La semaine dernière, la banque Goldman Sachs a douché plus d’un espoir en publiant ses estimations sur les prix du pétrole en 2013. Pour la banque américaine, la moyenne des prix du pétrole devrait s’établir autour de 110 $ le baril, contre 130 $ le baril initialement prévu.
Très vite, Les Echos en tiraient la conclusion que la banque venait de sonner la fin d’un “cycle” haussier du pétrole. Coïncidence, l’annonce a été suivie d’un événement tout aussi improbable, l’accalmie des tensions dans le Golfe. Le gouvernement iranien s’est effectivement rapproché des Occidentaux en acceptant de discuter d’un accord sur son enrichissement en uranium.
Il n’en fallait pas plus pour amener les investisseurs à quitter le marché du pétrole. Le petit décrochage des marché hier a donné l’occasion au WTI, le pétrole à New York, de passer sous la barre des 90 $, touchant son plus bas depuis trois mois.
Après la fin du “super cycle” des métaux, sommes-nous en train d’assister à la fin d’un cycle du pétrole ?
C’est indéniable, la consommation chinoise est en berne et la croissance des Etats-Unis n’a plus l’éclat des années 2000. Le marché traverse effectivement une phase de détente. Pourtant, détente ne doit pas être synonyme de débâcle. La baisse des cours du pétrole exprime moins la diminution de la demande que l’accroissement inattendu de la production.
Un marché va en particulier profiter de cette hausse. C’est là que sont en train de jaillir les meilleures opportunités d’investissement.
10 ans d’investissements qui arrivent sur le marché
Le pétrole sort effectivement d’une ère où ses cours ont flambé. Si durant les années 90 le baril a oscillé à 21 $ en moyenne, la décennie suivante a vu le baril tourner autour de 69 $ en moyenne. Cette flambée des prix a conduit les pétroliers à multiplier les investissements et les forages. Aujourd’hui, nous récoltons les conséquences de ces mises en chantier avec une poursuite de la croissance de la production.
A plus court terme, le Wall Street Journal insiste également sur le fait que la production dans le golfe du Mexique a recommencé à progresser, après le ralentissement suite à l’accident sur la plate-forme de Macondo. Pourtant, la hausse de la production s’est faite en ligne avec les besoins du marché. Le ralentissement actuel de la consommation ne suffit pas à justifier le parallèle fait avec le réel coup de froid, que connaît le marché des métaux depuis la fin de l’année dernière.
Fondamentalement, le parallèle fait entre les cycles des métaux et du pétrole n’est pas valide car le marché du pétrole connaît actuellement un événement totalement imprévisible il y a encore cinq ans : l’essor du pétrole non-conventionnel.
“Le nouveau Moyen-Orient”
Cette année, la production de pétrole américaine a progressé de 7%, pour atteindre les 10,9 millions de barils par jour. Les Etats-Unis n’avaient jamais connu une hausse si forte de leur production depuis 1951. Cette augmentation est principalement due à l’irruption du pétrole non-conventionnel sur le marché américain.
Pour Goldman Sachs, c’est cette production qui pèsera à l’avenir sur les prix du pétrole. L’ampleur de sa révision, de 130 à 110 $ le baril en 2013, rend d’ailleurs bien compte de la surprise qu’a représentée l’arrivée de cette production. Comme l’explique Jim Burkhard, vice-président et directeur de la recherche sur le pétrole pour IHS CERA, “il y a cinq ans, si moi ou qui que ce soit avait prédit la croissance de la production actuelle, les gens auraient sûrement pensé que j’étais fou”.
Cette progression spectaculaire pourrait conduire les Etats-Unis à atteindre entre 13 et 15 millions de barils produits par jour en 2020, soit bien plus que l’Arabie Saoudite qui tourne autour de 10 millions de barils par jour. Désormais Citibank présente même les Etats-Unis comme un “nouvel Moyen-Orient”.
Hausse des investissements aux Etats-Unis
Nous touchons là à la grande différence entre les métaux et le pétrole. A la différence du secteur minier, où les grandes minières ont annulé certains de leurs projets, les pétroliers n’ont pas stoppé leurs investissements. Plutôt, ils les ont orientés dans une autre direction, le marché américain.
Ainsi Shell considère à présent les Etats-Unis comme le lieu le plus prometteur pour le forage. De même, ExxonMobil a débloqué un budget de 1,6 milliard de dollars pour sa branche nationale afin d’accroître sa production. Les Etats-Unis se retrouvent donc au centre du jeu pétrolier. Ces compagnies estiment qu’il est encore rentable d’investir dans l’or noir, car le coût de production du pétrole de schiste est encore bien en dessous des prix du WTI actuellement. Il tourne autour de 75 $ le baril.
Mon conseil
Deux types de stratégies s’offrent à vous pour profiter de la recomposition de l’équilibre du marché du pétrole :
- Investir sur les parapétroliers
Les efforts d’investissements dans l’exploration ne vont pas ralentir. Plutôt, ils vont quitter les gisements les plus chers à développer, l’Arctique par exemple, pour se reconcentrer sur les spot du pétrole non-conventionnel comme le Dakota du Nord, l’Oklahoma, le Wyoming ou encore le Montana. C’est pourquoi le secteur des parapétroliers devrait retrouver une nouvelle jeunesse sur ce marché.
[NDLR : Florent Detroy surveille actuellement une valeur prometteuse du secteur parapétrolier – qui pourrait intégrer dans les prochaines semaines le portefeuille de Matières à Profits : n'attendez pas pour découvrir cette lettre d'investissement et profiter de tous les avantages réservés aux abonnés...]
- Les raffineurs
Récemment, la hausse des prix de l’essence, malgré une production de pétrole en augmentation, a fait prendre conscience aux Etats-Unis qu’ils ne disposaient pas de capacités de raffinage suffisantes. Avec l’afflux de pétrole en provenance des nouveaux champs pétrolifères, le goulot d’étranglement n’en sera que plus visible. Les raffineurs comme Valero ou Tesoro risquent de connaître quelques années dorées.


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