J’étais au Stade de France ce week-end pour le match France-Irlande comptant pour le Tournoi des six nations de rugby.
Pour les non-initiés, et ceux qui n’auraient pas allumé leur téléviseur du week-end, ce match a été annulé au dernier moment par l’arbitre alors que les 80 000 spectateurs avaient pris place.
La raison ?
Le froid sibérien qui était prévu depuis environ 10 jours par Météo-France…
Pourquoi avoir attendu le dernier moment ?
Et surtout pourquoi vous en parler dans cette chronique dédiée aux marchés financiers ?
Suivez-moi…
L’ISDA, “le comité des 6 nations” de la finance !
Ce match du fameux Tournoi des six nations est organisé par le comité du même nom.
Un groupe d’amis bien placés chargé de décider lors de cocktails et autres repas gastronomiques au frais des sponsors et de quelques contribuables de la tenue et de l’organisation de ces rencontres internationales. Postes plutôt confortables.
L’ISDA, c’est l’équivalent, mais pour la finance. Un groupe de banquiers qui décide de la vie et des règles des produits dérivés de gré à gré, et principalement en ce moment des CDS, les fameux Credit Default Swaps.
Pelouse chauffée et déficit creusés
Comment expliquer que l’ISDA n’a pas encore déclaré l’événement de crédit de la Grèce alors que le pays fait déjà défaut sur plusieurs factures et pensions et que la situation continue de s’aggraver ?
A l’image de l’arbitre et du comité organisateur du match, qui malgré des prévisions de grand froid, ont demandé que le Stade de France soit chauffé et la pelouse gelée protégée pendant plus d’une semaine, l’ISDA laisse des milliards d’euros s’évanouir dans des plans d’aide désastreux qui ne changeront rien à l’issue.
Comme les températures négatives font geler les terrains de rugby, les dettes, elles, creusent le déficit tant que l’on dépense plus que ce que l’on gagne. C’est naturel et immuable…
A l’heure des économies d’énergie et des plans d’austérité, les banquiers peuvent se mettre au rugby… sans complexe.
Juges et parties
Le point commun entre ces deux histoires est que dans les deux cas, le juge est aussi partie prenante de l’affaire.
Ceux qui doivent rembourser les billets n’aiment pas annuler les matchs et siègent au comité d’organisation.
Ceux qui ont assuré les investisseurs contre le défaut de la Grèce, n’aimeraient pas du tout que la Grèce soit “officiellement” en défaut. Ils sont membres de l’ISDA.
La différence entre ces deux situations ?
C’est que l’on ne peut pas (encore) vendre plus de places de rugby, qu’il n’y a de places dans le stade.
Hors les banquiers, eux, nous le savons, sont plus vicieux que les rugbymen et ont vendu beaucoup trop d’assurances à des gens qui ne détiennent même pas de dette grecque.
C’est un peu comme si vous deviez rembourser 500 000 places de rugby avec 80 000 tickets… vous n’auriez pas les moyens et donc pas envie du tout de voir le match annulé !
La morale ?
La crise financière et le dénouement grec qui approche ne sont finalement qu’une banale histoire d’intérêts conflictuels. Mais rassurez-vous, la nature du marché, comme celle de la nature du monde, finit toujours par reprendre ses droits.
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Ceux qui s’endettent, devront rembourser ou faire faillite.
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Ceux qui se sont enrichis en assurant cette faillite au-delà de leurs moyens devront payer ou faire faillite.
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Et enfin, ceux qui ont prêté et se sont assurés, ont de grandes chances de revoir ni leur créance, ni même leur dédommagement d’assurance.
L’heure est venue de la destruction monétaire
Ce n’est certes pas réjouissant, mais le choix ne fait plus partie des options de sortie de crise.
La faillite est la seule voie pour repartir un jour sur de bonnes bases.
[NDLR : Le chiffre est tombé ce matin même dans la boîte e-mail des lecteurs de Jérôme Revillier : la performance de sa stratégie 9 O'Clock Trade atteint désormais +20,87% depuis le 5 juillet 2010 ! Pour en savoir plus sur cette stratégie 100% Forex et en profiter vous aussi : il suffit de suivre le guide...]
Bon match !


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