Enfin !
Le PCC a enfin décidé d’ouvrir les vannes de l’argent facile
Ce n’est pas faute de l’avoir annoncé depuis plusieurs semaines. Le gouvernement chinois a sans doute été inquiété par les prévisions inquiétantes du FMI. Rappelez-vous, l’institution de Washington a averti il y a deux semaines qu’une accélération de la récession en Europe pourrait faire tomber à 4,25% la croissance chinoise.
Le chiffre a probablement donné des sueurs froides au président chinois Hu Jintao. Rien qu’avec une croissance de 8,9%, les émeutes se sont multipliées dans les provinces. Alors 4%, vous pensez…
La Banque centrale chinoise a donc abaissé le taux de réserves obligatoires des banques chinoises. Cette baisse de 50 points de base pourrait injecter 63 milliards de dollars dans le système financier selon l’Australian & New Zealand Banking Group.
Au passage, on remarquera que la banque UBS justifie ce mouvement par une baisse des prêts interbancaires. Comme en Europe. La Chine se dirigerait donc vers une crise de liquidité, pas forcément de solvabilité. Ce scénario serait plutôt encourageant pour la suite, tant Pékin a encore les moyens de fluidifier les échanges.
D’ailleurs, d’autres mouvements d’assouplissements sont à attendre selon plusieurs sources.
Ce que l’on peut d’ores et déjà prévoir, c’est qu’un effondrement des prix du cuivre est évité. En effet, le secteur de la construction va être soutenu par ce mouvement.
Mais en attendant que les importations de métaux reprennent, les cours des métaux ont accéléré leur chute. Les atermoiements des banquiers et des gouvernements autour de la crise grecque n’en finissent plus de s’éterniser. Tout indique que l’Europe n’a pas fini, elle, d’atterrir. Les matières reflètent donc cette inquiétude.
Pour l’instant, les matières trouvent leur salut dans les matières agricoles, seul secteur à avoir amorcé une reprise à la hausse.
Le cuivre freiné dans sa chute par le PCC
Le cuivre continue son recul. Le métal rouge vient de toucher un plus bas depuis trois semaines, proche des 8 300 $ la tonne. En cause, les tensions récurrentes sur la dette grecque.
Le ralentissement des importations chinoises, pourtant prévisible, a également pesé sur les cours. Sa faible baisse, de 2,57% contre plus de 6% pour le plomb ou le nickel, reflète pourtant sa bonne résistance. L’annonce d’un assouplissement de la liquidité en Chine a fait son travail.
Un passage en dessous des 8 000 $ dans les jours à venir reste possible.
L’étain sauve également les meubles. Malgré le petit repli cette semaine de 2,46%, le métal reste positif de 26% sur l’année. La faiblesse des stocks et l’ouverture d’une bourse de l’étain en Indonésie devraient soutenir encore longtemps les cours.
Les métaux corrigent
La baisse du LMEX, la bourse des métaux à Londres, témoigne pourtant bien du décrochage des métaux. Elle affiche une baisse de 4% sur la semaine. L’aluminium s’inscrit dans cette tendance de la montée de l’inquiétude autour de l’imbroglio grec. Le métal accuse une baisse de 4,07% sur la semaine. Toutefois la hausse du prix du baril devrait éviter que les prix ne s’effondrent, l’aluminium étant très énergivore lors de sa production.
La baisse du zinc, du nickel et du plomb, tous au-dessus des -6%, indique une forte inquiétude, notamment dans le secteur des biens de consommation.
Les métaux haussiers sur le long terme
C’est pour une fois la bourse des métaux qui est apparue sur le devant de la scène cette semaine, alors que les deux bourses Nyse Euronext et CME ont annoncé une offre d’achat sur le LME, la bourse des métaux de Londres.
C’est un nouveau mouvement de concentration dans l’industrie des places financières, et un nouveau témoignage de la confiance des investisseurs dans l’accroissement attendu des marchés des métaux. En attendant, l’indice des métaux du “Ring”, le surnom du LME, accuse une baisse de quasiment 6% sur la semaine.
Le boisseau au plus haut
Le soja retrouve de l’allant, avec une hausse de 2,26% sur la semaine. Le marché est fondamentalement tendu. D’ailleurs, Standard Chartered vient de rappeler une nouvelle fois ses positions haussières sur le marché. En cause, toujours la réduction de la production en Amérique du Sud.
Sur le marché du maïs, les agriculteurs américains ont annoncé un record de surface semée. Cependant, le marché devrait rester encore orienté à la hausse plusieurs mois tant la demande reste forte. La hausse de 0,79% en dépit de l’annonce sur les surfaces témoigne de cette résistance.
Surtout, le marché devrait être maintenu par la résistance de la production d’éthanol, alors que la production a étonnement progressé depuis un mois.
De manière générale, les marchés agricoles sont en hausse. C’est le cas de l’orge ou du colza.
Les métaux précieux consolident
Pour la deuxième semaine d’affilée, le platine et le palladium défient les lois de la gravité. Alors que les métaux, industriels et précieux, ont connu une baisse cette semaine, le platine n’enregistre qu’un modeste -1,15%. La grève dans l’importante mine de platine de Rustenburg en Afrique du Sud continue de soutenir les cours.
L’or a pu refaire une partie de son retard médiatique sur le platine cette semaine, alors que les achats d’or des banques centrales ont atteint les 440 tonnes en 2011. Le métal est donc le seul de son secteur à afficher des performances positives, quoique proche de l’équilibre, avec une hausse de 0,06%.
A plus long terme, la banque Barclays a analysé que les facteurs macroéconomiques étaient positifs pour l’or, avec un QE3 qui se profile, et des difficultés supplémentaires sur le dossier grec.
Le pétrole objet de tous les dangers
La capacité à remplacer les volumes de pétrole importés d’Iran a été au coeur des débats cette semaine en Europe. Alors que l’Arabie Saoudite a affirmé haut et fort qu’elle disposait des capacités nécessaires, les marchés n’ont pas semblé lui faire confiance, puisque le Brent a touché les 120 $. Le WTI a également été affecté, avec une hausse de 5,66% sur la semaine.
Ensuite, le conflit entre le Soudan Sud et le Soudan au nord, bien qu’en voie de résolution, aura finalement prélevé sur les marchés 2,4 millions de barils. Les prix du Brent ont également été portés par ces nouvelles tensions dans la corne de l’Afrique.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 10/02/2012 |
Vendredi 17/02/2012 |
Variation hebdomadaire |
| Aluminium | 2 258 | 2 166 | -4,07% |
| Cuivre* | 8 605 | 8 384 | -2,57% |
| Plomb* | 2 190 | 2 054 | -6,21% |
| Nickel* | 21 100 | 19 825 | -6,04% |
| Etain | 25 450 | 24 825 | -2,46% |
| Zinc* | 2 123 | 1 984 | -6,55% |
| Acier (Méditerranéen) * | 500 | 469,5 | -6,10% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
99,65 | 105,29 | 5,66% |
| Or (spot Comex) | 1 722 | 1 723 | 0,06% |
| Argent spot Comex) | 33,59 | 33,28 | -0,92% |
| Platine (spot Comex) | 1 652 | 1 633 | -1,15% |
| Palladium (spot Comex) | 699 | 684 | -2,15% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,37 | 6,45 | 1,26% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,36 | 6,41 | 0,79% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
12,39 | 12,67 | 2,26% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois


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