Je vous le disais vendredi, le prix du gaz (dit “Henry Hub”) a perdu près de 70% en 12 mois. Passant d’un point haut à 13,60 $ le mBtu* lorsque le baril de brut affichait un fier 147 $, à 3,25 $ le mBtu fin avril.
Je voudrais juste rajouter un élément concernant les fondamentaux. Les réserves de gaz sont estimées à 180 000 milliards de mètres cubes, soit quelque 60 ans de production. La problématique du peak gazier est donc une réalité, même si elle est un peu plus éloignée que celle du peak oil qui nous guette déjà. Par conséquent, les réserves de gaz du Canada et des Etats-Unis devraient s’épuiser d’ici une dizaine d’années…
Après avoir abordé certains aspects fondamentaux du marché la semaine dernière, jetons un coup d’oeil aujourd’hui à des éléments plus techniques.
Que disent les Commitment of Traders (COT) ?
Pour mémoire, ils relatent l’état des positions long et short détenues sur les marchés à terme par les entreprises (appelées “non commercials” et qui se couvrent contre les variations futures des prix) et les investisseurs (appelés “commercials” et qui spéculent) sur les marchés à terme ?
Fin mai, les commercials ont réduit leurs positions vendeuses (short) de 3 618 contrats. Ainsi, nous passons d’une position nette vendeuse de 1 287 contrats précédemment, à une position nette acheteuse de 2 331 contrats. Renversement de tendance…
Début juin, les commercials ont continué d’accroître leur position nette longue, jusqu’à 23 504 contrats — car ils anticipent une hausse des prix dans le temps.
Parallèlement, les non-commercials augmentent leur position nette vendeuse, celle-ci passant de 8 281 contrats à 52 614 contrats fin mai. Cette tendance s’est poursuivie début juin pour atteindre 69 684 contrats. Les spéculateurs, les fonds et les hedge funds jouent le gaz à la baisse.

