar, vous avez la Fed. En Grande-Bretagne vous avez la Banque d’Angleterre (BoE), en Suisse la Banque nationale suisse (BNS), au Japon la Banque du Japon (BoJ)…

Mais voilà : derrière l’euro, il n’y a rien. Personne ne “tient” l’euro, personne ne garantit la dette souveraine européenne en dernier ressort. Ce n’est pas le mandat de la BCE.

C’est une faille majeure dans le système. Car la garantie est au coeur même de la confiance. Et c’est principalement ce qui manque aujourd’hui viscéralement à l’euro : une BCE capable de déployer le grand jeu (quantitative easing, planche à billets…) pour sauver l’euro.

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2) La BCE : l’ultime joker de l’euro
Or comme je viens de vous le dire plus haut (vous avez bien retenu ?) : il ne fait pour moi aujourd’hui aucun doute que nous allons avoir besoin d’un prêteur en dernier ressort pour sauver l’euro, le système bancaire européen et l’Italie.

Dit autrement : la BCE devra endosser le costume de la Fed et injecter massivement de l’argent dans le système pour le sauver. Tôt où tard, contrainte et forcée, elle DEVRA imprimer et monétiser.

Le plan Sarkozy-Merkel était le plan de la dernière chance. Après lui, il ne restera plus que la BCE. C’est l’ultime joker de l’euro. Le dernier rempart face au chaos.

C’est un fait. Pas un jugement.

Or les Allemands sont viscéralement opposés à toute monétisation et impression monétaire.

Weimar, hyperinflation, paupérisation massive du peuple et montée d’Hitler au pouvoir restent gravés dans toutes les mémoires outre-Rhin.

Voilà pourquoi je m’attends à ce que les Allemands soient pris en étau.

3) L’Allemagne devra choisir entre monétisation à outrance, ou sortie de l’euro
- Sur la monétisation (QE) et l’impression à outrance, mon avis est que l’Allemagne restera intransigeante : le Parlement s’y opposera (Bundestag) ; ainsi que le juridique (Cour constitutionnelle de Kralsruhe). Ce sera un refus net et catégorique. A tous les niveaux.

- Mais alors… va-t-elle sortir de l’Union ?

Ma conviction intime est que non. Depuis 60 ans, l’Allemagne progresse au sein de l’Europe et a été le moteur de sa construction. Sa volonté n’est pas de sortir de l’euro.

Je sais ce que vous allez me dire. Il y a beaucoup de rumeurs :

- Les Allemands auraient gardé en stock leurs deutschemarks. Au cas où (c’est un peuple très prudent…)

- De même, “Pipa” Malmgren, ancienne consultante à la Deutsche Bank et ex-conseillère financière de George Bush a lancé un pavé dans la mare il y a quelques jours : “Les Allemands songent à la réintroduction du deutschemark” nous a-t-elle dit ; “Les commandes sont déjà passées et ils demandent que les presses tournent à plein régime.”

Oui, j’y crois. Mais ce n’est pas ce que vous pensez.

L’impression des deutschemarks est à mon avis une simple mesure de prudence. Du style “au cas où l’euro imploserait”. Je connais bien les Allemands (et pour cause, la moitié de ma famille est allemande) ; ils sont comme ça. Ils prévoient tous les cas de figurent et anticipent la parade en amont. Il ne faut pas y voir une volonté délibérée de quitter l’euro.

Mais alors ? S’ils refusent de monétiser, et qu’ils refusent de quitter l’euro ? Que faire ?

4 - Cette question, je la vois venir depuis des mois
Vous souvenez-vous de ce que je vous disais déjà au printemps dernier dans l’Edito ?

Je vous disais que la solution passerait par deux euros. Un euro fort et un euro faible. Un double système monétaire en somme.

Tout simplement parce que c’est la seule voie qui permette à l’Allemagne de sortir par le haut de l’étau : d’accepter la monétisation, sans sortir de l’euro.

Voici comment je voyais les choses :

- Nous aurions un euro fort mené par l’Allemagne, et avec elle les pays vertueux qui ont un modèle industriel assis sur l’exportation (Autriche, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas notamment).

Cette zone euro forte tendrait vers le fédéralisme, c’est-à-dire une union non seulement monétaire, mais également budgétaire et fiscale. Car je persiste et signe : une union monétaire sans intégration n’est pas viable. Il n’y a qu’à voir où non en sommes pour nous en convaincre.

