Or : Peut-être ont-ils LA SOLUTION ; mais plus spoliateurs qu’eux, tu meurs

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L’or vient de battre son record historique en euro
Hier, l’once d’or cotait 1 379 euros à Londres. Il faut donc aujourd’hui 1 379 euros pour acheter une once. Il y a 10 ans, il en fallait 400 euros…

Pourtant, une once est toujours une once, soit 31,1034768 grammes d’or pur, précisément. Pas un millionième de plus ni de moins. Cette donnée n’a pas changé dans le temps.

En conséquence, ce qui a changé c’est la valeur de la monnaie. Un euro d’aujourd’hui achète moins de choses que ce qu’un euro achetait il y a 10 ans. Dit autrement, votre euro perd de son pouvoir d’achat puisqu’il en faut de plus en plus pour acheter une unité d’or.

On pourrait en dire de même de la baguette, du kilo de mirabelles, du prix du mètre carré immobilier ou de vote sacro-saint petit noir du matin.

Il faut de plus en plus de dollars et d’euros pour acheter une once d’or (évolution sur 10 ans)

L’or vient de battre son record historique en franc suisse
Hier, l’once cotait 1 667 francs suisses et ne cesse, elle aussi, de se déprécier contre l’or. Qui l’eut cru ?

Notez que la dépréciation du franc suisse (en bleu) est nettement moins rapide que celle du dollar ou de l’euro.
Le monnaie helvète “coule” donc moins vite. L’honneur est sauf…

Sachez que la tendance est exactement la même, que vous regardiez du côté de la roupie indienne, du sterling, du real brésilien, du rand sud-africain, du dollar canadien ou encore du yuan, du yen ou du rouble… Ce dernier faisant la course en tête avec le roi dollar américain…

Notez que la “course à la dépréciation” des monnaies papier s’accélère depuis 2008
Les “plans cash” à répétition qui émanent de toutes les grandes banques centrales de la planète portent leurs fruits… qu’ils s’appellent Twist, QE, OMT, LTRO ou autre OVNI tombant du ciel et que les marchés ingurgitent avec délectation et gourmandise non dissimulées.

La valeur des billets que nous avons entre les mains a donc la fâcheuse tendance à s’évaporer…
Diable !“, me direz-vous. “Mais il me faut réagir“.

Très juste, vous répondrai-je ; car vous êtes en train de vous appauvrir sans même vous en rendre compte (au moins ne souffrez-vous pas ! C’est un moindre mal…)

Fichtre“, vous alarmez-vous soudain… “Le brut sur mon bulletin de paie n’a pas suivi le prix du kilo de mirabelles“ !

C’est plus ennuyeux, j’en conviens. Votre niveau de vie n’arrive plus à garder la tête hors de l’eau…

Il est intéressant de noter que cette “problématique” a existé de tout temps :

Voltaire déjà en son temps disait :
Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans les gouvernements qui l’impriment, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro“.

Certes, nous n’en sommes pas là…

Mais vous voilà tout de même muni d’un directionnel et d’un objectif ! Nous pourrions presque ajouter “et d’une probabilité estimée à 100%” (aucune monnaie-papier n’ayant jusqu’ici échappé à ce triste sort…)

Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, est plus direct que Voltaire
Il compare les banques centrales qui impriment ex nihilo de la monnaie papier aux faux-monnayeurs qui fabriquent des billets dans les caves et qui sont réprimés par la loi.

La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents“, précise-t-il.

Ce à quoi j’ajouterai volontiers que la victime, elle, est toujours la même : vous (ou feu votre ancêtre…)

N’en voulez toutefois pas trop à nos “faux-monnayeurs officiels
Comprenez bien qu’ils font tout cela pour nous sauver de la déperdition ; c’est pour notre bien. Il s’agit pour elles de redresser notre compétitivité à moindres efforts et de brûler notre dette à coups de lance-flammes inflationniste.

Que ferions-nous si nous ne les avions pas ? Rendez-vous compte, nous devrions payer notre dette en monnaie “sonnante et trébuchante” en nous “plumant” comme jamais…

Et après tout, si nous en sommes là, c’est bien de notre faute. Nous avons les dirigeants que nous méritons ; nous les avons élus et leur avons demandé “toujours plus” depuis 50 ans… jusqu’à créer des monticules de dettes aux allures dantesques (1 832 milliards d’euros pour la France ; 16 000 milliards de dollars aux Etats-Unis…).

1 832 milliards… A comparer aux 271 milliards de rentrées fiscales sur 2011.

J’adorais me perdre dans la “complexité créative” des Faux-monnayeurs de Gide…

Mais gare aux faux-monnayeurs d’Allais. Peut-être ont-ils LA SOLUTION ; mais plus spoliateurs qu’eux, tu meurs.

A bon entendeur…

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

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