Afrique du Sud, 2008. Rappelez-vous.
Le pays doit affronter le blackout électrique. Il est contraint de déclarer : "force majeure".
Conséquences ?
Les cours des métaux précieux flambent :
- le platine passe de 1 700 $ à 2 100 $ ;
- le palladium de 380 $ à 578 $.
C’est aussi la période où l’or atteindra pour la première fois les 1 000 $ l’once.
Ceux qui étaient placés sur les métaux précieux à cette époque s’en souviennent encore. Leur portefeuille aussi…
Les faits vont peut-être se répéter aujourd’hui
Entre le 11 juin et le 11 juillet, le cas de force majeure qui avait enflammé les cours des métaux pourrait à nouveau se produire ; et enflammer à nouveau les cours. Voici pourquoi.
Au coeur de tout : Eskom
C’est une compagnie électrique gigantesque, une société nationale équivalente à notre EDF.
Sa capacité ? 36 000 MW (90% de ses centrales fonctionnent au charbon et sont obsolètes). Ce monstre alimente en électricité tout le pays, et les deux-tiers du continent africain.
L’hiver 2008 : Eskom coupe l’électricité aux minières
La demande était forte, car nous étions en hiver (les saisons sont inversées). Les pics de demande électrique se sont succédé et ont alors bouleversé tout le pays. Pendant des semaines Eskom n’a pas pu répondre à la demande.
Confronté au risque de blackout systématique, le pays impose alors des restrictions électriques. Pour assurer la fourniture d’électricité aux habitants, Eskom coupe l’électricité aux industries énergivores. Minières en tête — c’est l’une des activités les plus importantes de la région. Il n’y a pas plus énergivores qu’une minière.
Du jour au lendemain, la production de métaux précieux chute
En coupant l’électricité aux minières, Eskom paralyse toute l’industrie pendant des semaines.
Les mines s’arrêtent. La production de platine, palladium, chute. Du jour au lendemain.
80% de la production mondiale de platine et 35% de la production mondiale de palladium sort des entrailles d’Afrique du Sud. Jusqu’à très récemment, le pays était le premier producteur mondial d’or. Vous comprenez donc la flambée des cours. L’offre était paralysée.
Aujourd’hui, toute la planète est tournée vers l’Afrique du Sud
Le pays reçoit la Coupe du monde de football du 11 juin au 11 juillet. Un événement planétaire, qui va faire exploser la demande électrique pendant quelques semaines.
Le ministre de l’Energie a déjà prévenu : le risque de couper l’électricité aux minières reste entier et sera à son maximum.
La capacité électrique d’Eskom est insuffisante. L’entreprise n’a pas les moyens de faire face à des pics de demande.
Pire, nous sommes en plein hiver. La demande électrique est donc forte, avant même le début de la coupe. Et les pics de consommation sont habituellement enregistrés mi-juillet. La Coupe du monde ne fera qu’accroître cette demande.
Au moindre risque de blackout, la "force majeure" sera à nouveau déclarée. Et l’électricité coupée aux minières.
Les métaux précieux flamberont à nouveau, le temps d’une Coupe du monde de football…
Une opportunité de plus à saisir, le temps d’un trade.

