La faible croissance de l’économie mondiale attendue cette année – et donc une demande modérée – auraient dû entraîner vers le bas le cours des matières premières. Cependant, les indices de prix sont restés globalement stables depuis maintenant 1 an et demi. En regardant de plus près le rapport offre/demande, on s’aperçoit que la stabilité des prix doit beaucoup à la faiblesse de l’offre.

Evolution du prix des matières premières
Premier consommateur de matières premières au monde, avec près de la moitié de la demande globale, la Chine fait et défait le marché des commodities. Et cette année, l’empire du Milieu prévoit une croissance de son PIB de 7 à 8% pour 2013.
Le cours de l’énergie pèse lourdement sur la stabilité des prix en général. Les analystes américains mettent beaucoup d’espoirs dans le nouveau procédé de fracturation (fracking), qui devrait faire croître l’offre dans leur pays et ainsi faire baisser les prix. L’OPEP, qui représente environ les deux tiers de l’offre mondiale, surveille de très près l’évolution de cette nouvelle technologie et, s’il s’en suit une forte baisse des prix du brut, le cartel n’hésitera certainement pas à réduire sa production. D’autre part, les tensions qui perdurent au Moyen-Orient pourraient rapidement pousser le prix du baril jusqu’aux 150 dollars. La Banque mondiale prévoit une baisse des prix du pétrole brut de 3% par rapport à 2012.
Les prix des matières agricoles afficheront aussi, en 2013, une forte volatilité principalement due aux problèmes météorologiques : l’été dernier, les Etats-Unis, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale ont connu de mauvaises récoltes à cause d’une vague de chaleur. Par conséquent, la volatilité des prix va demeurer. La Banque mondiale prévoit une baisse des prix de 3,2%.
Les prix des métaux industriels dépendent de la demande chinoise. Et là, il est fort possible que les prévisions de croissance du PIB chinois se révélant un peu trop optimistes, les prix se retrouvent sous pression.

Production d’or par l’Afrique du Sud
L’or, de son niveau actuel autour de 1 562 $ l’once, devrait bientôt se reprendre. D’une part, depuis des années, la production des mines diminue et devient plus coûteuse et, d’autre part, l’or tend à prendre une place de plus en plus importante dans le système monétaire mondial, comme le laisse supposer les achats continus des banques centrales. L’or reste un vrai placement alternatif face aux monnaies fiduciaires et à la marée montante de liquidités.
Conclusion : les matières premières, en tant que placement, ont sous-performé sur les 18 derniers mois. Malgré la forte volatilité qui va continuer, la relative faiblesse de l’offre aidera à maintenir les prix en 2013. A long terme, les perspectives sont excellentes.
Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de.
Première parution dans la Quotidienne d’Agora le 21/02/2013.



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