Charbon, gaz… substituables
Dans une certaine mesure, le charbon et le gaz naturel sont interchangeables : lorsque le prix du gaz naturel est élevé et celui du charbon plus modeste (en British Thermal Units ou BTU, c’est-à-dire par unité d’énergie livrée), les producteurs d’énergie passent du gaz au charbon. A l’inverse, quand le charbon est cher et le gaz naturel bon marché, c’est l’inverse qui se passe.
Sous 5,50 $, le gaz l’emporte
Récemment, la Southern Company (symbole SO sur le New York Stock Exchange), quatrième producteur d’électricité des Etats-Unis et numéro 16 mondial, a indiqué que la demande de gaz naturel avait augmenté de 24% par rapport à l’an passé.
L’entreprise explique que, à ce niveau de prix, le charbon n’a aucune chance contre le gaz naturel ; lorsque le prix du gaz passe en dessous de la barre des 5,50 $, il redevient une excellente alternative à la houille.
Mais voilà, la toile de fond est relativement maussade pour le gaz…
La production de gaz naturel a augmenté, la demande industrielle est en baisse en raison de la crise et les centrales nucléaires ont utilisé davantage de leur capacité récemment…
Tous ces arguments sont donc plutôt baissiers pour le prix du gaz dans l’absolu. [NDLR : Si certains d'entre vous veulent en savoir plus sur le marché du gaz naturel, Sylvain Mathon y consacre un dossier complet ce mois-ci dans Matières à Profits. Pour en savoir plus cliquez ici.]
Alors la dame de pique pourrait bien revenir à …
Maintenant que les producteurs abandonnent le charbon pour faire la part belle au gaz naturel, il faut se demander si ce n’est pas désormais la houille qui pourrait se retrouver avec la dame de pique.
L’Agence d’information sur l’énergie (EIA en anglais), qui livre les statistiques officielles américaines, le confirme d’ailleurs : en juillet, les usines qui créent de l’électricité à partir de charbon ont généré 15% de moins que l’an passé, tandis que celles qui utilisent le gaz naturel ont connu une hausse de 2%.
Les stocks de houille atteignent des records à 196 millions de tonnes, soit +36% en 12 mois et 70 jours de réserve. Les statistiques en BTU, plutôt qu’en tonnes, sont encore plus révélatrices, avec une hausse de 62% en un an. Toutes ces considérations m’ont encouragé à réaliser un modeste graphique, que vous voyez ci-dessous :

