Aujourd’hui, nous vous proposons ce qui pourrait bien être le trade gagnant de la décennie. A savoir le yuan, et à son inévitable hausse.
Politique monétaire et spéculation "font" le taux de change
Selon la loi de l’offre et de la demande, si un pays est en déficit vis-à-vis d’un autre, sa monnaie baisse relativement à ce dernier. Il doit acheter la monnaie de l’autre pour solder son déficit.
Voilà pour la théorie.
Dans la pratique depuis 1971, date de la flottabilité du dollar, la politique monétaire (taux d’intérêt) et la confiance des opérateurs jouent des rôles perturbateurs, mais majeurs. Sans quoi, nous saurions tous exactement que vaut, et, plus intéressant, que devrait valoir telle ou telle devise face à telle autre, en fonction des tendances des comptes courants tenus dans la devise en question.
Comme nous l’a, plus que jamais auparavant, montrée la crise financière de 2008 : la finance "fait" l’économie et non l’inverse !
Illustration par l’exemple :
Ainsi, le cours du yen face au dollar répond de plus en plus à l’évolution des écarts de taux d’intérêt entre les deux monnaies.
La hausse continue du yen depuis 2007 est principalement le reflet de la réduction de l’écart entre taux américains et japonais. Depuis le début de la crise financière, la Réserve fédérale a en effet porté ses taux directeurs au même niveau que ceux de la Banque du Japon.
Ainsi le yen est remonté vers ses records de 1995 alors même que l’économie japonaise est anémique !
Mais revenons à son "émergence"…
Yen versus dollar : +450% de hausse
En son temps, le yen est passé entre 1971 et 1995 (apogée de la Toute Puissance du "modèle japonais") de 360 yens pour un dollar à 80 yens pour un dollar.
Une plus-value de 450% en moins de 24 ans !
Ma retraite assurée…
Aujourd’hui, c’est au tour du yuan
A terme, la principale et la plus dynamique économie émergente du monde, à savoir la Chine, ne peut pas continuer à être le plus gros exportateur net de capitaux.
Le yuan en forte demande ne pourra indéfiniment être maintenu en l’état de sous-valorisation chronique par une Chine puisant dans ses réserves de change.
Entre 2006 et 2009, suite notamment aux pressions des Etats-Unis, le cours du yuan a ainsi déjà "progressé" de manière significative : de 1 dollar pour 8,07 yuans à 1 dollar pour 6,82 yuans ; et même à 6,68 en cette période de "guerre des changes".
La tendance haussière de fond est imparable.
Le yuan monte in-ex-o-ra-ble-ment
Sur un horizon à long terme, rien n’est plus sûr de vous rapporter des gains sans limite, que la hausse du yuan ; à l’image de ce que vous auriez pu empocher si vous aviez vécu la hausse du yen pendant 30 ans.
Plus vous investirez en Chine, plus vous "posséderez" de yuans, plus vous gagnerez d’argent (des euros pour nos lecteurs) !
Mais comment faire ?
Mon avis ?
Si comme la plupart d’entre nous, faute d’une "connexion chinoise", vous ne pouvez acheter des yuans massivement, choisissez de vous investir sur les bourses chinoises accessibles.
▪ L’immobilier à des prix farfelus n’est pas conseillé, sauf à connaître le marché local et pouvoir en dénicher les perles…
▪ Pour les Occidentaux, Hong Kong demeure la porte d’entrée vers la Chine.
Une des principales places de la planète, Hong Kong offre les garanties et la liquidité des bourses plus proches de nous.
L’indice Hang Seng de Hong Kong n’a cependant pas ma préférence : les grandes banques de la ville, plus internationales que chinoises, et l’immobilier représentent l’essentiel de la cotation exprimée en… dollars de Hong Kong. Le dollar hongkongais, devise solide s’il en est, ne profitera pas de la réévaluation du yuan à 100%.
