Une tragédie grecque ? Non, les marchés tout simplement
Comme toutes les tragédies, tout avait bien commencé ce mercredi : les indices poursuivaient leur rebond. Soutenus par l’idée que la démission d’un président puisse ramener les comptes d’un pays à l’équilibre et rassurer les investisseurs.
A peine le temps de terminer mon troisième café matinal, que les mines des commentateurs commencent à se décomposer. +0,85%, +0,45%, +0,1% puis le CAC perd rapidement -0,20% pour terminer la journée au-delà des 3% de repli. Tout va bien, les marchés reprennent leurs esprits.
L’Italie pourrait faire défaut avant Noël
Les marchés se sont échauffés avec la Grèce. Pression sur les taux, mise en difficulté du gouvernement et par ricochet des autorités européennes.
Aujourd’hui, l’Italie est dans l’oeil du cyclone.
Les taux à 10 ans approchent les 8%, alors que l’on sait que le pays ne peut pas supporter un taux supérieur à 7% sans faire défaut.
La démission de Berlusconi n’y change rien, pire encore, elle plonge le pays dans un défaut de gouvernance insupportable. Selon Francesco Giavazzi, professeur d’économie réputé à l’université de Bocconi, l’Italie fera défaut avant Noël si un gouvernement provisoire crédible n’est pas mis en place dans les jours qui viennent. Des élections anticipées, impossible avant fin janvier, plongeraient l’Italie vers la faillite.
La contagion se répand !
Comme vous le constaterez sur ce graphique, les taux grimpent partout en Europe. France (en vert), Espagne (en orange) et Portugal (en rouge), prochaines victimes sur la liste, paient de plus en plus cher leurs emprunts.
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir
Et désormais, la question n’est plus taboue : doit-on créer une zone euro réduite ?
Hier, vers 21 heures, un représentant français s’est vu obligé de démentir la rumeur qui circulait sur des discussions pour la création d’une zone euro à taille réduite. Ce matin, c’est le gouvernement allemand qui montait au créneau, assurant vouloir défendre la zone euro dans sa totalité.
Les faits récents me poussent à croire que la fumée n’est pas sortie de nulle part.
Désormais, il est très tentant d’isoler les malades et de se retrouver entre gens de bonne compagnie. En tous cas c’est sans doute ce que pense, en coulisse, l’Allemagne et pas mal de ses partenaires, dont la sacro-sainte solidarité européenne est sérieusement mise à mal, et politiquement suicidaire.
L’avenir de l’euro ? La baisse…
Avant d’évoquer le sort de l’euro, j’ai une pensée, presque émue, pour tous ceux d’entre vous qui n’ont pas encore délaissé les actions pour nous rejoindre sur le Forex.
Cela fait déjà plusieurs mois que je vous écris, que je vous mets en garde et même que je me déplace près de chez vous. (je serai à Cannes vendredi prochain pour vous former et me recueillir sur les cendres d’un G20 inutile…)
[NDLR : Oubliez les actions ! Pendant que le CAC 40 perdait 20%, notre portefeuille a gagné sur la même période +54% ! Un écart de performance de 74% dont seule une poignée de particuliers profitent jusqu'à présent. Pourtant, 10 minutes par jour suffisent pour viser de telles performances : tout est expliqué ici-même...]
Mais revenons à la monnaie unique. Hier, elle a franchi le seuil des 1,35, approchant l’objectif fixé la semaine dernière dans mon article.
Pourtant, je vous avais prévenu.
Que faire maintenant ? Attendre que Super Mario sorte la planche à billets européenne.
Les marchés vont ponctuellement rebondir, l’euro peut-être un peu aussi, mais la baisse à terme est maintenant inéluctable…


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15 nov 20116:10[...] Première parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 11/11/2011. [...]
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