Volatilité, soupçon, doute et consolidation

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La volatilité fait son grand retour sur les marchés. Les marchés swinguent, entre les bulls qui veulent encore croire à une possible reprise économique en fin d’année, et les bears qui n’y croient définitivement plus, vu les chiffres économiques franchement peu engageants qui tombent actuellement.

Cette semaine encore, les indices ont donc pour la plupart clôturé dans le rouge. L’ambiance tourne au pessimisme. Les investisseurs s’attendent à une consolidation et à un nouveau repli des volumes.

Statu quo côté BCE, qui a laissé cette semaine ses taux inchangés. Le chômage grimpe toujours dans la Zone euro, atteignant à présent 9,5%. Il devrait poursuivre son chemin jusque vers 11%. A noter également, le grand plongeon du PIB anglais au premier trimestre (-2,4%) qui a plus que refroidi les marchés. Du jamais vu depuis… 1958 !

Aux Etats-Unis, les destructions d’emplois se poursuivent à un rythme plus soutenu qu’attendu, ce qui déprime les marchés. Le taux de chômage atteint 9,5%, un plus haut depuis 26 ans.

Ajoutez à cela l’indice d’activité de l’état de Chicago, ressorti dans le rouge, et le repli de l’indice de confiance des ménages américains. Voilà qui a définitivement plombé les marchés qui continuent ce matin de broyer du noir. -1,55% pour le CAC au moment où je vous écris.

Le Japon n’a pas été épargné, l’indice Tankan qui mesure le climat des affaires nippon est ressorti lui aussi bien moins bon que prévu, même si en légère amélioration. Il faut dire qu’on revient de loin.

A noter également, que le yen et le dollar, qui font toujours office de "valeur refuge" quand les marchés sont chahutés, ont bénéficié en fin de semaine des craintes des investisseurs.

Voyons à présent le comportement de nos matières la semaine dernière.

1. Energie : consolidation du brut
Hausse du chômage américain, confiance des ménages en berne, rebond du dollar en fin de semaine… le baril de pétrole se voit contraint et forcé de redescendre de ses sommets. Temporairement au moins.

Dans la matinée, nous sommes venus toucher les 64,05 $ le baril WTI, ce qui est très mauvais signe. Tous les supports dont Marc Dagher et moi-même vous parlions la semaine dernière ont été enfoncés. Je vous renvoie à notre Edito de jeudi dernier pour plus de détails.

Livraison août, le WTI cotait vendredi encore 66,73 $ sur le NYMEX. Et le Brent Crude 66,65 $ sur l’ICE londonien, même échéance.

Le cours du gaz naturel reste scotché à son niveau plancher, à 3,51 $ le Mbtu, échéance août.

L’uranium se maintient à 52 $ la livre.

2. Métaux précieux : l’or s’arrime au dollar
Cette semaine, le cours de l’or est resté arrimé aux variations du dollar. Ainsi, il touchait un point haut mercredi à 945 $ lorsque l’EUR/USD atteignait 1,42 $. Mais en fin de semaine, alors que le dollar reprenait des couleurs, l’once revenait autour des 930 $.

Curieusement, l’or ne semble pas profiter de l’aversion au risque des investisseurs. Il faut dire que les craintes inflationnistes passent au second plan. Pour l’instant du moins.

Rien à attendre du mois de juillet, habituellement très "creux" en matière de demande d’or. Ainsi, le marché pourrait continuer de stagner dans un range compris entre 915 $ et 945 $ cet été. Voir consolider si les marchés actions devaient décrocher plus que de raison.

Vendredi, l’once d’or cotait au comptant 929,4 $ l’once à Londres.

Actuellement, il se replie autour des 921 $ à mesure que la parité EUR/USD faiblit (1,3905).

L’argent a suivi l’or dans son repli, en amplifiant massivement le mouvement, comme toujours. Aussi, il revient à son niveau de début mai, juste au-dessus des 13 $. Cotant vendredi en fin de journée 13,4 $ et 13,10 $ à l’instant.

