L’Indonésie est un pays émergent invisible. Invisible parce que trop gros pour que l’on puisse parler de “comète”, trop petit pour parler de “titan”.
Mais le pays a fait de cet entre-deux une force.
Le pays joue à la fois sur la valeur de ses exportations de charbon, en plein boom, et sur le potentiel de sa population gigantesque, de 240 millions d’habitants. Et c’est grâce à cette stratégie que le pays a réussi à se glisser dans le peloton de tête des pays émergents.
En attendant que la population indonésienne consomme autant que les populations chinoise ou indienne, je vous propose de nous pencher sur ses ressources en charbon.
Un marché intérieur encore jeune
A l’instar de ses homologues émergents, la forte croissance indonésienne a posé les jalons d’un marché pour les classes moyennes.
Les biens de consommation et les activités de services se développent actuellement dans tout le pays pour servir cette nouvelle classe de consommateurs.
Pour profiter de ce marché, les marchés internationaux ont commencé à déverser leurs investissements. 16,1 milliards de dollars ont été investis sur ce pays en 2010. C’est le double du montant de 2005, et le quadruple de 2000 !
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Le plus étonnant est que le marché est resté bien en dessous des performances des autres places financières de la région. Et ce malgré une hausse de 133% sur les deux dernières années.
Les marges de progression sont donc encore grandes.
Un pays qui manque de visibilité
Pourtant, le pays reste relativement peu présent dans les analyses des pays émergents. Bien sûr, ses performances ne sont pas aussi spectaculaires que celles de la Chine, moins exotiques que celles de l’Inde, et moins stables que celles de l’Australie.
Mais un autre facteur explique cette relative discrétion, la crise de 1997.
Le pays a été une des principales victimes de la crise. L’économie s’était rétractée de 13% et le secteur bancaire avait été dévasté par la crise. Le pays avait alors été obligé de faire défaut sur sa dette et d’accepter le joug du FMI.
Fauché dans son élan par la crise, l’Indonésie a perdu en quelques mois son statut de pays émergents. C’est pourquoi Jakarta est resté en dessous des radars traditionnels de la finance.
Aujourd’hui, cette relative discrétion est devenue un atout pour nous. Le pays possède un fort potentiel. En se positionnant rapidement, on pourrait profiter du décollage de cette autre grande puissance asiatique.
Jakarta s’est renforcée
Jakarta a changé depuis 1997. Sa capacité de résistance à la crise de 2008, la deuxième crise systémique en moins de 15 ans, a été saisissante.
En 2009, l’économie a crû de 4,5%, alors que nous, pauvres Occidentaux, expérimentions la récession !
Oui, cette fois, l’Indonésie a pu esquiver. Comme l’ensemble du continent asiatique d’ailleurs. Il n’y a pas de hasard. Les pays émergents ont expérimenté 10 ans auparavant une crise de solvabilité, et se sont protégés en conséquence.
La botte sécrète de Jakarta
En attendant que son marché intérieur prenne définitivement le relai de sa croissance, Jakarta joue une carte à fond : le charbon !
Le pays possède les quatrièmes ressources au monde de charbon thermique. Surtout, l’Indonésie est le premier exportateur de charbon thermique au monde.
Car non content de disposer d’immenses ressources, Jakarta a la chance d’être à quelques encablures des marchés les plus dynamiques du monde.
Sa production ne cesse donc pas d’augmenter. Entre 2009 et 2010, la production a augmenté de 14,8%, pour atteindre 265 millions de tonnes.
Une demande toujours plus forte à l’horizon
Et les marchés ne sont pas prêts de se calmer. La demande est tirée aussi bien par les Emergents, Inde et Chine en tête, que par les pays développés de la région, comme la Corée ou Taiwan.
Déjà l’Inde prévoit une augmentation de 56% de ses besoins en électricité d’ici 2017.
Cerise sur le gâteau, Fukushima est venu momentanément mettre un terme à la campagne de diabolisation du charbon comme source d’électricité.
Avec des marchés aussi affamés, l’Indonésie va se retrouver au centre du jeu énergétique asiatique.
Le prochain swing producer du charbon
C’est l’ambition cachée de Jakarta sur le marché du charbon. Si l’Arabie saoudite est (prétendument) capable de faire le prix du baril, l’Indonésie veut être capable de faire le prix de la tonne de charbon.
Déjà, le pays a fait des vagues lorsqu’il a évoqué l’idée d’accrocher le prix de son charbon aux prix pratiqués en Australie et en Afrique du Sud.
Des groupes comme Bumi Resources ou Adaro Energy sont déjà en première ligne pour profiter du développement des capacités d’exportations indonésiennes.
Mon conseil : Surveillez le continent asiatique et sa consommation énergétique. Jakarta sera là pour en profiter !



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