Décrochage de l’or de 1 780 $ l’once (début mars), sous les 1 620 $…
Retour en force du franc suisse avec un EURCHF qui casse le seuil plancher des 1,20 instauré par la Banque nationale suisse. Va-t-elle faire tourner sa planche à billets pour calmer les ardeurs de son franc ? Suspens…
Le Bund allemand à 10 ans s’écrase à 1,7% et les spreads s’affolent : 120 points de base d’écart avec la France et 400 avec l’Espagne
Les indices virent au rouge… l’élastique des marchés tendu au max a lâché.
Chassez le naturel, il revient au galop
On aura beau vous dire que la crise est finie, cher investisseur, nous n’y sommes point. Elle pourrait même être devant nous :
- Le système bancaire régional espagnol est une véritable nouvelle Grèce en puissance…
- Et je sens comme une “effrayante prise de conscience” par les marchés financiers du caractère “mauvais élève qui n’en fait qu’à sa tête” de la maison France.
Pas bon… parce que cela fait de nous une cible. Les marchés nous prêtent 800 millions d’euros par jour. S’ils ferment le robinet du cash du jour au lendemain, les retraites et fonctionnaires ne sont pas payés à la fin du mois…
Osons voir les choses en face
Osons… c’est probablement ce qui manque le plus à la France aujourd’hui…
Une attaque des marchés contre la France nous obligerait à faire “le sale boulot”. Le prochain président serait alors dans la très inconfortable situation de “faire du Monti, du Rajoy et du Schröder”. Par la force des choses.
Pourquoi échapperions-nous au sens de l’Histoire ? Je vous le demande. L’exception culturelle française n’ira probablement pas jusque-là. Autant en avoir conscience et s’y préparer.
En attendant, nos politiques préfèrent nous vendre du rêve… c’est plus vendeur.
Comment sauver l’Etat providence ? Au moins en partie ?
“Emprunter pour redistribuer” n’est plus possible.
Dorénavant il va nous falloir “créer, pour redistribuer”.
Peut-être devrions alors avoir une vision long terme sur “comment créer à nouveau de la croissance” en France ? Sur ce point : encéphalogramme plat de nos présidentiables.
Ne devrions-nous pas tenter d’attirer vers nous les investissements, le capital et les entrepreneurs (excusez le politiquement incorrect…) ? Avec nos chercheurs, ne seraient-ils pas capables tous ensemble de créer de la richesse que l’on pourrait redistribuer via notre Etat Providence ?
Créer, pour redistribuer ? N’est-ce pas cela le but ?
C’est possible semble nous dire l’Usine Nouvelle qui écrivait hier ”Un million d’emplois, 148 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 8% du PIB. Qui oserait encore douter du poids du numérique dans l’économie française ?”.
Vous entendez parler du numérique dans la campagne ?
Au risque de me prendre encore une bordée de mails incendiaires : l’Europe est faible, l’Europe se laisse marcher sur les pieds…
N’aurions-nous pas intérêt à construire une Europe forte et intégrée (excusez le mot) ? Capable de taper du point sur la table et de batailler ferme avec nos concurrents ? Capable de préserver NOS intérêts sociaux et économiques ? Notre modèle européen ?
J’ai du mal à croire que nous puissions nous en sortir tout seul dans notre coin… mais peut-être ai-je tort ?
Mais nous nous éloignons de ce dont je voulais vous parler aujourd’hui : l’or.
L’or en déperdition ? Fin de la relique barbare ?
Vendre l’or ou le garder au risque de perdre encore ?
QE3 ou pas QE3 ?
Que de questions…
Si nous prenions l’or pour ce qu’il est, et non pour ce que nous voudrions qu’il soit, nous nous épargnerions toutes ces questions.
L’or n’est pas un investissement dont l’objectif est de “gagner de l’argent”.
Si votre objectif est d’acheter l’or dans une optique de plus-value, vous n’êtes probablement pas sur la bonne voie. Là n’est pas sa vocation première.
Mais loin de moi l’idée de vous laisser tomber pour autant : voici quelques éléments purement graphique et technique :
Il se pourrait que nous rebondissions dans la zone des 1 550 $/1 600 $. Avec un retour dans la zone des 1 800 $.
Cours de l’once en US$
Si vous êtes toujours angoissé par la chute de l’or, je vous renvoie vers l’un de mes précédents articles qui devrait définitivement vous permettre de passer sereinement le week-end de Pâques
L’or est une assurance
Monnaie depuis des millénaires, pourquoi devrait-il en être autrement aujourd’hui pour l’or ?
Face à la guerre des monnaies :
- Considérez l’or comme une monnaie “physique” qu’on ne peut pas démultiplier à l’infini à coups de planche à billets ; et qu’on ne peut “artificiellement déprécier” au gré des aléas politiques.
- Considérez l’or comme un “flic des monnaies”. Il vire au vert quant on joue avec les monnaies papier. 10 ans qu’il nous envoie des signaux !
- Considérez l’or comme une assurance que vous voulez détenir pour vous protéger d’un système monétaire qui part en vrille. Un système dans lequel la seule solution pour “absorber l’insoutenable accumulation de dettes” est de déprécier la monnaie et de générer de l’inflation.
- Considérez-le comme une façon de “stocker de la valeur”. Même s’il ne rapporte RIEN.
Vu sous cet angle, il n’y a pas de raison de vendre votre or, malgré ses capricieuses variations.
C’est votre petite assurance. Elle a un coût et sert hedger votre capital contre la corrosion monétaire.
La seule raison qui vous poussera à vous en débarrasser sera la remontée des taux d’intérêt. Mais nous n’y sommes pas encore.
[NDLR : Tout ce que vous devez savoir sur l'or, son statut de valeur refuge "anti-inflation" et sur les moyens à votre disposition pour en tirer des plus-values spectaculaires est révélé dans ce message spécial de notre spécialiste...]
Et les minières ?
Pour finir, c’est vraiment le moment de s’intéresser aux minières aurifères et silver. Je vous renvoie à l’Edito de la semaine dernière pour en savoir plus.


Je veux vous réconforter, chère Isabelle.
J’adhère complètement à votre point de vue présenté dans la première partie de votre article.
Quant à la seconde, oui, il faut pour avoir conscience des fondamentaux, être parfois très résistant à la douleur.