Tout se passait pourtant bien.
Lundi matin, je me suis réveillé avec la certitude de passer une très agréable journée. Et le fait qu’il restait quelques grains au fond de mon paquet de café n’était pas la seule bonne nouvelle matinale.
J’étais persuadé que les effets hallucinogènes du QE3 annoncé jeudi dernier allaient soutenir encore quelque temps les bourses dans le monde entier. Dans la journée, ma bonne humeur fut renforcée par une série de bonnes nouvelles sur la santé de l’économie américaine et du marché de l’immobilier montrant de petits signes de redressement. Pour couronner le tout, la Banque du Japon assouplissait sa politique monétaire.
Mieux, le pétrole remontait encore. Comment l’inverse aurait-il été possible ? Si le QE3 de Bernanke allait soutenir la hausse des cours, c’est surtout l’OPEP qui avait annoncé le mois précédent une hausse de la demande de pétrole pour cette année.
Pourtant mardi matin, mon petit déjeuner n’a pas été aussi réjouissant. Et cette fois, la découverte d’un dernier filtre égaré au fond d’un placard n’y a rien fait. Le pétrole avait décroché dans la nuit de 4 $, soit une perte de 5%.
Que s’était-il passé dans la nuit ? L’Arabie Saoudite allait-elle doubler sa production ? General Motors s’était-il déclaré une deuxième fois en faillite ?
Cette baisse est vite apparue bien “étrange” pour nombre d’investisseurs.
Après une petite enquête, j’en ai conclu une chose : c’est un moment unique de rentrer sur le pétrole !
Les 20 minutes qui ont gâché mon petit déjeuner
L’évènement s’est produit 20 minutes avant la clôture des cours lundi soir aux Etats-Unis. Le cours des livraisons pour octobre du WTI perdait 5% d’un coup.
Plusieurs analystes sont arrivés à la rescousse, pour sortir l’explication classique imparable parce qu’invérifiable : les cours avaient atteint un niveau qui a déclenché automatiquement la vente par des “ordinateurs-traders”. Bref, les méfaits du trading haute fréquence.
L’explication était plausible. Ce n’était pas la première fois que des ordinateurs faisaient la loi sur le marché. D’habitude pourtant, les ordinateurs ont un peu plus de suite dans les idées, et rachètent du pétrole par la suite. Or là, non, les cours ont continué à baisser, infirmant l’hypothèse d’une action informatisée.
Deux hypothèses, une certitude
Pour un autre analyste, John Kilduff, spécialiste des matières premières cité par La Tribune, le marché avait atteint un seuil psychologique. Les acheteurs ont alors vendu massivement leurs positions “purement et simplement”.
Pour Standard Bank, c’est l’anticipation d’un déblocage des stocks stratégiques par Washington qui a fait décrocher les cours. Les investisseurs auraient pris leurs précautions, et fui le marché telle une nuée de moineaux.
En tout cas, de tels mouvements nous ont confirmé que le marché était toujours d’une grande volatilité. Pour une fois, celle-ci peut nous servir. Car la seule certitude que j’ai, c’est que pour nous, cette baisse est une aubaine.
La hausse inéluctable du pétrole
Comme je vous le disais, la baisse du WTI s’est prolongée mercredi dernier, alors que les Etats-Unis ont révélé des stocks de brut bien supérieurs à ce que les analystes attendaient. Pourtant, les prix sont loin de refléter l’état réel du marché.
Si les prévisions des prix à court terme sont perturbées par les ordinateurs-traders, les prévisions à plus long terme dépendent heureusement encore des humains. Or à moyen terme, il est difficile de parier sur une baisse du pétrole. C’est ce qu’est venu confirmer un rapport de la firme d’analyse Bernstein Research.
Prenant les spécialistes du trading haute fréquence à rebrousse-poil, la compagnie d’analyse de Wall Street a annoncé s’attendre à voir le pétrole s’installer durablement à partir de 2015 au-dessus des 108 $.
Pourquoi le pétrole va voir son cours grimper
La firme explique très simplement que la demande en pétrole est encore robuste. Son rapport annonce que “la demande de pétrole dans les pays émergents est encore forte, du fait de leur croissance et de la hausse de leurs déplacements de leur population ; dans les pays développés, la destruction de la demande en carburant [du fait de la crise] est surévaluée ; la production de pétrole hors-OPEP est mature ; la croissance de la production de l’OPEP restera en dessous des taux nécessaires”.
Pour résumer, du côté de la demande, on ne va pas voir de signe de faiblesse, et du côté de l’offre, les capacités sont déjà limitées.
La firme sait pourtant trop bien que de nouveaux arguments plaident pour un accroissement de l’offre. La production de pétrole non-conventionnel est croissante. Et je partage totalement cet avis. Le problème, c’est que le conventionnel décline à vitesse grand V.
[NDLR : Le Dakota du Nord est devenu récemment le second Etat pétrolier des Etats-Unis, alors qu'il ne produisait pas une goutte de pétrole en 2000. La raison : le pétrole non-conventionnel bien sûr ! Florent Detroy a recommandé sans attendre à ses lecteurs de Matières à Profits un des pionniers du secteur. La valeur a bondi de 25% depuis 3 mois mais il est encore temps pour vous de vous positionner afin de profiter de tout son potentiel de hausse : il suffit de vous rendre à la fin de ce message...]
Tendance haussière du pétrole américain
Si les pétroliers se frottent les mains dans le Dakota du Nord, c’est moins pour se réchauffer que pour engranger des profits. Cette région, plus connue pour ses champs enneigés que pour ses derricks, a passé l’année dernière le cap des 500 000 barils produits par jour. Désormais, la région est le deuxième Etat producteur du pays.
Ce boom a fait pronostiquer un retour de la puissance pétrolière d’autrefois ainsi qu’une baisse des prix du WTI. Pourtant, le cas du Dakota du Nord est un trompe-l’oeil. Car si sa production ne cesse d’augmenter, celle de l’Alaska est en train de s’effondrer. En 1980, la région produisait près de deux millions de barils/jour. Désormais, elle n’en produit plus que 500 000.
Cette tendance n’est qu’un des nombreux exemples qui valide l’affirmation de Bernstein. La production hors-OPEP est donc condamnée à baisser dans les années à venir.
Mon conseil
Si plusieurs points de l’analyse de Bernstein mériteraient d’être approfondis, je valide en grande partie ses arguments. C’est pourquoi le repli des cours du brut en début de semaine est une chance unique pour vous de rentrer sur le marché du pétrole. Deux options s’offrent à vous :
-
Soit vous participez au décollage du pétrole non-conventionnel aux Etats-Unis.
-
Soit vous misez sur le pétrole conventionnel, mais dans un pays de l’OPEP.
Compte tenu du risque géopolitique actuel, vous comprendrez que les Etats-Unis sont pour moi le meilleur endroit pour investir aujourd’hui.
Bon investissement.



Laissez un commentaire