Le Canada, victime de sa monnaie ?

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Je poursuis le tour des pays liés aux matières premières ; après l’Australie la semaine dernière, penchons-nous sur le cas canadien.

Le Canada, dixième puissance mondiale, fait face à un dilemme complexe pour préserver sa compétitivité et améliorer une situation économique intérieure très fragile.

Excédent commercial en hausse grâce à l’énergie
En effet, l’économie canadienne repose beaucoup (beaucoup trop ?) sur ses exportations vers son partenaire commercial principal : les Etats-Unis.

La balance commerciale a affiché en janvier des niveaux record avec une hausse des exportations vers les Etats-Unis de 5,3% et de 2,5% vers l’Europe.

Principaux moteurs de cette hausse ? Métaux, alliages, or et bien sûr le pétrole. La vente de brut a atteint 6,9 milliards de dollars, soit un record historique.

La consommation résiste à la crise ; pas à la dette
Sur le plan domestique, les dépenses des ménages ont progressé de 0,7% dont une progression de 2,5% des achats de biens durables.

Problème : l’endettement des ménages inquiète le patron de la banque centrale M. Carney, qui l’évoque dans le communiqué publié hier : “… Les dépenses des ménages canadiens devraient rester élevées par rapport au PIB alors que les ménages alourdissent leur dette, ce qui constitue le risque domestique principal.

Et malgré un PIB de 1,8%, toutefois en dessous des attentes, le chômage a atteint un plus haut de 10 mois en janvier à 7,6%.

Dans ces conditions, le politique monétaire devient cruciale.

La banque centrale en plein doute
Entre la hausse de sa monnaie qui pénalise la compétitivité de ses exportateurs et la remontée de l’inflation sensible au-delà de l’objectif des 2% (2,5% sur 1 an en janvier), la banque centrale navigue à vue.

Ce jeudi, elle a de nouveau décidé de maintenir son taux principal à 1% et indique dans son communiqué pour le moins prudent que “Les exportations nettes ont été soutenues par l’activité américaine plus forte qu’anticipée mais devraient peu contribuer à la croissance, ce qui reflète de la demande étrangère encore modérée et les défis de compétitivité en cours, y compris la vigueur persistante du dollar canadien.

Il est clair que, malgré l’inflation, la banque centrale a le doigt sur la gâchette pour essayer d’enrayer la hausse de sa devise et surtout doper encore son industrie pétrolière.

Pétrodollar canadien…
Depuis octobre 2011, le dollar canadien s’est apprécié de 13%, dépassant la parité avec le dollar américain et a ainsi suivi la tendance des matières premières, pétrole en tête.

Cette corrélation, que j’évoque souvent, se renforce davantage avec un baril élevé. Le pétrole, issu en partie des sables bitumineux, a un coût de production compris entre 25 $ et 30 $ le baril, là où cela ne coûte que 1 $ dans les exploitations traditionnelles.

C’est pourquoi vous pouvez noter une accélération de la hausse du Huard, à la fois sous l’effet de la politique monétaire des Etats-Unis mais surtout lorsque le baril WTI approche les 100 $, rendant par la même occasion le brut canadien plus cher.

USD/CAD : Un dollar peut en cacher un autre
Désormais, il vous faut plus d’un dollar américain pour acheter un dollar canadien.

Et si la reprise reste fragile pour le Canada qui doit affronter un taux de chômage au plus haut depuis 10 mois, la devise devrait poursuivre encore son ascension jusqu’à la prochaine réunion du comité monétaire le 17 avril.

Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Mon avis ?
Techniquement, la paire USD/CAD devrait poursuivre sa chute vers le support à 0,9725.

Votre stop pourra être positionné au-dessus de la résistance à 1,0050 $CAD.

Bon week-end et rendez-vous dans quelques jours pour parler du yen !

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Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.

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