Dernier appel pour profiter de la hausse du blé !

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Non, il n’est pas trop tard pour profiter de la hausse des cours des matières agricoles.

L’idée peut paraître paradoxale, alors que la flambée des prix qui a accompagné la sécheresse du continent américain cet été est en train de s’apaiser. Pourtant, la baisse de la récolte de blé, de 9%, n’a pas été un malheur pour tout le monde, et de nouvelles opportunités se dessinent actuellement pour les investisseurs.

Des prix élevés, et qui le resteront
Depuis bientôt un mois, je rappelle dans mes points hebdomadaires du lundi soir que les prix des matières agricoles sont sur une lente pente descendante. Le maïs a perdu plus de 4% sur les trois derniers mois, le soja 16%. Seul le blé, aidé par la baisse de la production en mer Noire, affiche un léger gain sur cette période.

Pourtant ces mouvements ne sont pas représentatifs du secteur. Car les prix agricoles restent extrêmement hauts. Le soja cotait 12$ le boisseau en début d’année, contre 14$ aujourd’hui. C’est ce qui explique que les Etats-Unis, traditionnellement premiers exportateurs agricoles, soient actuellement concurrencés par les pays d’Amérique du Sud.

Les Etats-Unis luttent pour vendre leurs maigres récoltes
C’est un paradoxe de plus. Alors que les récoltes américaines ont chuté, les agriculteurs ont du mal à vendre leur production. Entre le 1er septembre et le 1er novembre, l’USDA, le département de l’agriculture américain, a calculé que seulement 4,1 millions de tonnes ont été exportées, contre 6,4 millions de tonnes l’année dernière à la même date. En 2010, on en était même à 8,1 millions.

Les pays consommateurs ont préféré se tourner vers d’autres marchés. Ainsi le Japon, premier importateur mondial avec 15 millions de tonnes, s’est tourné vers le Brésil et l’Ukraine.

Le Japon a ainsi drastiquement réduit ses importations en provenance des ports américains. La Chine a également déçu les Américains ces dernières semaines, en réduisant ses achats aux Etats-Unis pour se tourner vers l’Argentine.

Comme le souligne le site Commodesk, “même les consommateurs américains, dissuadés par les prix locaux, importent des volumes jamais vus en provenance d’Amérique latine”.

Une baisse des prix modérée
Devant ce phénomène, le marché de Chicago, où sont cotées les matières premières agricoles, a commencé à corriger. Le soja et le maïs ont ainsi décroché, comme nous l’avons vu. Mais paradoxalement, ce n’est pas un drame pour les agriculteurs. Car leur revenu a continué de progresser cette année, de plus de 4% !

L’explication est double. D’abord, la hausse des prix a mécaniquement compensé les pertes en volumes après la sécheresse de cet été. Mais surtout, les agriculteurs sont désormais en grande majorité assurés. Leur nombre atteint les 80% aux Etats-Unis, alors qu’à peine plus de 20% d’entre eux l’étaient dans les années 1980.


Source : USDA Economic Research Service

La stabilité de leur revenu va se traduire par un fait important pour nous, la hausse des investissements. Car tout simplement, la demande alimentaire va continuer de progresser, et les rendements vont devoir augmenter.

Des prévisions pour 2020 qui ne laissent pas de doute
Le marché devrait retrouver son calme dans les mois à venir, grâce notamment aux récoltes en Amérique du Sud. Seule une incertitude demeure autour du blé, la chute de sa production de près de 10% expliquant sa bonne résistance ces dernières semaines. Cette hausse devrait se répercuter d’ailleurs sur les prix de la viande.

A moyen terme pourtant, l’augmentation constante de la demande va continuer de pousser les prix à la hausse. C’est le constat fait par l’USDA le 9 novembre dernier, lors de la publication de son rapport “USDA Agricultural Projections to 2021.

Comme on le constate, la demande de blé devrait augmenter annuellement de quasiment 1%. Sur une production totale de 651 millions de tonnes en 2012, ce n’est pas moins de 5,9 millions de tonnes qui devront être produites en plus dès l’année prochaine !

Le problème, c’est que l’augmentation des rendements a tendance à ralentir dans le monde. Selon le rapport, l’augmentation des rendements pour les céréales et les oléagineux devraient progresser annuellement de moins de 1%.

Mon conseil
L’analyse de l’USDA a permis de mettre en lumière la nécessité d’investir davantage, notamment afin d’augmenter la productivité des cultures, alors que la possibilité d’étendre les surfaces cultivées pour accroître la production commence à être limitée.

Je vous conseille donc de profiter dès maintenant du léger repli des céréales et des oléagineux pour rentrer sur le marché de l’agro-industrie. De nombreux secteurs ont développés ces dernières années des technologies innovantes pour augmenter les rendements agricoles. Si les prix de ces technologies sont élevés, la hausse du revenu des agriculteurs cette saison va les inciter à investir lourdement sur de nouvelles machines.

[NLR : Florent Detroy, rédacteur de Matières à Profits a consacré dernier numéro aux outils agricoles. Clef de la hausse des rendements, l’agro-industrie tient entre ses mains l’avenir des marchés des céréales et oléagineux. La sécheresse de cet été a accru la demande d’un secteur en particulier. Abonnez-vous dès à présent pour le découvrir.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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