Cherchez le brut ailleurs…
Le Moyen-Orient va rester dans une situation de crise latente dans les prochaines années. Les lignes bougent. Tensions politiques et sociales, conflits religieux, guerres des ressources, il va être de plus en plus risqué d’investir dans ce pétrole. Il faut investir ailleurs.
- Nous pouvons nous tourner vers des pays plus calmes, comme le Canada.
- Nous pouvons aussi décider d’investir dans un autre secteur de la production pétrolière : l’offshore ! Car les couches de sédiments sur la terre ferme ont pratiquement toutes été tournées et retournées. Plus aucun gisement majeuronshore n’a été découvert depuis les gisements azéris et kazakhs dans les années 90.
Aujourd’hui, l’avenir est résolument en haute mer. En investissant sur ce secteur, vous profiterez de la hausse des cours du pétrole tout en restant à l’écart des conflits/sabotages/révolutions/risques de nationalisation de la productiononshore.
Les pays arabes piétinent
Je vous ai parlé de la menace que fait peser l’Iran sur le Golfe. Mais les producteurs historiques connaissent aussi des problèmes internes.
1. En Irak, la production de pétrole est encore inférieure à celle de l’époque de Saddam Hussein. Et la situation sera lente à s’améliorer. Ces derniers mois, l’Etat a vu une succession de manifestations dans l’industrie pétrolière. Il a donc réagi en promettant un effort plus particulier dans les infrastructures électriques et dans l’accès aux produits de première nécessité.
Le message des manifestants était clair : le peuple d’abord, le pétrole ensuite.
2. Au Yémen, la contestation politique a un impact chaque jour plus grand sur la production de pétrole. Les compagnies pétrolières se désengagent progressivement du pays. Résultat, la production initiale de 300 000 barils a commencé à baisser.
3. Enfin, l’Arabie Saoudite est de plus en plus sous les feux des projecteurs. Si aucun mouvement social de grande ampleur n’a été constaté pour l’instant, les révoltes arabes pourraient déstabiliser indirectement le royaume.
Les clients de l’Arabie Saoudite découvrent actuellement que le pays a de grandes difficultés à compenser la production libyenne. Une enquête plus poussée pourrait révéler l’état réel des ressources saoudiennes.
[NDLR : Plus rien ne sera comme avant dans cette région du monde... pour comprendre l'impact des révolutions arabes sur le cours des matières premières - et vous positionner au meilleur moment sur les valeurs stratégiques : il suffit de découvrir le message spécial d'Isabelle Mouilleseaux...]
Le pétrole se raréfie sur la terre ferme
Les dernières ressources pétrolières onshore identifiées sont lointaines et difficiles à extraire. Elles se situent en Sibérie, en Afrique centrale ou encore en Arctique. Et encore les volumes restent relativement faibles.
En 2009, les découvertes onshore se montaient à 20 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP). Elles étaient de 360 millions de TEP pour l’offshore !
L’offshore, la planche de salut de l’industrie pétrolière
Les derniers gisements onshore dits “géants” datent des années 90. Depuis, aucune découverte majeure n’a été révélé. Alors pour reconstituer leurs réserves, les majors ont été obligées de repousser les frontières physiques. Elles se sont toutes engagées être baissées dans l’offshore.
Le golfe de Guinée, le littoral brésilien et angolais sont ainsi devenus les nouvelles frontières de l’exploration pétrolière.
Les investissements offshore explosent
Par conséquent, les majors cassent leur tirelire pour l’offshore, et notamment l’offshore “très profond” où les ressources sont les plus prometteuses.
Plus le puits est profond, plus les investissements sont lourds. C’est pourquoi les investissements envisagés pour les cinq années à venir sont colossaux. Et plus le coût de production est important, plus le prix du baril extrait est cher, nécessitant des cours élevés.
Entre 2011 et 2015, les investissements devraient être portés à 459 milliards de dollars. C’est une augmentation de 52% comparé aux cinq années précédentes !
Les majors et les compagnies nationales boostent le secteur
Les majors devraient consacrer 80 milliards à l’exploration et la production. Mais ce sont surtout les compagnies étatiques des pays émergents qui feront la santé du secteur.
- A lui seul, le brésilien Petrobras a prévu un budget dans l’amont de 28 milliards de dollars.
- Le mexicain Pemex a prévu 19 milliards de dollars.
- Les chinois PetroChina et CNOOC ont prévu respectivement des dépenses de 26 et de 151 milliards de dollars !
Le développement des compagnies pétrolières nationales est une opportunité pour les parapétroliers. Car si ces compagnies nationales ont derrière elles des Etats puissants et riches, elles possèdent rarement les technologies les plus modernes. C’est là qu’entre en jeu de belles pépites bien placées.
Investissez sur les mécanos des mers
Mon conseil est simple : les sociétés d’ingénierie et de services pour l’industrie pétrolière offshore ont un grand avenir. Faites leur une place dans notre portefeuille.
Pour orienter votre investissement, je vous conseillerais de bien repérer les zones géographiques clés.
La présence des parapétrolières sur les lieux les plus prometteurs de l’offshorevous assurera un positionnement idéal sur ce secteur.
J’en ai repéré deux zones pour vous :
- L’Australie. La demande asiatique a placé l’Australie au centre des campagnes d’exploration internationales. Ses réserves gazières offshoresont particulièrement convoitées.
- L’Amérique du Sud. Après la catastrophe du puits de Macondo, les réserves du presalt brésilien devraient bientôt s’imposer comme un bon substitut au golfe du Mexique.


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