Métaux stratégiques, des gains de 233% vous attendent !

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La Chine met le grappin sur les métaux stratégiques.

Vous vous inquiétiez de la concurrence chinoise dans le textile, l’automobile, l’informatique… ? Et bien tremblez maintenant devant le made in China du secteur minier ! La Chine est en train de progressivement réduire ses exportations de nombreux métaux.

Cela vous rappelle quelque chose ?

C’est exact, nous avons déjà eu un aperçu des ambitions de Pékin dans ce secteur avec les terres rares. Vous savez, cet ensemble de 17 métaux sans lesquels notre monde moderne s’effondrerait. Dès 2006, Pékin a commencé à couper ses exportations. Problème, Pékin produisait 95% des terres rares dans le monde. Ainsi, le prix des terres rares a progressé de 300% entre 2008 et 2011.

D’ailleurs, l’Edito Matières Premières & Devises avait très tôt tiré la sonnette d’alarme sur le cas des terres rares. Isabelle Mouilleseaux, dans un Rapport spécial sur les terres rares, avait ainsi recommandé d’investir dès 2009. Résultat : ses deux recommandations ont pris respectivement 233% et 130% !

Aujourd’hui, de nouvelles opportunités s’offrent à nous, car Pékin s’attaque à de nouveaux minerais. L’avantage que nous avons, c’est que nous connaissons son mode opératoire :

  1. Elimination de la concurrence pas les coûts
  2. Monopolisation de la production
  3. Baisse des quotas pour faire remonter les cours

Ces nouveaux métaux sont encore largement inconnus. Qui a déjà entendu parler de l’antimoine ? Attendez un peu, ça viendra. Et derrière l’antimoine perce déjà le tungstène ou encore le molybdène.

Au regard des gains exceptionnels réalisés sur les producteurs de terres rares, il est temps de regarder comment se placer sur ces nouveaux marchés.

Rappelez-vous, des gains de plus de 200%, ce n’est pas si fréquent…

L’antimoine, votre partenaire santé
L’antimoine est l’élément indispensable dans la production de produits ininflammables. C’est donc un métal essentiel dans tout ce qui va entourer notre sécurité et notre santé.

Ainsi on le trouve en quantité importante dans les jouets, les vêtements pour enfants, mais surtout dans l’industrie automobile et l’industrie aéronautique. Cette utilisation compte pour 50% de la consommation d’antimoine.

On retrouve également l’antimoine dans les batteries au plomb sous forme d’alliage. Et comme nous l’avons vu récemment ici, la demande de batteries au plomb est en train progressivement de relever la tête.

Enfin, l’antimoine est essentiel dans l’industrie des semi-conducteurs. Son approvisionnement est donc stratégique.

Le nom d’antimoine vient du grec anti + monos : “pas seul” (cet élément a toujours été trouvé avec d’autres métaux). Et effectivement, l’antimoine est de moins en moins seul. Le camp des métaux sur lesquels la Chine règne en maître ne cesse de s’agrandir.

Unis par les liens sacrés du tungstène
Le tungstène fait également partie de ces métaux.

Longtemps utilisé dans des instruments de cuisine, le tungstène n’a jamais eu de caractère stratégique.

Aujourd’hui pourtant, on le retrouve de plus en plus dans des industries de haute technologie. Il est notamment utilisé pour solidifier des alliages. Ainsi, il est devenu vital pour le marché des machines-outils. Sa résistance est également indispensable dans les activités de découpe.

Son usage augmente également sur des marchés plus simples.

Aussi étonnant que cela puisse être, offrir une bague en tungstène n’est plus forcément une cause de rupture. Mieux, le tungstène symbolise désormais les liens sacrés du mariage. De plus en plus de bagues de mariage sont réalisées en tungstène.

Turbulences à venir sur 31 métaux
Ces métaux ne sont qu’un exemple.

Dans une étude réalisée en fin d’année dernière par le British Geological Society ici (BCG), sur 52 métaux, 31 pourraient connaître des problèmes d’approvisionnement. Le risque ne tient pas tant à l’épuisement des ressources qu’à la baisse de leur production.

Sur les 52 métaux étudiés par le BGC, la Chine était la première productrice pour 28 d’entre eux.

La Chine est devenue la mine du monde
Il faut reconnaître à Pékin le souci de la cohérence.

Pour assurer son rôle d’”usine du monde”, la Chine s’est très vite positionnée en conséquence : elle a tout simplement fait main basse sur plus de la moitié des métaux stratégiques du monde.

Ce graphique permet de se rendre compte de l’omniprésence de la Chine sur le secteur :

L'Edito Matières Premières & Devises

Nombre de fois où le pays est le premier producteur mondial, sur 52 éléments - BGS

Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Et comme avec les terres rares, Pékin réduit ses quotas d’exportations de minerais chaque année.

Ainsi la Chine aurait l’intention de réduire de 2% ses quotas de tungstène et de 5% pour l’étain en 2012. En 2011, les quotas d’antimoine ont déjà baissé, ainsi que de ceux de molybdène et d’indium.

Pour être clair, Pékin ne se comporte pas moins bien que n’importe quel pays producteur de minerai. La seule différence que je vois entre la Zambie et la Chine, c’est que la Chine a besoin de ce dont elle produit. Il est donc normal qu’elle privilégie d’abord son industrie.

Par contre, la conséquence pour nous risque d’être douloureuse : il faut se préparer à une forte hausse des prix.

Mon conseil
Comme dans le cas des terres rares, la solution viendra de la mise en exploitation de nouvelles ressources. Aujourd’hui même, le groupe Deutsche Rohstoff vient d’annoncer le développement d’un gisement de terres rares en Allemagne, dans l’Etat de la Saxe. Cet exemple doit nous rassurer : les ressources en minerais existent.

Le problème, c’est que l’exploration de nouveaux territoires prendra du temps. Rappelez-vous : si l’omnipotence de la Chine sur les terres rares est connue depuis le début des années 2000, Pékin a encore produit 95% de la production en 2011.

Ainsi cette situation va créer des opportunités pour les minières pure player de ces métaux stratégiques. C’est là que les investissements pourraient bientôt exploser.

Une autre façon de profiter de la capacité de Pékin est d’investir directement sur les équipementiers de l’industrie minière. Ce secteur est encore largement inconnu, mais connaît actuellement une forte concurrence.

La semaine prochaine, l’Edito Matières Premières & Devises se penchera plus en avant sur ce secteur.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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    01 mar 20124:52

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