En ce moment, les nations sondent donc leurs sous-sols, à la recherche des shales gas, empressées de suivre la voie ouverte par les Etats-Unis et le Canada. Evidemment, il en est une qui est encore plus enthousiaste que les autres.
Vous ne devinez pas ?
Il s’agit du glouton de matières premières, la Chine bien entendu.
Sécurisation des approvisionnements en gaz : prioritaire pour la Chine
La Chine voudrait parvenir à se sevrer du charbon, à la fois pour des raisons environnementales, mais surtout pour parvenir à assurer son indépendance énergétique.
Déjà, l’approvisionnement en gaz est une de ses priorités. Pour preuve, le contrat record qu’elle a signé l’année dernière avec l’Australie. Pour 41,3 milliards de dollars, cette dernière doit fournir à la Chine de 2,25 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié pendant les 20 prochaines années.
50% du gaz consommé en Chine viendra des shales
Si le pays exploite déjà d’autres formes de gaz non conventionnels, ce n’est pas encore le cas des shales gas.
Toutefois, ils ne devraient pas être en reste, puisque la Chine s’est fixée comme but d’en produire 30 milliards de mètres cubes par an, ce qui correspond à près de la moitié de la demande en gaz du pays en 2008 (The Economist).
Dans cette entreprise, la Chine va bénéficier du savoir-faire américain.
Obama a accepté de partager la technologie américaine
Il encourage les investissements américains dans l’exploitation de gaz chinois.
D’ailleurs, des joint ventures seraient là aussi sur le point de voir le jour.
- D’après Petroleum Economist, BP serait en pleines négociations avec Sinopec.
- Shell a, quant à lui, déjà signé un accord avec Petrochina dans le but d’exploiter des réserves de shale gas dans le Sichuan.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la Mongolie…
Il y a un autre géant que ces découvertes à répétition amusent nettement moins. Il s’agit de la Russie, traditionnellement un des plus grand producteur au monde de gaz.
Selon Kenneth Medlock, du Baker Institute, Gazprom devrait sortir affaibli de cette course aux shales gas. En fait, c’est toute la “géopolitique du gaz” qui risque d’être bouleversée entre la Russie et l’Europe.
La Russie risque de perdre sa suprématie…
… et l’Europe enfin gagner son indépendance ! Terminé les jours noirs de chantage à l’approvisionnement et les négociations sans fin entre l’Europe, l’Ukraine et la Russie.
Pour la Russie, le changement est inévitable, comme l’écrit Alex Froley dans Platts Oilgram News : “peu importe combien l’Europe est elle-même économiquement capable de produire. Si la production américaine se poursuit dans les proportions actuelles, et si les shales gas décollent dans d’autres régions du monde, comme la Chine et l’Inde, cela bouleversera les schémas de production, peu importe ce qui se passe avec l’Europe“.
Inutile de dire que pour l’Europe, le changement serait de taille !
Encore aujourd’hui, elle est l’otage de la Russie et de l’Ukraine – qui n’hésitent pas à lui demander de s’impliquer dans leurs disputes – pour son approvisionnement en gaz.
Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an, en janvier 2009, l’approvisionnement en gaz de Russie (qui transite par l’Ukraine) de 18 des 27 pays de l’Union européenne (UE) était bloqué.
En 2009, la Russie fournissait ainsi 42% des importations européennes de gaz.
Autant d’éléments qui ne peuvent qu’encourager l’UE à diversifier ses sources d’approvisionnement. D’autant plus que le continent a lui aussi sa part de shale gas.
Autriche, Allemagne, Hongrie, Pologne, Suède, Royaume-Uni…
Tous ces pays auraient des réserves de shale gas dans leurs sous-sols, dont l’exploitation est plus ou moins sur le point de se concrétiser.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Europe disposerait de 35 millions de mètres cubes de réserves de gaz non conventionnel, dont la moitié provient de sables bitumineux.
Cela représenterait 40 ans d’importations de gaz aux niveaux actuels !
Et cette quantité est six fois plus importante que les réserves européennes de gaz conventionnel !
Sauf que, pas encore de pure player en Europe. Le marché est là encore beaucoup trop jeune pour que je vous recommande d’y investir. Vous vous tournerez donc vers les tenants historiques du marché des shales gas, la plupart américains, et dont le potentiel, vu l’énorme progression du marché que j’anticipe, n’en est qu’à ses prémices.
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