Le dollar vogue, vague et divague…
Il y a un an, l’euro campait à des sommets record et nous donnait le vertige. Avec un pic à 1,6038 dollar en juillet 2008, nos braves et vaillantes sociétés exportatrices, exsangues, criaient au carnage, mais rien n’y faisait.
Lorsque soudainement…
La parité décroche avec une violence impressionnante. En quelques semaines, l’euro/dollar passe de 1,6038 à 1,2328 fin octobre.
Une dégringolade de 30% en trois mois.
3 710 pips partis en fumée en un temps éclair…
On reprend les mêmes et on recommence
Marche arrière toute… Notre euro reprend de la vigueur et semble vouloir mettre à nouveau K.-O. le dollar. De 1,2328 $, voici notre monnaie unique revenue à 1,4840 il y a quelques jours. Une hausse de +20%.
2 512 pips regagnés pour les initiés.
Face à ce va-et-vient permanent, il y a de quoi y perdre son latin.
Et on est surtout en droit de se demander ce qui fait courir le dollar…
Il y a le camp des "fiers" de l’euro
Pour eux, l’euro fort est un signe d’une confiance inconditionnelle des investisseurs dans la Monnaie unique et dans la capacité de la Banque centrale européenne à mener d’une main de maître la trajectoire de l’euro, en harmonie avec la croissance économique de la Zone euro.
Alors pour être tout à fait franche avec vous, je n’y crois pas du tout !
Je ne crois pas en la force intrinsèque de l’euro. Ni en la confiance des investisseurs de la planète en notre euro. Peur eux, euro et Europe rimeraient plutôt avec cacophonie qu’avec cohérence et confiance.
Si l’euro monte, c’est à mon humble avis que le dollar baisse
Un effet purement mécanique en somme…
Et pourquoi baisse-t-il ?
Bien sûr ! Vous avez raison. Il y a cet insupportable surendettement qui pèse
La dette américaine a franchi il y a un an le cap des 10 000 milliards de dollars. Et cette dette croît plus vite que je n’arrive à compter…
Dans les tous premiers mois de 2009, elle avait déjà augmenté de un milliard de dollars. Et on s’attend à ce qu’elle atteigne 14 milliards de dollars fin 2009. 100% de la richesse annuellement produite par le pays (PIB) !
Alors forcément, le dollar est lesté d’un boulet de plomb plus qu’encombrant.
Oui, mais voilà. C’est un peu pareil en Zone euro…
Nous en sommes au même point. Notre euro est tout aussi lesté. Ce qui veut dire que la dette n’est pas l’élément différenciant. Les deux monnaies sont plombées et se déprécieront main dans la main. Inflation au poing.
Il y a autre chose qui "drive" le dollar.
Le grand jeu l’aversion au risque commence…
Avec des taux d’intérêt au ras des pâquerettes, le calcul est vite fait.
** Le soleil brille sur l’économie ?
L’aversion au risque disparaît ! Alors vite, on s’endette pour presque rien (taux faibles) en dollars. Dès qu’on a l’argent en poche on s’empresse de vendre les dollars — ce qui fait chuter le cours du billet vert - pour acheter des actifs à risque qui ont le vent en poupe : des actions de Paris à Shanghai en passant par la Bovespa, des monnaies matières… bref tout ce qui brille dans les yeux des investisseurs et spéculateurs, et dont le cours s’envole.
Mécaniquement, l’euro (entre autres) en profite.
** Les nuages arrivent et l’orage menace ?
Retour en force de l’aversion au risque !
L’argent quitte les actifs à risque pour se réfugier dans le dollar, considéré comme "havre absolu de paix" !
Acheter des bonds du Trésor américain qui ne rapportent rien devient LA solution. Tout le monde en veut. On se l’arrache. Alors notre dollar remonte sans y être pour quoi que ce soit…et notre euro dérape…