Cours à
3 mois
Vendredi
26/06/2009
Vendredi
03/07/2009
Variation / semaine
 Aluminium* 1 654 1 622 -1,93%
 Cuivre* 5 115 4 995 -2,35%
 Plomb* 1 735 1 710 -1,44%
 Nickel* 15 902 16 350 2,82%
 Etain 14 850 14 260 -3,97%
 Zinc* 1 615 1 565 -3,10%
 Acier (Méditerranéen) 380 375 -1,32%
 Or (spot) 942,00 931,88 -1,07%
 Argent (spot) 14,23 13,37 -6,04%
 Platine (spot) 1 203,00 1 186,00 -1,41%

* cours en $ sur le LME à trois mois

3. Métaux de base : le pessimisme plombe les métaux
Les métaux restent sous pression, les chiffres économiques n’attestant pas pour l’instant d’une sortie de crise, bien au contraire. Avec un chômage en hausse, une confiance des ménages américains en berne, comment voulez-vous que l’industrie et l’immobilier américains reparten
t. Impossible. Il faudra continuer de patienter avant de voir la demande de métaux s’éveiller à nouveau outre-Atlantique.

La Chine, qui avait largement soutenu la hausse des matières ces derniers mois, réduit fortement ses achats ; or les Etats-Unis sont incapables de prendre la relève. Ceux qui anticipaient un rebond économique américain fin 2009 ont été bien trop optimistes…

Alors le doute s’installe à nouveau. Les investisseurs restent dans l’attente. Et les métaux se mettent à nouveau à réagir fortement aux variations des indices actions.

Le nickel est le seul métal à s’inscrire cette semaine dans le vert, en affichant un plus haut de neuf mois. Il faut dire que le nickel revient de loin. Pourquoi ce sursaut ? Il est sans doute lié à l’annonce par BHP Billiton de la fermeture de sa mine Perseverance. Plus de 20% de la production de nickel a été arrêtée ces derniers mois. Ce qui commence enfin à soutenir les prix.

4. Soft commodities : l’USDA fait plonger le maïs. Le soja au beau fixe
A l’exception du soja, les grains sont restés sous pression cette semaine. En cause la remontée amorcée du dollar et le pessimisme ambiant des marchés.

Concernant le maïs et le blé, la météo américaine est radieuse et les rendements en sortiront dopés. D’où les pressions constatées sur les cours actuellement. Pressions largement renforcées par l’annonce de l’USDA d’une hausse des terres allouées au blé et surtout au maïs par les agriculteurs américains. L’organisme a également annoncé que le stock américain de maïs et de blé était en progression de respectivement 6% et 118%.

Livraison décembre, le maïs affiche 3,57 $ le boisseau sur le CBOT. Et le blé 5,55 $ même échéance et marché.

Le soja profite toujours de la situation tendue côté offre, de la forte demande (chinoise notamment) et du risque qui pèse sur le niveau déjà faible des stocks — qui a diminué de 12% en un an. Or le dernier rapport de l’USDA est venu renforcer les convictions haussières des investisseurs.

Certes, l’USDA a annoncé une hausse des surfaces allouées au soja aux Etats-Unis. Mais le chiffre ressort toutefois bien en deçà de ce qu’anticipaient les investisseurs.

Ces derniers vont garder les yeux rivés sur les prévisions météo attendues au-dessus des grandes régions productrices de soja, notamment la Chine et les Etats-Unis. Or pour l’instant, il semblerait qu’il faille s’attendre à un temps très sec, ce qui pourrait peser sur les rendements vu le stade d’avancement de la récolte de soja, actuellement en pleine croissance — contrairement au blé pour qui la moisson commence.

Livraison novembre, le soja cotait vendredi 10,06 $ le boisseau sur le CBOT.

A noter enfin, le nouveau record du sucre sur la semaine (pour en savoir plus, voir mon Edito de mardi dernier). Un déficit mondial de l’ordre de 8,9 millions de tonnes est attendu pour la saison 2008/2009 et de 4,2 millions de tonnes pour la saison suivante. Ce qui fait dire aux investisseurs que le pic du prix du sucre devrait être atteint fin 2009 début 2010. Ce qui nous laisserait du potentiel de hausse.

Reste à savoir si le sucre va résister à la consolidation actuelle du cours du pétrole. Affaire à suivre…

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.