Pas de répit pour l’or

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C’est la Chine qui a fait l’actualité cette semaine, permettant de compenser partiellement l’atonie sur les marchés occidentaux du fait des congés.

Ses résultats sont dans la ligne de la tendance amorcée depuis début mai. La fête du travail en Chine avait été gâchée par la publication de son indice manufacturier PMI, ressorti en retrait comparé aux attentes, à 50,6.
Le lendemain, c’est HSBC qui confirmait pratiquement ce chiffre en publiant son indice à 50,4. “La croissance ralentie du secteur manufacturier en avril confirme la fragilité de la reprise chinoise” analysait Qu Hongbin, économiste en chef chargé de la Chine chez HSBC.
La semaine dernière, ce fut au tour du secteur des services de décélérer, avec la publication d’un indice PMI des services en avril en baisse.
Enfin, la publication la même semaine des chiffres de l’inflation supérieurs aux attentes sur l’année ont montré que l’inflation devait rester un sujet préoccupant pour la Chine.

Ce fait a surtout eu pour conséquence de réduire la probabilité d’une baisse des taux de la Banque centrale de Chine pour relancer la demande.
Une relance est d’autant plus improbable que le problème de la dette locale inquiète de plus en plus les partenaires financiers de la Chine.
Ce problème faisait il n’y a pas si longtemps la Une du Financial Times.

Cette accumulation de mauvais chiffres aurait du peser sur les marchés, notamment des matières premières.
Pourtant il n’en a rien été. Les métaux industriels affichent tous un rebond, parfois net, sur la semaine.
Si les bons résultats des importations chinoises sont venus atténuer les mauvais indicateurs, il semble surtout que l’optimisme retrouvé sur les autres marchés suffit à compenser les doutes sur la Chine.
Depuis les bons chiffres de l’emploi US il y a deux semaines, les marchés sont plus que jamais confiants.
Les prévisions américaines d’ailleurs s’améliorent. Eric Leboucher rappelait vendredi dernier que le MIT a calculé que 14% des industriels américains avaient l’intention de relocaliser une partie de leur activité.
Mieux, l’Institut Aspen prévoit la création de 3.7 millions d’emplois industriels d’ici 2025.

Plus qu’une compensation, c’est le rattrapage chinois qui a été mis en cause cette semaine. Prévu pour 2016, certains think tanks anglo-saxons commencent à douter que le PIB chinois doublera le PIB US à cette date.
Par exemple, l’écart du salaire horaire exprimé en dollar, qui atteignait 17$ en 2006, ne devrait plus représenter que 7$ d’ici 2015.

C’est ce qui explique que cette semaine, l’or a continué de décevoir.

Conférence "A la recherche du rendement perdu"

La chute des métaux précieux

L’or est encore une fois la victime de la semaine. Les marchés pensaient que l’hémorragie allait pouvoir s’arrêter grâce à la reprise des achats en Inde et en Chine. Il n’en a rien été.
La conjugaison d’une faible inflation prévue aux Etats-Unis, du ralentissement chinois et de la persistance de la vente de stocks chinois font à nouveau perdre plus de 2% aux cours.
Le record des importations d’or en mars par la Chine, à 224 tonnes, n’aura eu qu’un effet limité sur la demande globale.

Cette semaine, elle s’est doublée d’une baisse des cours du platine. Les cours sont chahutés depuis quelques semaines depuis que l’Afrique du sud et la Russie se sont entendus pour gérer ensemble le marché des platinoïdes.
Ils sont à eux deux propriétaires de 80% des réserves de platine dans le monde.
Plus récemment, c’est Anglo American Platinum (Amplats), qui a inquiété les marchés en annonçant sa restructuration. Finalement, en annonçant une baisse de sa production à venir moins forte que prévue, la minière a contribué à détendre les cours.

Les métaux industriels résistent

La résistance des métaux cette semaine s’explique d’abord par la poursuite des achats à bon compte. C’est le cas du nickel, laminé ces dernières semaines, qui logiquement a rebondi au-dessus des 15 000$ la tonne.

Le seul fait marquant de la semaine concerne l’étain. Le métal est habitué à jouer au yoyo ces derniers mois depuis que l’Indonésie a décidé de faire monter en gamme son industrie.
Les cours étaient en berne depuis le début de l’année, les producteurs se dépêchant d’exporter avant que des nouvelles règles plus contraignantes ne viennent réguler le marché.
Ainsi les exportations ont augmenté de 20% sur le premier trimestre, soit un record sur cette période pour Macquarie.

En juin, les exportateurs devront exporter du minerai de meilleure qualité, notamment plus pauvre en plomb et en cadmium.
Cette régulation devrait avoir un impact fort sur les fonderies, qui ne seront pas toutes capables de s’adapter.
Ainsi l’étain reste un des métaux les plus haussiers selon les analystes de Barclays Plc ou de Morgan Stanley.
“L’étain est toujours notre favori” selon Gayle Berry, l’analyste vedette de Barclays.

De bonnes récoltes toujours en vue

Une nouvelle fois, l’agriculture se retrouve avec l’or en queue de peloton des matières cette semaine.
Malgré les inquiétudes observées la semaine dernière sur la mauvaise météo aux US, le blé et le maïs ont chuté.

Le boisseau de blé s’est rapproché des 7$ du fait d’une révision à la hausse des prévisions de récolte et de stocks mondiaux par l’USDA.

Les stocks en particulier devraient atteindre le record des 186.4 millions de tonnes en juin 2014, notamment grâce à la bonne tenue de la production de la Mer Noire.De plus, la forte récolte pourrait amener les exportateurs à casser les prix, ce qui accentuera la baisse des cours.

Le même phénomène se produit sur le maïs. L’USDA a revu à la hausse les stocks de maïs, les amenant à un plus haut depuis 13 ans. Les marchés s’attendent donc à une poursuite de la baisse.

Le pétrole stagne

Le pétrole affiche une légère baisse sur la semaine, malgré l’amélioration de la conjoncture économique aux US. Le renchérissement du dollar qui s’en est suivi a pesé sur les prix du baril, qui est redescendu vers les 95$.

L’annonce par l’OPEP d’une hausse de la production a également contribué à la baisse du baril.
Toutefois l’OPEP pourrait inverser son action dans les semaines à venir, l’Iran ayant protesté vigoureusement contre un maintien du baril sous les 100$ dollars.

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Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours

Cours à
3 mois
Vendredi
03 mai
2013

Vendredi
10 mai

2013

Variation
hebdomadaire

En $

En $

En %

Aluminium 1 861 1 874,5 0,73%
Cuivre* 7 150 7 376 3,16%
Plomb* 1 980 2 000 1,01%
Nickel* 14 965 15 370 2,71%
Etain 19 950 20 800 4,26%
Zinc* 1 855 1 868 0,70%
Acier* 150 165 10,00%
Pétrole light
(New York 1 mois)
96,09 95,11 -1,02%
Or (spot Comex) 1 472,7 1 432,6 -2,72%
Argent spot Comex) 24,16 23,62 -2,24%
Platine (spot Comex) 1 495 1 485 -0,67%
Palladium (spot Comex) 690 700 1,45%
Blé
(le boisseau sur le Cbot)
7,124 7,042 -1,15%
Maïs
(le boisseau sur le Cbot
6,486 6,386 -1,54%
Soja
(le boisseau sur le Cbot)
13,93 13,982 0,37%

*cours en $ la tonne sur le LME à trois mois

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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