Les signaux du retour de l’inflation abondent…
… autour de vous et dans votre vie quotidienne, dans votre verre et votre assiette…
La viande de boeuf et le jus d’orange pourraient bientôt devenir de véritables produits de luxe. L’ensemble des matières premières prend l’ascenseur.
Et comme j’ai l’habitude de vous le répéter dans notre Edito Matières Premières : votre seule parade provient de l’une d’entre elles : l’or.
Difficile de trouver symbole plus parlant
Notre bonne vieille baguette va coûter 4 à 5 centimes d’euros de plus en ce mois de février. L’augmentation du prix du blé n’est plus tenable et les 33 000 boulangeries françaises vont probablement répercuter sur leurs clients la prochaine vague de hausse. Laquelle interviendra de toute évidence dès ce mois. Les 23 millions de baguettes consommées chaque jour dans l’Hexagone seront plus chères à la caisse.
Si le trésor national français est menacé, c’est bien sûr à l’étranger qu’il faut rechercher les responsabilités. Sécheresse en Russie, inondations au Canada et en Australie ont quasiment multiplié par deux les cours mondiaux du blé au cours des douze derniers mois, à plus de 250 euros la tonne pour livraison en mars.
Chaque augmentation de 30 euros de la tonne de blé augmente d’environ un centime le prix d’une baguette de 250 grammes. Si bien que le doublement du prix en un an justifie un relèvement de quatre centimes.
Jus d’orange : +80% de hausse encore à prévoir
Les jus d’orange et de pomme ont eux aussi commencé à augmenter sous l’effet combiné d’une hausse de la demande en Asie et d’une série de mauvaises récoltes autour du monde, de la Floride à la Chine.
Les cours devraient bondir encore de 80% pour le jus d’orange et de 60% pour celui de pomme cette année.
Blé, soja, maïs : déjà +45%, +50% et +35% en 2010. Et ça continue…
Pour 2010, les prix du blé, du maïs et du soja utilisés pour l’alimentation animale ont bondi respectivement de 45%, 50% et 35%.
Conséquence logique : la viande de boeuf a atteint un record à la Bourse de Chicago mi-janvier, à 1,10 dollar la livre, après avoir progressé de 25% en un an. La hausse a déjà envahi les assiettes : en décembre, le prix du boeuf a augmenté de 6,1% sur un an, selon les chiffres du ministère américain de l’Agriculture.
L’agroalimentaire encaisse
La conséquence de ces augmentations de cours se voit également dans les résultats des entreprises de l’agroalimentaire. Ainsi, Kellogg a révélé un chiffre d’affaires en recul de 4% et un bénéfice en baisse de 6% lors du troisième trimestre. Le spécialiste des céréales est le perdant de la guerre des prix que se livrent les géants du marché depuis l’été aux Etats-Unis. Impossible pour lui de répercuter la hausse des coûts des matières premières…
ConAgra accuse une baisse de 16% de son chiffre d’affaires et augmente ses prix face au renchérissement des matières premières et aux “nouveaux comportements des consommateurs qui ne font plus de stocks lorsqu’ils se rendent au supermarché”.
Entre 2000 et 2010…
Quelques statistiques bien difficiles à avaler. Entre 2000 et 2010, la baguette de pain a augmenté de 30%, l’espresso au bistrot de 25%, la viande de 30% et le Nutella, de pratiquement 100% !
Je pourrais également citer le gazole (+30%), l’électricité (+55%) et le gaz (+65%). Globalement, les prix ont augmenté de 19,7% en France entre le 1er janvier 2000 et le 1er juin 2010. Oui mais, répond le gouvernement, les revenus des ménages ont avancé de 21%, ce qui signifie que le pouvoir d’achat a augmenté.
J’ajouterai deux bémols
▪ Les revenus des 3% de Français les plus aisés se sont envolés de 65% durant la décennie 2000 (et l’écart avec le reste de la population va encore s’accroître à mon avis).
▪ Et les prix de l’alimentation vont encore progresser de 50% au cours des 10 prochaines années, selon une étude de l’université d’Oxford.
Et cela, c’est sans compter que la qualité de la camelote, qui est parfois vendue aux consommateurs, a tendance à s’effondrer ; Pierre Jovanovic, un représentant en produits frais qui “travaille avec les requins de la grande distribution”, expliquait (sur son blog quotidien.com) comment votre saumon fumé reçoit désormais une triple injection d’eau salée, pour vous faire payer le prix de l’eau salée au tarif du saumon fumé.
La parade à ce déprimant catalogue de mauvaises nouvelles ?
Achetez de l’or.
Mais attention : pas des lingots fourrés au tungstène ni piqués à l’eau salée, mais bien des bons petits lingots d’or pur, que vous stockerez hors du système bankster, pardon je veux dire bancaire.
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