Connaissez-vous la vraie raison de la baisse du pétrole ?

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On ne peut pas dire que le secteur du pétrole a été gâté en octobre sur les marchés financiers. Ni même depuis plusieurs mois. L’or noir à New York, le WTI, a accusé une diminution continue depuis mi-septembre. Le mouvement s’est même parfois accompagné d’impulsions inexplicables à la baisse, comme je vous l’avais confié en octobre dans l’Edito des Matières Premières & Devises. Désormais autour de 85 $ le baril, le WTI a retrouvé ses plus bas depuis juillet dernier.

De son côté, son homologue européen, le Brent, a été sauvé à plusieurs reprises par des difficultés techniques. Encore récemment, c’est Nexen, compagnie sous le coup d’une possibilité de rachat du chinois CNOOC, qui a longtemps soutenu le baril au-dessus des 110 $. Mais aujourd’hui, les problèmes techniques de Nexen sur le champ de Buzzard ne suffisent plus. En effet ce matin, le Brent ouvrait à 107 $.

Les titres des principaux pétroliers s’en sont ressentis cette année. L’indice des pétroliers sous-performe les indices classiques, comme le montre ce graphe.

Comparaison du STXE Oil & Gas (ligne bleue) et du CAC 40 (ligne marron)

Comparaison du STXE Oil & Gas (ligne bleue) et du CAC 40 (ligne marron)

Pourtant, au milieu de cette déprime générale, quelques valeurs s’en sortent. A mon avis, ce sont elles qui seront les premières à surperformer lorsque le marché repartira à la hausse. Voici quelques pistes pour miser sur le futur du pétrole.

Une baisse de la demande, tout simplement
Une des explications de la baisse des cours du pétrole peut facilement être devinée. Il ne vous a sûrement pas échappé que l’égrenage des perspectives économiques mondiales des grands analystes tout au long de l’année était rarement positif. Sans même parler de la zone euro, les pays émergents sont actuellement en bas de cycle, et les Etats-Unis peinent à confirmer leur reprise. La publication des chiffres du chômage vendredi dernier a donné lieu à une exégèse des plus compliquée pour expliquer qu’une remontée de 7,8 à 7,9% était une bonne nouvelle.

Conséquence de ces mois de déprime, l’Agence internationale de l’énergie a fini à son tour par prendre peur. Mi-octobre, l’Agence a revue à la baisse pour les quatre années à venir la consommation de pétrole. La demande mondiale a été abaissée d’un demi-million de barils par jour d’ici 2016.

Le Brent avait alors accusé le coup. Monté à 115 $ le 11 octobre, le cours n’a pas cessé de chuter depuis. Pourtant en se penchant sur les raisons de la baisse, un autre argument saute aux yeux.

La hausse de la production au Moyen-Orient…
Ils sont trois, ils sont parmi les premiers pays pétroliers en terme de réserves. Ils ont surtout décidé d’ouvrir leurs vannes en même temps, ce qui a contribué à inonder le marché. Le premier d’entre eux est l’Arabie Saoudite.

Ryad fait historiquement le jeu des pays occidentaux. Or actuellement, ils ont besoin de tout sauf d’un baril cher. Ainsi le pays a porté sa production à “un sommet depuis 30 ans” cette année.

Le second est la Libye. Sa production a redémarré beaucoup plus vite que prévu. A 1,6 million de barils par jour du temps du colonel Kadhafi, la production était tombée pratiquement à zéro l’année dernière. Aujourd’hui, elle est revenue pratiquement à la normale, oscillant entre 1,4 et 1,6 million de barils par jour. Preuve de cette embellie, le FMI prévoit une croissance de 116,6% du PIB libyen en 2012 !

Enfin en Irak, la production est déjà passée au-dessus des trois millions de barils par jour, et pourrait atteindre les 6,1 millions d’ici 2020.

… et l’amélioration des technologies
C’est l’aspect le plus mal connu du marché actuellement. Pourtant le secteur des technologies du pétrole, appelé communément le “parapétrolier”, développe les technologies les plus innovantes afin de maximiser l’exploitation d’un gisement. Ces technologies sont nombreuses, de l’imagerie 3D à l’étude sismique en passant par la construction de plateformes de haute mer.

Or la reprise des investissements dans ce secteur depuis l’année dernière a permis une meilleure efficacité des exploitations, et donc un accroissement de la production. Cette bonne santé s’est traduite dès cette année d’ailleurs, par la publication de résultats nettement meilleurs que ceux des pétroliers classiques.

Comparaison entre un indice pétrolier (ligne orange) et un indice parapétrolier (ligne verte) sur trois mois

Comparaison entre un indice pétrolier (ligne orange) et un indice parapétrolier (ligne verte) sur trois mois

On se rend compte que le secteur des parapétroliers a multiplié les hausses depuis trois mois. Cette bonne forme s’est traduite par de bons résultats au troisième trimestre. Ainsi CGGVeritas, spécialiste de l’imagerie sismique, a affiché un résultat opérationnel en hausse de 86% sur les neuf premiers mois de l’année. De même le parapétrolier français poids plume Heurtey Petrochem, spécialiste de l’ingénierie pétrolière et gazière, a réussi cette année à s’installer en Chine, en signant un accord avec Qingdao Haijing Chemical, après l’Inde, la Corée du Sud et la Russie depuis un an.

Mon conseil
Actuellement le secteur des parapétroliers est dans une phase ascendante, sur sa lancée de l’année 2011. L’IFPEN, l’Institut français du pétrole et des énergies renouvelables, a annoncé début octobre que les investissements pétroliers en exploration et en production pourraient croître de 13% dans le monde en 2013, soit une hausse comparable à 2012.

La hausse des investissements sera d’abord sensible en Europe, grâce à la prochaine mise aux enchères de nouveaux gisements offshore en mer du Nord. Cette adjudication participera à accroître encore plus la demande en service pétrolier, notamment autour des plateformes pétrolières. La France sera en première ligne pour profiter de ce marché, le pays étant le troisième acteur du secteur parapétrolier au monde. Ce n’est donc pas une mauvaise idée de regarder dès à présent qui sont les acteurs parapétroliers français.

[NDLR : Avec la mer du Nord, le marché sera également porté par le marché nord-américain. Le développement des hydrocarbures de schiste, qui nécessite des techniques particulières, ainsi que les pétroles du Grand Nord ou offshore, sera un des moteurs du marché l'année prochaine. Pour vous positionner sur ce marché, Florent Detroy suit pour vous un titre bien particulier qui saura pleinement en profiter : découvrez son service d'investissement sur matières premières pour en profiter en exclusivité...]

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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