Comme promis, je me penche une nouvelle fois sur le cas du yen japonais qui a connu, comme je l’anticipais dans mon article du 31 janvier 2012, une forte baisse.
Un déficit record
En janvier, le déficit a de nouveau atteint un record au Japon, approchant les 19 milliards de dollars.
La raison principale est l’arrêt des centrales nucléaires et l’explosion des importations de produits énergétiques, ainsi qu’une baisse des exportations. De leur côté, les usines japonaises peinent à reprendre le rythme d’avant la catastrophe.
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La Banque du Japon à la manoeuvre
Et comme je l’écrivais donc dans ma dernière analyse, la banque centrale est souvent votre meilleure alliée dans la bataille.
C’est ainsi que le 14 février dernier, la Banque du Japon a annoncé une extension de son programme de rachat d’actifs de 10 trillions de yens (10 000 milliards de yens… rien que ça !).
Cette somme, principalement dédiée à l’achat de dette gouvernementale, à pour objectif d’améliorer l’accès aux liquidités des entreprises et des particuliers par le prêt. L’objectif final étant bien évidemment de doper la croissance.
Il faut dire qu’avec des dépenses de ménages en chute libre (-2,3% en janvier en rythme annuel), le marché domestique ne parvient pas à compenser les pertes du commerce extérieur.
Le paradoxe japonais !
Ainsi, suite à cette décision qui porte désormais à 65 000 milliards de yens les sommes allouées à l’assouplissement monétaire (le déficit atteint à présent 230% du PIB), le yen s’est fortement replié.
Mais la clé de la croissance nippone est justement la valeur de sa monnaie.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la politique monétaire volontairement ultra-accommodante et l’état inquiétant des finances japonaises, permet au yen de reculer fortement. Ce repli permet ainsi de redonner de la compétitivité aux exportateurs japonais.
Cercle plus que vicieux, puisque les autorités nippones, pour conserver leur niveau d’exportations, sont presque condamnées à ne donner que des mauvaises nouvelles !!
Le pays, toujours en pleine déflation avec des prix en recul annuel de 0,3% à Tokyo en janvier, est désormais dans une impasse monétaire. Plus l’économie nipponne inquiète, plus le yen baisse et donc soutient l’activité japonaise… l’inverse est valable aussi !
Le yen recule, jusqu’où ?
Le yen index est au plus bas depuis janvier 2011.
Indice relatif du yen face aux autres devises - (mataf.net)
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Maintenant, le retour de l’appétit pour le risque est en route. J’en veux pour preuve la hausse du rendement des 10 ans américains, qui ont franchi un cap important à 2,3% hier. Cette hausse devrait ainsi continuer de peser sur la devise nipponne.
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Face à l’euro, mon objectif à 107,90 yens pour 1 euro a largement été franchi cette semaine, et la paire a touché un plus-haut à 109,90,
Après un pullback sur le support à 105,50, le rebond actuel vient tester 109,90.
En cas de rupture de cette zone, la paire devrait remonter jusqu’à 113,40, zone clé pour la tendance à moyen terme. (61,8% de retracement).
En attendant, le Japon n’est pas prêt d’effacer ses dettes…


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