Comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, le gaz naturel n’a pas participé au rebond des matières premières et des marchés actions entre mars et juin.
Le prix du gaz — dit “Henry Hub” — a perdu près de 70% en 12 mois. Passant d’un point haut à 13 $ le mBtu* lorsque le baril de brut affichait un fier 147 $, à 3,15 $ le mBtu récemment. Ce matin, il cotait 3,51 $.
Le tableau, en résumé
Récemment, j’écrivais un article sur les fondamentaux du gaz.
L’idée fondamentale à retenir est que la demande de gaz a violemment chuté, la production s’est alignée avec retard et les stocks par conséquent débordent.
Alors que le marché était l’an passé déficitaire, le niveau des stocks n’avait cessé de croître depuis la fin de l’année 2008, à tel point que le marché est aujourd’hui excédentaire.
Forcément, les cours sont au plus bas. Pour ne pas dire “au plancher”.
L’idée
Pour ceux qui connaissent un peu la théorie d’Elliott, la configuration actuelle du gaz laisse songeur. La grande hausse intervenue entre 1995 et 2006 s’est déroulée logiquement en cinq temps (1, 2, 3, 4, 5). Cette hausse a été suivie par une correction en trois temps (A, B, C). Le point bas touché en mars dernier pourrait bien avoir bouclé la correction.
Et maintenant ?
Prenons ensemble un peu de recul.
Le mouvement haussier intervenu entre 1995 et 2006 pourrait bien être la vague III d’une vague supérieure. Et le mouvement de correction intervenu entre 2006 et 2009 serait alors la vague IV de cette même vague.
Cette vague aurait commencé dans les années 80 (avec la vague I) et serait donc actuellement toujours en cours.
Or si nous partons du principe que notre vague corrective IV vient de se terminer en mars dernier, il y a fort à parier que la vague V va suivre. Une grande vague de hausse, qui pourrait durer plusieurs années.
La question ?
Sachant qu’il ne fait aucun doute que les cours du gaz naturel sont au plancher.
Sachant que les fondamentaux sont pour l’instant encore loin d’être repartis, crise économique oblige, mais que les fondamentaux long terme sont porteurs.
Sachant qu’il se pourrait bien que nous assistions à une grande vague de hausse (la fameuse vague V) dans les années qui suivront la sortie de crise.
N’aurions nous pas intérêt d’investir aujourd’hui dans le gaz, de le mettre en fond de portefeuille et de dormir dessus ?
Je vous laisse deviner…
* Le Btu : (British Thermal Unit) est l’unité qui mesure de l’énergie thermique et équivaut à 252 calories.

