Cette semaine, les indices des marchés actions internationaux sont restés bien orientés. Les bonnes nouvelles sont venues de l’immobilier américain, avec une hausse impressionnante des promesses de ventes de logements et un rebond des dépenses de construction sur avril. A cela, s’ajoute l’indicateur ISM de l’activité manufacturière qui reprend lui aussi des couleurs.
Du côté des mauvaises nouvelles, le chômage continue de progresser, tant en Europe où le taux atteint 9,2%, qu’aux Etats-Unis où les destructions d’emplois dans le privé restent massives et supérieures aux attentes.
A noter également, l’intervention de la BCE qui a maintenu son taux directeur inchangé à 1% et qui se lance à son tour dans le quantitative easing en rachetant pour 60 milliards d’euros d’obligations. De la création monétaire dans toute sa splendeur…
Ce qui n’a pas empêché l’euro de revenir mercredi jusqu’à 1,4336 $. Le yen et le dollar pâtissent ces derniers temps du retour en force du goût du risque des investisseurs, ce qui bénéficie à l’euro et à la livre sterling — massacrée ces derniers mois -, ainsi qu’aux devises matières — le dollar australien est soutenu par la forte hausse des cours de l’or, et le dollar canadien par celle du pétrole.
Cependant, le Forex reste très difficile à travailler en ce moment. Les variations sont brusques, souvent difficiles à anticiper. Ce matin, l’euro chutait à 1,3870 et j’apprends à l’instant que Jérôme Revillier vient de déboucler une position en gagnant 429 pips sur l’EUR/USD !
Pendant ce temps, nos matières premières continuent de grimper. Des semaines que le mouvement dure… avec des hausses qui affichent entre 30% et 80%.
1. Energie : le pétrole toujours plus haut
Ce qu’écrivait vendredi soir Nicolas Rémy à ses lecteurs de Signal Matières & Devises résume bien ma pensée :
"D’un côté, il y a les fondamentaux qui nous disent ‘stop’ : la demande de pétrole dans les pays riches reste faible et les stocks — malgré la forte chute intervenue la semaine dernière — sont à des niveaux record. Combiné aux prévisions de baisse du PIB en 2009 et de montée du chômage, un baril qui s’installerait durablement à plus de 70 voire 80 dollars semble suicidaire et peu crédible pour nos économies développées.
Toutefois, d’un autre côté, les facteurs techniques me font penser que le mouvement de hausse pourrait se poursuivre à court terme. Après tout, ce ne serait pas la première fois que le marché ferait preuve d’irrationalité. L’actuel rebond des marchés actions alors que l’on observe parallèlement une pentification massive de la courbe des taux en est l’exemple le plus frappant. Parenthèse refermée.
Premièrement, le rally du pétrole est concomitant à la chute du dollar et il manque selon moi une jambe de baisse sur le billet vert, comme je vous l’indiquais dans le brief matinal de jeudi. Ensuite, plusieurs indices énergétiques ont validé des figures de retournement classiques (double creux, sortie de canal horizontal) qui appellent à une reprise de la hausse dans les jours qui viennent. Bref, il me semble encore un peu tôt pour enterrer à nouveau le pétrole. Tant que ces éléments techniques ne sont pas invalidés, je conserve un biais haussier."
A noter également, les prévisions de Goldman Sachs, qui relève pour 2009 ses anticipations de cours pour le brut de 65 $ à 85 $. Et à 95 $ en moyenne pour 2010.
Enfin, le rebond du dollar contre l’euro entamé vendredi ne manque pas de faire pression sur les indices — le CAC perd 2% au moment où je vous écris -, sur l’or et sur le brut, qui revient en ce moment à l’instant à 67,50 $ le WTI.