- Parallèlement, nous aurions un euro faible, fortement déprécié pour relancer la compétitivité des pays membres. A sa tête la France, et avec elle les pays méditerranéens.

Cette zone a un modèle assis sur la consommation, tirée par la dépense publique (ce qui n’est plus viable soit dit en passant…).

La BCE pourrait alors imprimer de l’euro faible à volonté pour sauver la zone, sans que cela ne heurte les Allemands.

Cela aurait aussi le mérite d’éviter de violentes politiques de rigueur et une crise sociale (avec toutes les implications politiques qui pourraient en découler).

Je reste constante. Six mois après, mon point de vue n’a pas changé. C’est la solution que je soutiens.

En attendant, soyez prêt à vivre des moments chaotiques : préparez-vous
La visibilité est faible. Les marchés ultra court-termistes sur-réagissent au quart de tour à la moindre nouvelle. La situation est quasi inextricable et les divergences au sein de l’union importantes.

Alors comme le dit si bien Simone Wapler : Personne ne s’est jamais tordu les mains de désespoir pour avoir pris trop de précautions”.

Elle a raison. Alors si vous partagez son avis, profitez du moindre rebond actuel des marchés pour mettre en place des couvertures et protéger votre portefeuille. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Isabelle Mouilleseaux

En fonction de l'actualité ou de la tendance des marchés, Isabelle Mouilleseaux vous fait découvrir de manière simple et pédagogique un univers qui la passionne depuis toujours.

Son but ? Permettre à l'investisseur particulier de comprendre le marché très particulier des matières premières – afin qu'il puisse mieux comprendre ce secteur jusqu'à présent réservé au professionnels.

Grâce à Isabelle Mouilleseaux vous pouvez suivre et maîtriser ce secteur en pleine expansion.

5 Commentaires
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  1. Bonsoir Madame,

    Je suis très heureux de pouvoir lire vos articles qui sont une vision réaliste de l’avenir de la zone euro. Je suis retraité et petit épargnant, vous valez de l’or soyez en convaincue!

    En vous lisant depuis deux ans, j’ai gagné de l’argent avec l’or. La fin de l’année arrivant très vite plus un déménagement m’ont obligé à me séparer provisoirement de l’or, en neuf mois j’ai gagné 25% brut pour un investissement de 5700euros. Merci encore.

    Il me semble que ce que vous indiquez dans votre article, correspond à la plus grande des escroqueries depuis bien des décennies. En fait, il y aura un super dollar qui vaudra très cher pour la bonne économie, et un dollar imprimé pour les autres.

    Un Euro-Mark de grande valeur pour les initiés, et un euro imprimé donc complètement déprécié pour les autres? Est-ce cela ou est-ce pire?

    En tous les cas je me rabattrai sur l’or avant sa grande envolée…Chez aucoffre.com

    Continuez de nous aiguiller et bravo pour votre talent, je fais de la pub pour vous, et vos collègues de la chronique agora, sur les blogs de la Tribune de Genève et maintenant sur Israël-flasch-info

    Bien à vous et bonne fin d’année..

  2. Tout a fait d’accord avec vous, sauf pour un euro fort avec fédéralisme fiscal intégrant le Luxembourg.

    Le Luxembourg est un paradis fiscal, ce pays n’a aucun intérêt à aligner sa fiscalité avec d’autres pays.

    Les paradis fiscaux sont la plaie de ce monde, un vrai scandale !

  3. Je voudrais juste faire remarquer à Isabelle Mouilleseaux que l’analyse qu’elle porte sur la crise de l’euro dans son article « L’étau se referme sur l’Allemagne et l’euro ; une seule solution pour en sortir par le haut… » du 2 novembre est très pertinente. Celle-ci est étonnamment claire, précise et d’une pure logique. J’ai beaucoup apprécié.
    J’aurais néanmoins une remarque concernant l’orthographe de la monnaie allemande qu’Isabelle Mouilleseaux à du mal à orthographier : En effet, le Deutsche Mark (en allemand) ou deutschemark (littéralement : mark allemand, code ISO 4217) s’écrit avec un “e” et non comme elle l’écrit cinq fois : Deutschmark, sans e au milieu. Merci, d’en prendre note pour les prochaine fois. Je pense qu’elle y gagnera en crédibilité.
    Bien à vous.

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