La Chine et le Canada ont signé le mois dernier une série d’accords destinés à booster le commerce bilatéral qui plafonnait jusqu’alors à des niveaux modestes. En particulier, ces accords vont remettre en selle immédiatement les exportations de boeuf canadien et de produits issus des graisses animales après une pause de neuf années.
Ces accords ont été signés à Pékin par Wen Jiabao et le Premier ministre canadien Stephen Harper et les deux pays doivent conduire une revue juridique de ces accords et les ratifier avant qu’ils ne prennent effet.
Mais ces accords couvrent une large gamme étendue à d’autres domaines. Il est en fait question de renforcer un partenariat stratégique entre les deux pays.
Les matières, ciment de l’accord
Les Canadiens sont particulièrement intéressés à augmenter leurs exportations de pétrole, mettant en avant le besoin de diversifier leurs exportations au-delà des Etats-Unis qui restent le plus grand importateur d’énergie canadienne.
Les exportations de boeuf avaient été stoppées en 2003 après que le Canada a découvert un cas de vache folle dans un troupeau. La Chine s’était engagée dès 2010 à reprendre le commerce du boeuf canadien. Des deux côtés, on a passé en revue les 18 années de négociations traitant à la fois de la promotion de l’investissement étranger et de la protection commerciale réciproque.
Le montant actuel de commerce bilatéral, qui est en dessous de 60 milliards de dollars canadiens en 2010, montre le potentiel énorme qu’il y a pour une croissance de celui-ci.
Le Canada sort de son tête-à-tête avec les Etats-Unis…
D’après le Premier ministre canadien, l’investissement canadien en Chine a augmenté de 39% en 2010 par rapport à 2009 pour atteindre près de 5 milliards de dollars canadiens. De l’autre côté, les investissements chinois au Canada pour la même année totalisent 14 milliards de dollars, en augmentation de 9% par rapport à 2009.
Le Canada est déterminé à ouvrir de nouveaux marchés et à réduire sa dépendance aux Etats-Unis, qui absorbent environ 75% de toutes les exportations canadiennes. Ottawa intensifie ses souhaits de diversifier ses exportations notamment après que Washington a opposé un veto politique à un pipeline qui aurait transporté du brut canadien de la province d’Alberta vers le Texas.
Pour l’instant, la Chine n’importe pas de pétrole canadien mais se déclare intéressée pour le faire.
… avec la bénédiction du secteur bancaire
L’accord signé par les deux pays porte sur l’énergie (le pétrole, le gaz, et l’énergie nucléaire) mais concerne aussi le commerce et les investissements. Cet accord va augmenter les possibilités d’attirer les capitaux des deux côtés et améliorer l’accès aux marchés pour les ressources canadiennes en énergie, de même que les technologies et les services associés.
Ainsi, une grande banque d’investissement canadienne, CANACCORD FINANCIALS, est en train de s’associer avec la banque chinoise IMPORT EXPORT BANK OF CHINA (connue sous le nom d’EXIMBANK) pour créer un fonds d’un milliard de dollars qu’ils appellent le Canada-China Natural Resources Fund, destiné à être investi dans des compagnies canadiennes exploitant les ressources naturelles.
Les sables bitumineux, la poule aux oeufs d’or canadienne
Les capitaux chinois se sont déversés en particulier sur le secteur canadien des ressources naturelles – notamment sur l’énergie. Les compagnies d’Etat chinoises ont investi dans les sables bitumineux canadiens. Avec le nouveau fonds dont je vous parle, le flux d’argent ne peut qu’augmenter.
J’en conclu qu’il est intéressant pour nous, en tant qu’investisseur, de nous positionner de préférence sur des valeurs canadiennes dans ce domaine, avec un client actuel ou potentiel d’une telle importance.
[Dans Défis & Profits, Jean-Claude s'est déjà intéressé à une valeur canadienne spécialisée dans la construction des pipelines qui apporteront massivement le précieux brut jusqu'à un port spécialement conçu sur les rivages du Pacifique : pour en savoir plus...]
Première parution dans la Quotidienne d’Agora le 21/03/2012.


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