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L’inflation : un processus qui redistribue la richesse. La vôtre comprise

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Non, le contango n’est pas une nouvelle danse à la mode en provenance d’Argentine ou d’Uruguay. Un “contango” sur les marchés financiers détermine une situation où les prix à termes sont inférieurs au prix spot, c’est-à-dire du jour même.

Certes, dans le mot contango, il y a “tango”; oui, mais pas seulement. C’est une danse idiote, estiment les marchés, qui ont placé l’argent métal dans la situation inverse – en backwardation.

Pourquoi ? Car la Banque des règlements internationaux (BRI) nous fait le coup de l’élastique et veut provoquer une dépression hyperinflationniste ; pour se protéger, la Chine achète tout l’or qu’elle peut accumuler. Tout investisseur sensé ferait bien de l’imiter.

Il arrive à un idiot d’avancer, mais seulement à reculons, disait Frédéric Dard ; bon d’accord, San-A n’avait pas usé du terme “idiot”, mais d’un synonyme débutant par la troisième lettre de l’alphabet.

Sur les marchés, c’est un peu la même chose. On dit qu’un actif est en situation de contango lorsque son cours au comptant est inférieur à son prix futur.

Contango vs. backwardation
L’investisseur a intérêt à acheter cet actif aujourd’hui, pour le stocker et le revendre plus cher à l’avenir, du moins si l’actif ne se déprécie pas (comme un fruit qui pourrirait) et si le stockage ne coûte pas trop cher. Or le marché de l’argent métal se trouve aujourd’hui dans la situation inverse – il faut payer davantage pour une livraison immédiate que pour une livraison future.

Deux lectures sont possibles :

  • Soit certains investisseurs prévoient que le cours reculera à l’avenir.

  • Soit il existe actuellement une pénurie de silver (j’utilise ce terme parce qu’”argent” a plusieurs significations en français).

  • Et comme les deux situations ne sont pas mutuellement exclusives, il est possible que ces deux propositions soient correctes.

La BRI veut lutter contre le gel du marché interbancaire…
A priori, cette situation est contre-intuitive : la production d’argent progresse lentement.

En tout cas moins vite que la demande, ce qui devrait pousser les prix futurs à la hausse. Si l’inverse se produit, c’est que beaucoup de monde cherche à acheter des métaux précieux maintenant. Pas pour jouer la hausse des cours – le monde serait trop beau —, mais pour se protéger contre l’hyperinflation qui se profile.

C’est que la BRI nous fait le coup de l’élastique. Mi-décembre, la Banque des règlements internationaux a expliqué qu’avec le gel du marché interbancaire, les autorités publiques devaient prendre le relais et prêter aux banques “de manière élastique”, c’est-à-dire en s’adaptant à la demande, en gros.

Seulement, on peut avoir l’impression que la BRI gonfle et surgonfle la taille de cette demande. Personne ne sait de combien de liquidités les banques internationales ont besoin pour continuer à prêter aux entreprises, ou plutôt pour ne pas faire faillite ; leurs grands patrons n’en ont probablement pas la moindre idée. La BRI non plus, d’ailleurs.

en déclenchant une vague d’hyperinflation
Il n’empêche que cette association des banques centrales rabâche que les besoins de liquidité sont gigantesques et qu’il faut faire tourner les planches à billets à plein régime.

Pourquoi ? Peut-être qu’elle a un projet furtif.

En imprimant de la monnaie à marche forcée, la BRI veut encourager une dépression hyperinflationniste, estiment certains commentateurs. Dans l’histoire, aucun institut d’émission n’a jamais réussi à retirer les liquidités insufflées sur les marchés sans créer de l’inflation ; cette fois, vu l’ampleur de la création monétaire, on pourrait se diriger tout droit vers une hyperinflation carabinée, dès que la vélocité de l’argent rebondira.

L’hyperinflation détruit les monnaies et éradique la croissance
Comme le résume l’économiste Murray Rothbard, “l’hyperinflation conduit au chômage et à la baisse du niveau de vie, puisque les agents économiques ne sont pas encouragés à travailler lorsque leur revenu perd de la valeur chaque heure“.

En imprimant de la monnaie, la confrérie des banques centrales prépare la dépression de demain ; je suis obligé d’écrire confrérie, car “imbécilefrairie” n’est pas encore dans le dictionnaire. Une bonne vieille dépression hyperinflationniste reste le meilleur moyen de mettre l’ensemble des économies à genoux, puis de se positionner en sauveur avec une recette qui va tout arranger : un gouvernement globalisé.

Le club des banquiers centraux a une folle envie de se déguiser en super-héros ; ils pourraient bientôt annoncer l’interdiction de détenir des métaux précieux, ou de se débarrasser de ses espèces pour les échanger contre des biens réels comme l’or ou le silver. En France c’est trop tard, c’est déjà interdit.

Les plus lucides sont déjà à la manoeuvre
Ceux qui savent ou qui se doutent de ce que la BRI mijote prennent leurs précautions : ils achètent autant d’or et de silver que possible.

En janvier, la Chine a importé 102 tonnes de métal jaune, selon le Hong Kong Census and Statistics Department (qui est une sorte d’INSEE local) ; en octobre, le pays en avait importé 86 tonnes seulement.

Sur l’année 2011, l’empire du Milieu en aurait acheté 490 tonnes, soit deux fois plus qu’en 2010, selon des analystes. La Banque populaire de Chine a clairement indiqué qu’elle était acheteuse : “aucun actif n’est sûr en ce moment, affirmait fin décembre son directeur Zhang Jianhua. Le seul moyen de se protéger contre le risque est de détenir de l’or”.

Le récent recul du prix du métal jaune a fourni l’occasion d’en accumuler à bon compte ; sans oublier que les statistiques de l’INSEE chinois ne mentionnent que les importations et que la Chine est le premier producteur d’or au monde, ainsi que le cinquième plus important détenteur. Pour le moment.

Résultat : L’argent paie le prix de la célébrité
L’argent métal fait aussi les frais de ce besoin de protection ; tout le monde en cherche. Une autre preuve provient de la multiplication des faux lingots d’argent ; on connaissait les lingots d’or fourrés au tungstène, nous découvrons maintenant les lingots plaqués silver.

Etymologiquement, le tango correspondait à l’endroit “où le négrier parquait les esclaves avant l’embarquement” ; l’absence de contango sur le silver provoquera-t-elle la mise en esclavage des investisseurs trop naïfs ? Ceux-ci se dirigent-ils “plein sud, vers le triangle des Bermudes” des marchés financiers, comme dans la chanson Papa Tango Charlie de Mort Shuman ?

Quoi qu’il en soit, je propose, comme à mon habitude, de tirer un avantage de cette situation plutôt que d’en pâtir. L’inflation est un processus qui redistribue la richesse, qui quitte la poche des “pigeons” pour atterrir dans celle des initiés.

Pourquoi ne pas en profiter ?

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il a récemment fait une conférence sur les conséquences du risque inflationniste pour votre patrimoine, et comment vous en protéger. Pour en savoir plus, retrouvez-le sur www.dvd-inflation.com

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Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché"). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders", qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l'énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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