Donc Hong Kong n’est pas le support de substitution qui nous permet de jouer la hausse de la monnaie chinoise.
Nous pouvons, en revanche, miser sur un indice des plus grandes entreprises chinoises
Je veux parler des mastodontes à l’échelle mondiale mais des pures entreprises chinoises : comprenez des entreprises d’Etat, protégées contre la faillite et autres désagréments légaux y compris dans leurs conquêtes des marchés outremer !
Véhicules d’investissement privilégiés par les investisseurs du monde entier (non chinois) pour jouer le yuan pour les uns, la croissance chinoise pour les autres, leurs cours s’envoleront avec l’appréciation de la monnaie, quand bien même leurs activités d’exportation pourraient en pâtir.
Faute de grives… nous ne pouvons trouver meilleur "placement yuan".
Je vais vous dire dans un instant comment procéder…
Un plan alternatif : les minières
Certains jouent les matières premières absorbées par l’économie chinoise comme plan alternatif. En effet, les minières d’Australie bénéficient de la voracité de la croissance chinoise.
Le dollar australien, la Bourse de Sydney et les grandes actions minières reflètent parfaitement cet avantage. Les défauts, là encore, viennent du risque de change supplémentaire entre dollar australien et euro, et le biais très fort sur le secteur minier. Mais on reste loin du pure play yuan ! Mais c’est toutefois une piste à ne pas négliger.
Il existe des moyens faciles de jouer les grands extracteurs de charbon et de fer, les deux ressources les plus exportées vers la Chine. Le leader mondial BHP Billiton coté dans le monde entier (BHPB) est LA meilleure solution sur ce créneau. Mais bien des investisseurs achètent des actions BHPB sans penser une seconde qu’ils achètent des yuans par délégation… et à raison, il faut l’admettre.
[NDLR : N'oubliez pas que les minières ont un potentiel de levier important sur les matières premières – ce qui veut dire un effet multiplicateur sur vos plus-values potentielles ! Simone Wapler les connaît bien, elle en recommande régulièrement dans sa lettre d'investissement : découvrez maintenant les détails de son service...]
L’action de BHP Billiton traduit sa performance propre. Performance issue du fruit de sa stratégie (excellente), de la tendance des matières premières, de la croissance chinoise ET… mondiale. Le yuan, certes, ne compte que comme variable d’ajustement parmi d’autres…
Soyez visionnaire
Même si à court terme la fermeté du pouvoir en Chine peut continuer à maintenir artificiellement le yuan sous l’eau, l’effet rattrapage du yuan est inévitable. Car l’enrichissement de la Chine depuis 15 ans est loin d’avoir eu un effet parallèle sur le yuan :
▪ L’indice Shanghai, indice majeur de l’économie chinoise (hors de notre portée, désolé), s’est multiplié par 10 entre 2002 et 2007 !
En 2002, Shanghai n’a pas connu le creux qu’ont subi les grandes places mondiales… Le niveau de l’indice dans les années qui ont précédé est plat : bulle internet et septembre 2001 n’ont eu aucun effet. L’avènement de la nouvelle Toute Puissance de la Chine n’était tout simplement pas encore d’actualité, et l’indice encore pas bien haut, CQFD.
Après le réveil de l’économie chinoise et de son indice boursier, c’est au tour du yuan se s’éveiller…
▪ Car dans le même temps, le yuan sous contrôle total des changes n’a gagné que 23%, crise d’octobre 2010 comprise !
Imaginez le rattrapage, simple potentiel arithmétique !
+600% sur l’indice, mais seulement +23% sur le yuan, le tout en 10 ans. C’est flagrant.
Alors pour profiter de la hausse potentiel du yuan (et de l’économie chinoise toute entière en parallèle !), achetez des trackers (GXC) répliquant l’indice BMI China (ticker=STBCCNU sur le NYSE), composé des 25 plus grandes capitalisations chinoises.
Reste à savoir quand le Parti communiste chinois nous obligera…

